Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 18:00

durdane.jpgRésumé de l’éditeur :

 

Sur la planète Durdane existe un ensemble de communautés disparates, le Shant, sur lequel règne l'Anome, aussi surnommé l'Homme Sans Visage. Dans cette région, chaque femme, chaque homme se voit équipé à la fin de l'adolescence d'un torque explosif que l'Anome peut faire détoner à tout moment. La terreur qu'inspire ce juge et bourreau a maintenu une paix relative pendant des décennies. Mais au prix d’injustices flagrantes. Ainsi, la mère d’Etzwane est-elle réduite en quasi-esclavage par les hommes de son clan. Le jeune garçon part donc à la recherche de l’Homme Sans Visage afin de faire libérer sa mère. Il ignore que sa quête l’entraînera plus loin qu’il ne l’avait imaginé.

 

Mon avis :

 

J’ai passé un bon moment avec ce roman qui est en fait une trilogie, mon édition incluant, en un seul volume, les 3 romans dont elle est composée, même si ces 3 parties sont assez inégales en qualité.

 

La première partie relève plus du genre de la Fantasy. Jack Vance créé tout un monde avec ses différents peuples et leurs caractéristiques et lois propres, son gouvernement etc… Cette partie est donc principalement intéressante car l’auteur s’attache à décrire cet univers étrange que constitue la planète Durdane. On suit également le voyage d’un jeune garçon s’étant échappé de son clan pour rencontrer l’Anome, unique représentant de l’autorité ayant pouvoir de vie et de mort sur ses sujets et dont personne ne connaît l’identité.

Je connaissais la réputation de Jack Vance pour son talent dans la création et la description de civilisations exotiques et je dois reconnaître qu’elle est largement justifiée. Le dépaysement est garanti.

Double intérêt donc pour cette partie : on voyage dans un tout autre monde et on est tenu en haleine par l’intrigue. Qui est donc l’Anome ?

 

Contrairement à d’autres lecteurs, j’ai trouvé la deuxième partie encore plus intéressante que la précédente. Le Shant (continent de Durdane sur lequel l’Anome exerce son pouvoir) est menacé par des hordes d’êtres d’une violence et cruauté inouïe. L’Anome, incapable de gérer la situation, est renversé. Un nouveau mode de gouvernement doit être mis en place et des mesures d’urgence doivent être prises : il faut créer une armée, des industries d’armement et il faut bien sûr des personnes pour diriger tout cela. Vance dissèque les opérations d’une façon magistrale, j’ai été bluffée. Il met à jour les difficultés, pourtant évidentes mais qu’on ne voit pas toujours, que rencontrent un nouvel appareil gouvernemental qui naît en pleine crise. Le seule reproche que je lui ferai, c’est d’être tombé dans la facilité en copiant nos modèles de gouvernement bicaméraux. Mais je me dis que s’il était si facile de trouver un autre système politique efficace, ça aurait été fait depuis longtemps …

Bref la machine se met en branle tout doucement et l’inertie de l’ancien Anome s’explique peu à peu.

 

Dans la troisième partie que j’ai trouvée bien plus médiocre, le voile se lève sur les autres continents de Durdane ( dont on ignorait tout jusque-là) mais la déception m’attendait au tournant car l’imagination de l’auteur a semblé s’épuiser ou disons qu’elle n’était pas à la hauteur de celle dont il avait fait la démonstration dans la première partie. Les descriptions sont plus survolées que pour le Shant et l’intrigue tourne au space-opera bas de gamme pour terminer sur un dénouement qui m’aura laissée perplexe. Donc une fin qui m’a laissée sur ma faim avec une impression de soufflé qui retombe.

 

Mais globalement j’ai vraiment apprécié ma lecture. Jack Vance n’a pas failli à sa renommée, son style est simple, les pages se tournent rapidement, les rebondissements sont assez nombreux pour que l’intérêt et la curiosité du lecteur restent en éveil jusqu’au bout. Et j’ai été surprise d’y trouver des pistes de réflexion sur la politique car je m’attendais à un roman exclusivement « détente » ( sans connotation péjorative derrière ce mot, je précise bien).

Si vous souhaitez donc vous évader quelques heures, n’hésitez pas à vous plonger dans ces chroniques et à vous installer pour quelques temps sur la planète Durdane.

