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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 16:53

opium-poppy.jpg4ème de couverture :

 

C’est l’histoire d’Alam. Celle d’un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le trafic d’opium. A travers ses yeux , nous découvrons les choix terribles qui s’imposent à l’enfant soldat . A travers ses aventures d’immigré clandestin, nous sont dévoilés dans toute leur absurde crudité les chemins de la drogue, du producteur de pavot à l’héroïnomane parisien.

 

 

Mon avis :

 

Intriguée par le résumé, je me suis laissée tenter par ce petit ouvrage qui me permettait, par la même occasion, de découvrir Hubert Haddad dont j’avais entendu tant de bien.

Et effectivement, l’auteur est un grand écrivain à la plume magnifique de poète. De ce côté là, je ne suis donc pas déçue, de très belles pages m’ont été offertes à la lecture.

 

Concernant le sujet, j’en attendais plus. Et je me rends de plus en plus compte que j’ai beaucoup de mal avec les romans de moins de 200 pages. Je suis restée sur ma faim.

Le récit est sombre, le fait qu’Hubert Haddad ait choisi un enfant comme personnage principal attendrit le lecteur mais ce n’est pas suffisant. Je suis restée assez extérieure à l’histoire d’Alam. Vous savez, c’est un peu comme au journal télévisé, on nous montre les atrocités de la guerre à l’autre bout du monde. Alors oui, ça nous chagrine, nous révolte mais voilà … on ne se sent pas vraiment concerné. J’ai eu cette même impression à la lecture d’Opium Poppy. Je mets ça sur le compte de la brièveté du récit.

 

Concernant l’histoire en elle-même, elle est intéressante mais aurait mérité d’être plus développée. Je n’ai pas su m’attacher à ce petit garçon. Mais peut-être est-ce un « fait exprès » de l’auteur pour insister sur le peu de cas qui a été fait de ce petit être qui n’a pas eu de vie ni même de nom, que la guerre a dépossédé de tout, d’un toit, d’une famille, de la subsistance, d’une identité. Il ne comprend pas le monde qui l’entoure, il ne comprend pas ce qu’on attend de lui. Il suit alors ce qu’il connaît, la filière de l’opium, des champs de pavots de son père en passant par les transporteurs et aboutit aux bas-fonds de la banlieue parisienne parmi les drogués et les petits dealers.

L’ennui, c’est que justement, ce trajet a été un peu trop survolé. Après un trajet caché au fond d’un camion, on retrouve Alam dans les égouts de Rome et il atterrit en France dans un centre d’accueil on ne sait pas trop comment.

Il faut dire qu’Hubert Haddad a choisit un récit alterné, entre les chapitres situant l’action en Afghanistan et ceux se déroulant en France. Ce qui fait qu’au final, il manque des pièces au puzzle et ça m’a gêné.

Néanmoins les passages relatifs à l’Afghanistan sont très intéressants par leur évocation de la vie quotidienne dans un pays en guerre, par le joug des barons de l’opium sur les communautés villageoises, par le sort réservé aux femmes qui osent braver les interdits, par la terreur inspirée par les troupes rebelles mais aussi par celles des troupes occidentales.

 

J’ai lu de nombreuses critiques qui reprochaient à Hubert Haddad d’exagérer dans l’accumulation de malheurs. Je ne suis pas du tout de cet avis. A quelques reprises, l’auteur nous laisse espérer une sortie de secours pour Alam mais le destin s’acharne, c’est vrai. Mais d’un autre côté, vivre dans un pays en guerre et choisir l’immigration clandestine, ce n’est pas Disneyland ! L’histoire d’Alam se rapproche de près de l’histoire de nombreux réfugiés. Ce qui m’aurait choquée, moi, c’est que l’auteur nous fasse justement une happy end , le petit afghan adopté par un gentil couple français. Ça, ça n’aurait pas été très crédible à mes yeux même si c’est meilleur pour le moral.

 

Au final, je retiens de cette lecture un récit violent et sombre mais très réaliste servi par un style descriptif des plus poétiques et imagés rendant les scènes très vivantes. Malheureusement, j’aurais voulu que ce soit plus long car je ressors avec le sentiment que la vie d’Alam a été insignifiante alors qu’elle a été marquée de l’horreur de la guerre et de l’exil.

Un texte qui fait réfléchir sur le sort qu’on réserve bien souvent aux réfugiés dans les pays d’accueil.

En tout cas, je relirai à coup sûr Hubert Haddad et pourquoi pas avec son dernier roman Le peintre d’éventail qui semble conquérir nombre de lecteurs.

 

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce beau partenariat.

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Published by Aaliz
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commentaires

laure 01/03/2013 15:56

J'ai prévu de lire cet auteur que je ne connais pas encore. J'ai dans ma PAL Un rêve de glace.
Très belle critique, très intéressante. Je note ce titre.
Bonne journée :D

Aaliz 02/03/2013 19:22



Merci Laure  Je ne connais pas "Un rêve de glace" mais s'il est écrit dans le même style, ce doit être une
belle lecture ( rien que le titre est déjà alléchant et poétique).



Nymou 26/02/2013 16:37

Aaliz, j'aime énormément tes critiques littéraires, c'est avec un réel plaisir que je me suis nourrie de tes mots, je pense que dans une librairie je me serai certainement arrêté devant ce livre,
la couverture m'aurait interpellé, je vais le noter, je souhaite le lire, et tout comme toi, un Happy-end dans ce genre m'aurait dégoûtée, certaines vérités doivent être aussi percutantes que dans
la réalité. Merci pour ce billet.

Aaliz 27/02/2013 12:20



Merci pour ce gentil commentaire Nymou, ça me fait très plaisir !


N'hésite pas à le lire, Hubert Haddad a un style remarquable et rien que pour ça, il vaut la peine d'être lu. Et tu as raison, c'est nécessaire d'avoir des auteurs qui n'épargnent pas leur
lecteur et qui décrivent la vie telle qu'elle est vraiment. La littérature sert à faire rêver mais aussi à dénoncer la réalité.



jerome 24/02/2013 18:51

J'ai beaucoup aimé ce roman et le coté "trop court" ne m'a pas du tout gêné. Et puis l'écriture d'Hubert Haddad, c'est quand même quelque chose !

Aaliz 25/02/2013 20:49



C'est vrai, c'est un vrai plaisir de le lire quel que soit le sujet abordé, on se laisse transporter par la musique des mots. Quant au côté trop court, c'est malheureusement propre à mes goûts
personnels, je crois bien que j'aime trop les pavés ! ^^



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