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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 17:46

la-maison-muette.jpg4ème de couverture :

 

Ce texte d'une violence clinique exceptionnelle est le récit d'une “expérimentation” sur deux enfants jumeaux élevés sans contact avec la parole humaine. La violence s'infiltre peu à peu dans le récit amoral conduit sur un ton détaché, sans recherche d'effet spectaculaire, d'une écriture précise et ciselée de poète.

Plongée dans les méandres les plus noirs de l’esprit humain, réflexion sur la perversion du pouvoir paternel, vertige du désir de la connaissance, réflexion sur le langage, un roman troublant.

 

Mon avis :

 

Ce roman n’est pas, comme le prétend la 4ème de couverture, uniquement le récit d’une « expérimentation » mais il est aussi celui du parcours d’un esprit dérangé qui, au nom de la recherche scientifique, commet des actes cruels et inhumains.

Ainsi tout au long de ce roman, le lecteur accompagne le narrateur dans sa folie puisant probablement son origine dans ses rapports étranges et dénués de sentiments avec ses parents.

Très tôt, il a un esprit curieux et , s’interrogeant sur le siège de l’âme, se lance dans des expériences qui relèvent plus de la pure perversité que de simples dissections de laboratoire.

 

John Burnside a produit ici un texte froid qui ne laisse aucune place aux émotions ni aux sentiments. On ressent toute la poésie du style de l’auteur mais là où est la prouesse, c’est que malgré une plume toute en finesse et délicatesse, Burnside parvient à créer une atmosphère glaciale et à la limite du malsain. Le personnage principal qu’il met en scène est tout à fait le genre de personne qu’on aimerait ne jamais croiser dans sa vie. Il est froid, calculateur et totalement dénué d’empathie.

La Maison muette est un récit écrit à la première personne qui nous plonge dans les méandres d’un esprit psychopathe duquel, tout comme ses pauvres victimes, on reste prisonnier, spectateur et impuissant.

Le plus dérangeant c’est que l’auteur parvient à emmener complètement son lecteur au point que je me suis surprise à être curieuse des résultats de cette expérience et de comment le narrateur allait s’y prendre pour parvenir à son but.

Ce qui donc est finalement violent dans ce roman, ce n’est pas tant les actes dont il est question (décrits de façon plutôt chirurgicale) mais aussi et surtout l’immoralité et la perversité de ces actes. John Burnside joue principalement avec le pouvoir d’imagination de son lecteur et de sa propension à toujours imaginer le pire, il le manipule, ce qui rend la lecture assez éprouvante psychologiquement.

 

Ce roman est aussi une magistrale réflexion philosophique sur l’âme, sur ce qui est inné et acquis par l’expérience ainsi que sur le langage. Il nous amène à nous poser de nombreuses questions sur lesquelles les philosophes se sont déjà penchés. La langue est acquise mais n’existe-t-il pas un langage inné, commun à tous les êtres humains, un langage que nous connaîtrions naturellement et que notre environnement nous ferait oublier ? C’est à cette question que le narrateur cherche une réponse. Et c’est par le fait qu’elle est diablement intéressante que le lecteur, par curiosité, devient complice du narrateur à son plus grand effroi.

Car même si notre morale réprouve le procédé, notre curiosité ne fait-elle pas de nous quelque part des pervers aussi ? D’où le malaise que le lecteur ressent en plus …

 

Au final, un roman très dur mais traité de façon intelligente et merveilleusement bien écrit : une très bonne lecture.

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commentaires

Aline 01/12/2012 15:41

Cela me rappelle l'une des nouvelles de la " Trilogie new yorkaise " d'Auster, celle où un père enferme son fils pour lui faire retrouver le langage originel.
Je prends note, c'est le genre de récit qui me plaît (je suis très polar, thriller et récits effrayants en ce moment).

Aaliz 01/12/2012 23:34



Tu as tout à fait raison ! Je m'étais faite la remarque pendant ma lecture mais je ne savais plus si c'était dans la Trilogie ou dans un autre roman d'Auster. Je me souviens qu'il parlait
justement d'une des expériences que Burnside mentionne également dans son récit (si ma mémoire est bonne ... )



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