Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 00:58

pain-amer.jpg4ème de couverture :

 

Ils étaient des milliers à avoir fui la révolution bolchevique et la guerre civile. En 1946, auréolé de sa victoire sur le nazisme, Staline les rappelle à la mère patrie : l’URSS. Ils seront quelque quatre à six milles « Russes blancs » exilés à suivre l’étoile rouge et les promesses du Petit Père des peuples.

Parmi eux, Marina qui, bien que se sentant française, suit les siens dans leur voyage de retour. Elle laisse Marc, son grand amour, certaine de revenir bientôt sur la Côte d’Azur, l’épouser. Pour l’instant, un long périple l’attend. Elle ne se doute pas qu’une fois arrivée, se dressera entre elle et ses rêves d’avenir le mur du totalitarisme.

 

 

Mon avis :

 

Bien que d’une façon générale je déteste l’Histoire contemporaine, je porte tout de même un grand intérêt à tout ce qui concerne l’Histoire de l’URSS et à sa terrible expérience du communisme. Aussi lorsque je suis tombée par hasard sur Pain amer, le résumé m’a tout de suite attirée.

 

Pain amer raconte l’histoire d’une famille d’exilés russes ayant fuit la révolution de 1917 et qui décide de repartir s’installer au pays sur l’appel de Staline en 1946. Bien entendu à l’époque, la propagande soviétique battait son plein et faisait tout pour faire croire à son modèle paradisiaque de société égalitaire.

C’est là qu’a été ma principale difficulté en lisant ce livre. Sachant pertinemment ce qui attendait cette malheureuse famille une fois de retour en Russie, je n’arrivais pas à prendre le recul nécessaire pour les comprendre et je ne pouvais pas m’empêcher de pester contre leur crédulité.

Oui mais voilà … n’aurais-je pas fait pareil à leur place ? N’aurais-je pas voulu revoir les paysages dans lesquels j’ai grandi ? Retrouver mes racines, les quelques membres de ma famille restés là-bas ?

 

Pour ma défense, il faut savoir que toute l’histoire est racontée par Marina qui, elle, a grandi en France, ne parle absolument pas le russe et ne connaît quasiment rien de sa culture d’origine. Aussi par l’emploi de la première personne pour la narration, le lecteur s’identifie obligatoirement à elle et adopte inconsciemment son point de vue. Et on ne peut donc que pester contre la naïve obstination des parents et le comportement de la mère qui, anéantie, se laisse complètement aller.

Quant à Marina elle-même, elle est le personnage typique de l’adolescente héroïne qu’on rencontre dans de nombreux romans, elle est intelligente et en plus, elle est forte au point qu’elle prend sa famille en charge à la place de sa mère.

Bref, en ce qui concerne les personnages, je n’ai pas réussi à les prendre en sympathie malgré ce qui leur arrive.

 

Ce qui m’a finalement le plus intéressée ce sont les descriptions de la vie quotidienne sous le régime stalinien : le froid, la faim, la lutte pour survivre, le fait de constamment se méfier des autres et de contrôler ses moindres paroles et ses actes, être confronté à un système qui se prétend égalitaire mais qui privilégie les membres du parti etc… La famille en est réduite aux pires extrêmes, se contenter d’eau chaude comme simple repas pendant des jours et des jours, aller mendier des croutons de pain rassis, se contenter de hérisson bouilli comme seule viande, ne pas pouvoir se laver pendant des mois. Le tableau brossé par l’auteur est vraiment abominable et pourtant la famille se bat et s’adapte. Elle s’adapte d’ailleurs tellement bien qu’elle finit par s’en sortir assez bien et j’ai trouvé ça assez étonnant voire décevant comme fin. Mais leur exemple montre bien que pour s’en sortir au mieux dans un tel système est d’y obéir aveuglément et de « respecter les règles du jeu ». Il ne faut cependant pas oublier que le cas de la famille de Marina est une exception et que la plupart des exilés rentrés n’ont pas survécu à leur première année sur le territoire russe.

