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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 18:49

herbe-rouge.JPGQuatrième de couverture :

 

Dans son style étonnant qui mêle la fantaisie et l’absurde, avec l’émotion la plus poignante, Boris Vian nous raconte dans L’herbe rouge les aventures d’un savant qui a inventé une machine pouvant lui faire revivre son passé et ses angoisses.

Sous le travesti de l’humour noir, ce sont ses propres inquiétudes que met en scène Boris Vian, avec la frénésie d’invention burlesque qui l’a rendu célèbre.

 

Mon avis :

 

C’est en fouinant dans la bibliothèque de mon doudou à la recherche d’un livre à me mettre sous les yeux que j’ai déniché ce recueil de nouvelles de Boris Vian.

Je n’avais lu de cet auteur que Et on tuera tous les affreux dont j’étais sortie pas totalement convaincue mais pas dégoûtée non plus. Alors je me suis dit voyons voir ce que ça donnera cette fois-ci.

En fait, j’ai dit « recueil de nouvelles » mais c’est un peu faux. Il y a dans ce livre un roman intitulé donc L’herbe rouge puis un recueil de nouvelles intitulé Les lunettes fourrées et comprenant 3 très courtes nouvelles : le rappel, les pompiers et le retraité.

 

Le roman L’herbe rouge raconte les aventures d’un ingénieur nommé Wolf ayant conçu et fabriqué pour d’obscures raisons une machine qui va lui permettre de revivre certains moments de son passé et surtout d’en faire une analyse. A chacun de ses voyages dans le temps, il est ainsi invité par plusieurs personnages différents à faire le point et à s’expliquer sur certains choix effectués dans sa vie concernant ses rapports avec sa famille, ses études, ses expériences en matière de religion, sa vie amoureuse et sexuelle etc …

A travers les dialogues entre Wolf et les personnes qui l’interrogent, ce sont plusieurs questions d’ordre philosophique que Boris Vian soulèvent.

 

« Pour la dernière fois, dit-il, je vous demande de ne pas faire l’enfant. Maintenant, c’est sérieux. Tous les parents se valent ! Vraiment ! Ainsi, parce que vous n’avez pas été gêné par les vôtres, vous n’en tenez aucun compte.

- Les miens étaient bons, d’accord, dit Wolf, mais avec des mauvais, on réagit plus violemment, et c’est plus profitable en fin de compte.

- Non, dit M. Perle. On dépense plus d’énergie, mais finalement, comme on est parti de plus bas, on arrive au même point ; c’est du gâchis. Evidemment, quand on a vaincu plus d’obstacles, on est tenté de croire qu’on a été plus loin. C’est faux. Lutter n’est pas avancer. »

 

En parallèle des voyages temporels de Wolf, d’autres évènements contés par Boris Vian poussent le lecteur à la réflexion. Notamment, cette requête curieuse d’un chien qui parle et qui demande à avoir un ouapiti assurant qu’une fois qu’il l’obtiendrait il serait enfin heureux et n’aspirerait à plus rien d’autre car ayant ainsi atteint la félicité perpétuelle. Or une fois son ouapiti obtenu, le chien entre dans une sorte de béatitude.

 

« « Tout va bien, dit Wolf. Tu sais, il est vieux.

- Il avait l’air si content d’avoir un ouapiti, répondit Lil, pleine de pleurs.

- Etre satisfait ou gâteux, dit Wolf, c’est bien pareil. Quand on n’a plus envie de rien, autant être gâteux.

- Oh ! dit Lil. Mon pauvre sénateur.

- Note bien, dit Wolf, qu’il y a deux façons de ne plus avoir envie de rien : avoir ce qu’on voulait ou être découragé parce qu’on ne l’a pas. »

 

A côté de tout ça, il y a aussi le collègue de Wolf nommé Lazuli victime d’hallucinations. A chaque fois qu’il s’apprête à honorer la femme qu’il aime, il aperçoit un homme en train de le dévisager. Ce qui a pour effet de lui couper tous ses moyens. Avec la persistance de ses apparitions, Lazuli en fait une obsession au point qu’il décide d’agir. Mais tout cela tournera au drame. En ce qui concerne cette partie du roman, je dois reconnaître que je n’ai pas du tout compris où Boris Vian voulait en venir.

 

Quant aux nouvelles des Lunettes Fourrées, elles sont tout aussi étranges et décalées. Je n’ai pas aimé Le rappel car je ne l’ai pas comprise, un homme se jette du haut d’un immeuble et, tout au long de sa chute, regarde ce qui se passe chez ses voisins par la fenêtre.

Celle des pompiers est très courte (à peine 5 pages) et très étonnante. J’en suis sortie complètement déconcertée.

Et enfin, j’ai été choquée par Le retraité et par la cruauté de trois adolescents ayant pris un vieil homme pour cible de leurs jeux ignobles. Mais encore une fois, la fin est surprenante.

 

Ce fut un bonheur de lire ce livre. Outre le fait qu’il fait réfléchir (et j’adore quand un livre fait réfléchir), le style de Boris Vian est unique, son univers fantaisiste et décalé ainsi que sa façon de jouer avec la langue française et ses expressions en font un régal de lecture.

Deuxième rencontre avec Boris Vian plutôt convaincante donc.

Ce roman restera d’autant plus cher à mes yeux qu’il a désormais pour moi une valeur sentimentale. Je remercie infiniment mon doudou de m’en avoir fait cadeau surtout en sachant quelle valeur ce livre a pour lui. J’en prendrai très grand soin.

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