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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 00:34

edgar.gifAvant de lire ce roman de Marc Dugain, j’avais une image très négative d’Edgar Hoover. Je le voyais comme un homme prêt à tout pour le pouvoir, un manipulateur sans foi ni loi, sans scrupules.

Je dois reconnaître qu’après ma lecture, j’ai du revoir mon jugement.

 

Dans La malédiction d’Edgar, Marc Dugain retrace la carrière d’Edgar Hoover à la tête du FBI, carrière débutée sous Roosevelt et terminée sous Nixon, voyant défiler les présidents là où il a su conserver son propre fauteuil durant toutes ses années.

Peut-être a-t-il pensé à viser lui-même la Maison Blanche mais il s’est vite rendu compte que le véritable pouvoir n’était pas dans les mains de l’occupant du bureau ovale.

 

J’ai finalement découvert un homme attaché à ses principes, à sa patrie, à ses idées et ses valeurs. Il avait une certaine conception de son pays et lui a consacré sa vie. Ses actions, décisions ou choix étaient principalement orientés vers un but : l’intérêt du pays, en tout cas, à ce qu’Edgar estimait bon pour son pays. Pour y parvenir, il a compris que sa place lui permettait de tirer toutes les ficelles nécessaires d’où son acharnement à la conserver.

 

« L’électeur nous laissera toujours le sale boulot. Il sait bien que là-haut les choses ne sont pas si claires. Mais il ne sait pas toujours à quel point. Quand il le découvre, il fait mine de s’en offusquer. Mais tant qu’il est devant son téléviseur avec une bière bon marché et qu’il y a de l’essence dans le réservoir de sa voiture, il est plutôt satisfait que d’autres fassent ce sale boulot à sa place. Il est comme tout le monde, pris entre le rêve et la réalité. Le rêve c’était Kennedy, mais notre pays n’avait pas les moyens de rêver plus longtemps. Il y a toujours eu deux types de personnes dans nos métiers. Ceux qui veulent se faire aimer et ceux qui s’en moquent. Edgar et moi avons fait partie de la deuxième catégorie. Le pouvoir au fond, c’est faire ce qui est dans l’intérêt de la nation et ne lui faire savoir que ce qu’elle peut entendre. »

 

Plus que l’histoire d’un homme, ce roman raconte aussi l’histoire des Etats-Unis mais du point de vue des hautes sphères : guerres mondiales, chasse aux sorcières et maccarthysme, guerre froide, crise de Cuba, assassinats des Kennedy etc… Le lecteur entre dans les coulisses, voit l’envers du décor : magouilles, écoutes illégales, dossiers et enquêtes sur tout le monde, entente avec la mafia, le véritable visage de la famille Kennedy …

 

« Dans le cercle du pouvoir, il n’y a aucun secret, seulement des types qui font semblant de ne pas savoir. »

 

« Faire de la politique, c’est se mettre bien avec ceux qui mènent le monde, ceux qui décident, ceux qui ont le pognon. Si tu veux les ignorer, il ne te reste plus qu’à conquérir le peuple avec des grandes idées. Mais quand tu l’as endormi avec des leçons de morale de merde, il faut que tu sois toi-même irréprochable, tu comprends ? »

 

L’histoire, la grande comme la petite, nous est narrée par le bras droit d’Edgar Hoover. Marc Dugain utilise le procédé du livre dans le livre. Son roman s’ouvre donc sur la mise en scène d’un homme chargé d’effectuer des recherches pour un film, il s’intéresse alors à un manuscrit dont l’authenticité n’est pas attestée : les Mémoires de Clyde Tolson, numéro deux du FBI, mémoires insérées dans le roman.

L’ennui c’est qu’à la fin de ma lecture, je m’attendais à retrouver cet homme mais le roman s’achève avec les Mémoires de Tolson. J’ai eu donc comme un léger goût d’inachevé.

 

Malgré ce petit bémol, j’ai beaucoup apprécié cette lecture qui permet de réviser l’Histoire contemporaine sous un angle différent. Le roman est richement documenté, Marc Dugain s’étant appuyé sur de la documentation d’époque et sur une solide bibliographie. Bien entendu, il faut garder à l’esprit que certaines révélations dans le roman restent de l’ordre de l’hypothèse et que le point de vue narratif choisi par l’auteur ne révèle que subjectivement et partiellement la personnalité de Hoover.

Et bien que ce dernier ait été une crapule misogyne, raciste et antisémite, le portrait qu’en fait Marc Dugain, forcément positif car vu par une personne qui l’admirait, le rend plus humain et presque sympathique. En tout cas, je ne le considère plus du tout de la même façon.