En parallèle de tout ça, j’ai aussi trouvé que l’histoire d’amour perdu n’apportait pas grand chose à l’ensemble. C’est touchant certes mais pas assez fort encore pour susciter en moi quelque émotion. Surtout que face à la dureté des conditions de vie décrites, il est difficile de se laisser attendrir par une amourette.

 

Je ne voudrais pas décourager les personnes qui voudraient lire Pain amer et ça m’attriste de constater que de mon avis ressort plutôt un sentiment négatif. Je pense que je n’aurais pas du lire ce roman juste derrière Folie d’une femme séduite. Ce qui fait que je suis plutôt mitigée. J’aurais certainement plus apprécié ma lecture dans d’autres circonstances car ce roman est un bon roman par son sujet, par le style et par le réalisme historique. Donc j’aurais plutôt tendance à le conseiller. Dommage que, pour ma part, je n’ai pas accroché plus que ça.

Partager cet article

Repost 0
Published by Aaliz - dans Histoire
commenter cet article

commentaires

claudialucia 27/09/2012 13:46

C'est vrai que tu ne me donnes pas trop envie de lire le livre. Déjà le sujet ne m'attirait guère!

Aaliz 28/09/2012 11:21



Ah si le sujet ne t'attire pas, je ne te le conseille pas alors ! Parce-que finalement c'est le seul intérêt que j'ai trouvé au livre pour ma part ... 



Aline 26/09/2012 14:52

Je ne trouve pas ton avis négatif, plutôt mitigé. Tu soulignes les bons moments et les aspects plus négatifs : au moins, c'est honnête.
Ces personnages d'ados super-responsables qui assument des responsabilités d'adultes sont parfois lassants...

Aaliz 27/09/2012 11:59



Merci Aline :)


Oui, si les ados étaient comme ça, ce ne seraient plus des ados.


Ce genre de personnage m'agace, tellement c'est à des années-lumières des spécimens que j'ai eu comme élèves.



Marie 23/09/2012 22:42

Moi aussi, je déteste l'histoire contemporaine, ce qui ne m'empêche pas, comme je suis pétrie de contradictions, de lire de temps à autre des choses s'y rapportant pour tenter de comprendre le
monde dans lequel nous vivons.
Il se trouve que nous étions aujourd'hui chez mes parents, et que ma mère a évoqué une fois de plus son père hongrois, et sa famille hongroise qu'elle n'a jamais pu rencontrer. Sa tante l'avait
invitée, en 1946-1947, à venir passer des vacances en Hongrie, mais ma grand-mère a refusé qu'elle y aille, parce qu'elle avait peur que les russes ne laissent pas ma mère revenir en France. De ce
fait, bien que la nostalgie de la patrie a certainement dû jouer pour ces russes blancs,je pense qu'à ta place aussi je jugerais la famille de la narratrice naïve et que ça nuirait au plaisir que
je pourrais retirer de la lecture.

Aaliz 26/09/2012 01:15



Ce qui m'a étonnée aussi dans le roman c'est que beaucoup de personnes avaient prévenu la famille de ce qui les attendait là-bas et, bien entendu, ils ne les ont pas écoutés. Pourtant même les
douaniers les ont mis en garde. Mais du coup, je me dis que finalement la propagande soviétique n'était pas si efficace que ça vu que certains semblaient être au courant de ce qui se passait.
Alors pourquoi ces russes blancs se sont obstinés ? ça me laisse perplexe... 



Présentation

  • : Cherry livres
  • Cherry livres
  • : Mes lectures, mes coups de coeur, mes déceptions
  • Contact

LE BLOG DEMENAGE

LE BLOG DEMENAGE !

 

Vous pouvez dès à présent me retrouver à cette adresse :

 

http://cherrylivres.blogspot.com

 

 

 

Merci !

 

 


Recherche

Signalétique :

signaletique.jpg

Archives

Lectures en cours :

 

 

Avis à venir :

 

Darwin - Jean-Noël Mouret

Moi, Lucifer - Glen Duncan  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes challenges :

 

 

challenge afrique 

 

http://mesaddictions.files.wordpress.com/2011/05/cb.jpg

 

 

challenge-Victor-hugo

 

 

 

 

 

 

Retrouvez-moi sur :