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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 15:42

duchesse.jpgJe poursuis ma découverte de Balzac. Après Le Père Goriot, j’ai jeté mon dévolu sur La Duchesse de Langeais dont j’avais lu des avis enthousiastes. Et il faut dire aussi que le jeu du « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis » qui est central dans cette œuvre m’a aussi attiré.

Bien que ce roman soit très court, je l’ai pourtant trouvé bien plus dense et complexe que Le père Goriot.

Balzac a construit son récit d’une façon bien particulière. Il l’ouvre par une scène qui est en fait finale puis revient quelques pages plus tard aux évènements à l’origine de cette scène. Autant dire que ça n’a fait qu’aiguiser ma curiosité.

 

En parlant de curiosité, il y en a une dans ce roman, restée célèbre d’ailleurs, il s’agit de la longue digression qu’y a inséré Balzac. Dans ces quelques pages où il n’est plus question de l’intrigue avec laquelle l’auteur nous avait appâté, Balzac expose ses vues sur la situation du faubourg Saint-Germain, quartier de Paris qui concentre la Noblesse, celle qui a réchappé de la Révolution. Bien que légitimiste ( partisan de la Monarchie par opposition aux libéraux, partisans de la République), Balzac n’hésite pas à faire le procès de cette catégorie de la société dénonçant les travers qui l’ont menée au désastre de la chute de la Monarchie. Mais derrière cette longue description des vices et vertus de la population de ce quartier, c’est aussi le portrait d’Antoinette, la duchesse de Langeais, que Balzac nous dresse annonçant subtilement et de façon détournée les évènements à venir.

 

« Les peuples, comme les femmes, aiment la force en quiconque les gouverne, et leur amour ne va pas sans le respect ; ils n’accordent point leur obéissance à qui ne l’impose pas. »

 

Antoinette est en effet le type même de la femme aristocratique (terme contesté par Balzac d’ailleurs), c’est une « coquette » qui se plaît à user de son charme et de son esprit pour séduire sa petite cour de prétendants. Autrement dit dans notre langage actuel, c’est une allumeuse. Et Antoinette a décidé d’exercer ses pouvoirs de séduction sur un nouveau venu dans le quartier qui fait sensation auprès des dames par ses aventures en Afrique : Armand de Montriveau. Ces deux-là jouent alors au chat et à la souris mais les évènements prendront une tournure surprenante pour aboutir à une fin qui m’aura laissée choquée et perplexe.

 

Balzac a mis beaucoup de lui dans ce roman. Outre qu’il y présente ouvertement ses opinions sur la haute société de l’époque ( ce qui lui sera amèrement reproché tant sur le fond que sur la forme), il se serait également inspiré de ses propres déboires sentimentaux avec la marquise de Castries tout en en modifiant certains aspects, ce qui illustre que Balzac a tourné la page sur cet épisode douloureux de sa vie.

Pour toutes ces explications, je ne saurais que trop conseiller la lecture de l’excellente introduction de Constance Cagnat-Deboeuf de l’édition Livre de Poche qui apporte de nombreux éclairages sur le texte.

 

J’ai vraiment adoré cette lecture certes exigeante mais si bien menée et si bien écrite. Le style de Balzac est vraiment une merveille à lire et j’adore aussi la façon qu’il a d’exprimer ce qu’il pense franchement. Il a également admirablement dépeint la psychologie de ses deux personnages principaux.

Quant à la relation entre Antoinette et Armand, je me suis posée ( et me pose encore) beaucoup de questions sur la véritable nature de leurs sentiments. J’ai souvent eu l’impression que tous les deux n’agissaient que par orgueil. Cette apparente opposition entre la passion et la raison qui tourmente Antoinette et la décision extrême qu’elle finit par prendre ne permettent pourtant pas de se faire une opinion définitive sur ses réels sentiments. Et la volonté de vengeance ainsi que la réaction d’Armand à la toute fin du roman ne sont pas non plus sans interroger le lecteur. On sent la passion et les actions excessives qu’elle fait commettre mais il y a pourtant quelque chose qui sonne faux et que j’attribue à ce désir de possession de l’autre qui finalement gouverne le comportement des deux protagonistes.

 

C’est seulement après avoir terminé ma lecture que j’ai réalisé que La Duchesse de Langeais s’insérait dans un triptyque intitulé Histoire des Treize et que La Duchesse en était le 2ème volet ( il faut toujours que je fasse tout dans le désordre moi …). J’ai donc prévu de lire les autres volets de cette trilogie et j’en dirai donc plus sur les Treize à cette occasion.

En attendant, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce très beau roman qui m’a beaucoup touchée et émue.

 

Voir aussi les avis de Marie, Jérôme et Nathalie.

 

cb

 

 

 

 

 

 

 

Une magnifique lecture qui compte pour le challenge Balzac de Marie

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commentaires

A-little-bit-dramatic 27/01/2013 22:18

Les descriptions ne me font pas peur...en général. Par exemple, je me suis régalée à lire Zola, je trouve ses descriptions tellement bien faites.
Avec Balzac, j'avais eu plus de mal, je ne sais pas pourquoi...j'avais trouvé son style un peu confus, en fait...

A-little-bit-dramatic 26/01/2013 12:44

Je ne connais pas du tout ce roman, mais je pense qu'il pourrait me plaire. J'hésite à lire du Balzac, en fait, parce que le premier que j'ai lu de lui, La Vieille Fille, m'a vraiment laissé un
goût amer. Sans avoir détesté, je n'ai pas follement aimé non plus, je me suis même ennuyée ! Mais cette histoire là a l'air plutôt intéressante...à voir.

Aaliz 27/01/2013 13:39



Elle est intéressante mais comporte de longues descriptions et une très longue digression qui ont rebuté plus d'un lecteur. Donc je ne sais pas si c'est une bonne idée de renouer avec Balzac par
celui-ci mais après ça dépend de tes goûts, si les descriptions ne te font pas peur etc...


Sinon, je peux te conseiller La peau de Chagrin et bien sûr Le père Goriot.



Marie 15/01/2013 16:58

Les trois romans de L'histoire des Treize peuvent se lire de façon tout à fait indépendante, leur seul point commun étant l'organisation secrète qui donne son nom à la trilogie.
Il y a effectivement matière à se poser beaucoup de questions sur les sentiments et les actes des deux protagonistes et je trouve aussi que certains éléments sonnent faux. Mais je partage ton
enthousiasme vis à vis de ce roman.

Aaliz 16/01/2013 16:31



Merci Marie pour la précision, tu me rassures car j'avais peur du coup de passer à côté de certaines choses. Je suis curieuse de découvrir les autres volets et de les comparer à celui-ci.


 



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