 

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Published by Aaliz - dans Histoire
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commentaires

AnGee Ersatz* 27/03/2014 18:30

Personnellement, je m'intéresse très peu à l'histoire américaine, à une exception: la période Kennedy! J'avais vu le film (avec Leonardo DiCaprio je crois...) sur Edgar Hoover et ça m'avait donné
envie d'en savoir plus sur ce personnage. Je ne connaissais pas ce livre, donc je note!

Aaliz 28/03/2014 13:32



Je ne sais pas si tu l'as déjà lu mais sur le même sujet on m'avait aussi conseillé American Tabloïd de James Ellroy mais paraît-il que le style est affreux. Tu l'as lu ?



jerome 16/01/2014 12:20

Je ne suis que moyennement tenté parce que le personnage d'Hoover ne m'intéresse pas plus que ça. Par contre je compte bien découvrir la plume de Dugain un jour ou l'autre.

Aaliz 18/01/2014 00:38



Si tu as l'intention de commencer ta découverte de Dugain par Avenue des géants, préviens-moi, je compte le lire aussi.



Valérie 14/01/2014 09:46

J'avais aimé ce roman mais de l'auteur, je préfère Avenue des géants.

Aaliz 18/01/2014 00:37



C'était mon premier Dugain et j'ai bien l'intention de lire Avenue des géants cette année, je n'en ai entendu que du bien. En fait, tous les romans de Dugain suscitent ma curiosité mais Avenue
des géants a la priorité.



claudialucia 13/01/2014 23:33

Oh! mais non, tu n'as pas raté ta chronique! C'est moi qui n'avais pas compris que c'était le narrateur et non l'auteur qui était admiratif! J'ai peut-être été un peu fort dans ma réponse mais
c'est que je suis en colère contre les politiques et ceci peu importe leur tendance. Pour moi, un homme ou une femme politique doit être honnête et défendre des idéaux. Mais ma réaction prouve que
Dugain met dans le mille avec ce sujet puisqu'il est tellement d'actualité.

Aaliz 18/01/2014 00:35



C'est vrai qu'avec tout ce qui se passe en ce moment, il y a de quoi être remonté contre les politiques de tout bord.


Ce que j'ai aimé dans ce livre, c'est que Marc Dugain ne cache rien et essaie d'être le plus objectif possible en offrant une vision différente de tout ce qu'on peut lire habituellement sur
Hoover et qui est systématiquement négatif à l'excès.



claudialucia 13/01/2014 15:06

Et bien moi non, ça ne me donne pas une meilleure idée du personnage au contraire.
"Faire de la politique, c’est se mettre bien avec ceux qui mènent le monde, ceux qui décident, ceux qui ont le pognon. Si tu veux les ignorer, il ne te reste plus qu’à conquérir le peuple avec des
grandes idées. Mais quand tu l’as endormi avec des leçons de morale de merde, il faut que tu sois toi-même irréprochable, tu comprends ? »
Ce qu'il dit implique que pour faire de la politique il faut être un salaud! En plus son mépris du peuple, avec son cliché du gars devant la télé avec sa bouteille de bière bon marché, me le rend
encore plus antipathique. ET comment peut-on admirer une crapule misogyne, raciste et antisémite? Si c'est le cas, c'est Marc Dugain que je vais mal considérer!

Aaliz 13/01/2014 22:59



Ne te fâche pas contre Marc Dugain. C'est apparemment moi qui me suis mal exprimée. Comme il s'agit des Mémoires fictives de Clyde Tolson, c'est à travers son regard admiratif que l'on voit
Hoover, tous deux étant très liés.


Et sinon, oui, pour faire de la politique, il faut être un salaud, c'est une réalité car le pouvoir est réellement détenu, comme il le dit, par ceux qui ont l'argent et un politicien qui souhaite
faire de bonnes choses doit malheureusement composer avec ces gens-là. C'est ce que Hoover a du faire, jongler et manipuler les uns et les autres afin de laisser une chance à ses idées et ses
valeurs de s'imposer.


Je ne pense pas qu'il faille voir du mépris envers le peuple dans cette citation mais plutôt de la lucidité. D'ailleurs, ce qu'il dit ne date pas d'hier et il l'a juste reformulé. C'est le fameux
"Du pain et des jeux" qui prévalait déjà au temps des romains. Certes il y a quelques citoyens éclairés mais il faut reconnaître que la majorité se complaît de la situation tant que ses besoins
de base sont satisfaits.


De plus, les citations sont sorties de leur contexte, dans l'une d'elles il critique la politique des Kennedy qui n'étaient que des démagos assoiffés de pouvoir.


Mais ton commentaire me fait réaliser que j'ai complètement raté ma chronique ...



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