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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 15:35

peste-et-cholera.jpg4ème de couverture :

 

Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l’Institut Pasteur créé en 1887, Alexandre Yersin aura mené la vie la plus mouvementée. Très vite il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s’installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l’occupation japonaise.

Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s’est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.

 

 

Mon avis :

 

Une rentrée littéraire où sont parus plus de 600 nouveaux titres, pourtant cette année, très peu ont attiré mon attention. Parmi ceux-là, ce nouvel opus de Patrick Deville, auteur que je ne connaissais pas, rend hommage à un scientifique que la postérité a quelque peu oublié bien que sa contribution à la médecine fut, elle, inoubliable.

C’est donc en me plongeant dans Peste & Choléra que j’ai fait la connaissance de cet homme incroyable, ce touche-à-tout autodidacte à la personnalité bien trempée qu’était Alexandre Yersin.

 

Je dois bien avouer que j’ai été au départ très mitigée sur cette lecture. Le style m’a surprise et de façon assez désagréable : un style haché, des phrases sans verbes. Je m’attendais aussi à une biographie romancée classique avec du romanesque, des dialogues, des sentiments, de la vie quoi ! Mais au lieu de ça, j’avais un récit très factuel, dénué d’émotions. Patrick Deville ne laisse pas la place à l’imagination. Il s’en est tenu à ce qu’il savait de Yersin et n’a pas cherché à broder, à inventer des choses là où il n’y en a pas.

 

Passé quelques pages, ce style a fini par m’apprivoiser. Toute résistance s’est évanouie et je me suis laissée porter par les mots. J’ai trouvé certains passages d’une incroyable beauté. La description des paysages d’Asie m’ont fait rêver et Patrick Deville a réussi à me faire voyager en peu de mots là où d’autres auraient eu besoin de plusieurs pages.

J’ai eu la surprise aussi de rencontrer quelques lignes pleines d’humour encourageant l’imagination du lecteur à se créer des scènes d’un burlesque qui, pour ma part, m’ont fait éclater de rire.

 

Finalement, j’ai compris que l’écriture de Patrick Deville reflétait parfaitement bien le personnage d’Alexandre Yersin. Alexandre-Yersin.jpgPourquoi faire du romanesque et du sentimental alors que Yersin était un scientifique entièrement dévoué à son travail ignorant les choses du cœur et celles de l’Art ? Yersin ne fait pas dans le sentimentalisme, il ne se sent bien que dans son havre de paix sur la côte indochinoise, loin du monde, loin des gens et loin de « toute cette  saleté de la politique ».

 

J’ai appris énormément de choses grâce à cette lecture et pas uniquement sur son sujet principal. Car Patrick Deville fait revivre aussi toute une époque allant du Second Empire à la Seconde Guerre Mondiale. On en suit et remarque ainsi les bouleversements et l’évolution à travers la construction du récit qui fait alterner plusieurs périodes de la vie de Yersin. D’habitude, ce procédé a tendance à me perturber mais ce ne fut pas le cas cette fois car les chapitres sont courts et donnent du rythme. Le lecteur n’a pas le temps d’oublier ce qu’il a lu ni de se perdre.

 

J’ai donc fini par dévorer ce roman et je l’ai terminé fascinée par ce personnage qu’était Alexandre Yersin. Je suis choquée que le prix Nobel et l’Histoire l’aient ainsi oublié et c’est un bel hommage que lui rend Patrick Deville.

Basé sur la correspondance et les visites de l’auteur à travers le monde sur les traces de son personnage, Peste & Choléra n’est peut-être pas une biographie historique au sens « scientifique » du terme mais un récit qui sonne juste sans anachronismes ni autres écueils que l’on rencontre souvent dans les biographies romancées.

Cela m’encourage à me tourner vers les précédents romans de Patrick Deville ( il y a Equatoria qui me tente beaucoup sur Pierre Savorgnan de Brazza).

 

Un coup de cœur donc que je recommande chaudement !

 

Vous pouvez vous procurer ce livre sur  logo-priceminister que je remercie pour m'avoir permis l'acquisition de ce livre et je remercie également Oliver pour sa disponibilité.

 

 

challengehist

 

 

Cette lecture compte pour le challenge Histoire de Lynnae.

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Published by Aaliz - dans Histoire
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commentaires

claudialucia 15/09/2012 13:19

Bravo pour ton blog, bouqinovore! Tu est vraiment très active. On propose Maggie et moi une LC sur Shakespeare (pour notre challenge) si tu aimes, viens nous rejoindre!

Aaliz 16/09/2012 20:10



Merci Claudialucia ! Pour Shakespeare, j'hésite, je ne suis pas très théâtre ...


En revanche, j'ai vu que tu avais beaucoup lu Joyce Carol Oates. Je l'ai découverte récemment avec Les Chutes et je pense renouer prochainement avec Blonde . Aurais-tu d'autres
titres à me conseiller ?


Merci pour ton passage par ici ^^ A bientôt ! :)



jerome 13/09/2012 20:10

C'est mon premier Deville mais ce ne sera pas le dernier^^

Aaliz 14/09/2012 23:55



Pareil pour moi ! 



Marie 13/09/2012 18:06

Entre Jérôme et toi, je suis convaincue : je l'ajoute à ma loooooongue LAL!

Aaliz 14/09/2012 23:54



Hihi ! On a réussi ! ^^


Bon, j'espère que tu apprécieras autant que nous !



jerome 12/09/2012 17:47

Content de constater que cette lecture t'a plu. Un coup de coeur pour moi aussi.

Aaliz 13/09/2012 17:03



Oui c'est vraiment un beau récit, j'ai très envie de lire les autres écrits de Deville maintenant. C'était ton premier Deville aussi ou tu en avais déjà lus ?



mimipinson 12/09/2012 16:51

Pas aimé ce livre trop sec pour un roman, trop succinct pour une biographie.
Un style déjà éprouvé avec Kampuchéa, et un style qui ne me convient pas.

Aaliz 12/09/2012 17:13



Le style est vraiment particulier, j'ai réussi à m'y faire mais je comprends qu'il puisse gêner.


C'est vrai qu'on ne peut ni parler d'un roman, ni d'une véritable biographie.



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