 

 

Repost 0
Published by Aaliz - dans Science-Fiction
commenter cet article
7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 12:28

pail-dans-loeil-de-dieu-10-copie-24ème de couverture :

 

Au fin fond de l'espace, dans plus d'un millénaire... Près de quatre siècles de barbarie ont suivi l'effondrement du Premier Empire de l'Homme. Avec l'avènement du nouvel Empire et la tin des terribles Guerres de Sécession, la paix semble revenue dans l'univers humain et ses deux cents mondes habités, sous la férule indéfectible de la Marine Impériale. Mais quelque chose s'approche. Un objet inconnu qui ressemble à une gigantesque voile solaire, un vaisseau résolument inhumain. La mission du croiseur impérial Mac-Arthur est dès lors d'une simplicité redoutable : établir le premier contact. Oui, mais avec quoi ?

 

 

Mon avis :

 

Un roman très anglo-saxon écrit par des américains pour des anglo-saxons décrivant un empire humain futuriste essentiellement peuplé d’anglo-saxons avec quand même un musulman dans le rôle du méchant traître (comme par hasard …) et quelques russes qui marchent au thé et non plus à la vodka. Le reste de l’humanité est complètement oublié, relégué au fin fond des galaxies …

L’influence des deux co-auteurs, l’un ancien militaire, l’autre ancien scientifique, se ressent beaucoup trop à la lecture. Le lecteur est parfois noyé de considérations techniques et scientifiques mais le pire est encore, à mon avis, l’affreuse orientation militariste donnée à cette histoire. Ce qui est finalement très américain, il suffit de regarder un film américain de SF pour se rendre compte de l’omniprésence du corps militaire.

Ce récit adopte finalement certains travers de ces films avec tous les stéréotypes que cela suggère : les militaires ont toujours raison, le personnage principal est un beau, gentil et courageux militaire tout fier de son magnifique vaisseau, la scientifique de l’histoire est elle aussi belle, intelligente et surtout vierge ( ah les amerloques et leur puritanisme !), le méchant est musulman et les russes sont bourrus et entêtés.

 

Après avoir craché mon venin sur cet américano-centrisme écoeurant, je vais quand même parler des points positifs de ce roman.

Malgré que j’ai trouvé ce récit un peu trop long, je dois bien en reconnaître l’originalité. J’ai vraiment beaucoup apprécié la façon dont les auteurs ont traité le thème de la première rencontre entre l’humanité et une vie extra-terrestre. Tout est très fouillé et détaillé (peut-être un peu trop ?) et donne une belle touche de réalisme et de crédibilité à l’ensemble. Je n’ai pas relevé d’incohérences ni d’invraisemblances.

L’idée qu’ont eue les auteurs de présenter non seulement le point de vue des humains face à l’entité extra-terrestre mais également le point de vue extra-terrestre sur leur rencontre avec les humains est tout à fait géniale et entraînante car le lecteur se sent complice et en même temps se pose un tas de questions qui lui font continuer sa lecture avec beaucoup de curiosité. Néanmoins, ça a aussi un côté agaçant par moment car le lecteur est finalement au courant de certaines choses que les personnages ignorent et les voir gamberger et hésiter pendant des pages et des pages m’a parfois énervée.

Le roman n’est finalement pas très riche en action mais a le mérite de poser des questions et de faire réfléchir sur pas mal d’aspects. J’ai trouvé aussi que la civilisation pailleuse ( les extra-terrestres étant nommés « pailleux ») était bien décrite et que les problèmes que cette civilisation rencontre au sujet de la perpétuation de sa race étaient crédibles et bien trouvés.

De là, la question qui sous-tend finalement tout le récit est la suivante : la race humaine et la race pailleuse peuvent-elles coexister à égalité ? Chacune ayant ses caractéristiques naturelles propres, ses besoins propres pour exister, seulement ces besoins n’entrent-ils pas en contradiction les uns avec les autres ? Chaque partie essaie alors de cacher ses défauts à l’autre.

En revanche, ce qui m’a déçue et qui est lié à ce que j’ai dit au début est que l’on n'a que le point de vue des hautes sphères dirigeantes de l’empire sur cette rencontre du 3ème type. J’aurais trouvé intéressant que les réactions de chaque peuple soient évoquées.

 

Donc une lecture un peu longue, beaucoup trop américaine mais intéressante et originale.

 

Repost 0
Published by Aaliz - dans Science-Fiction
commenter cet article
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 14:25

immx.jpg

 

Quoi de plus naturel qu’un IMM au lendemain des fêtes, papa Noël a du passer par là pensez-vous … Eh bien papa Noël non, mais papa oui :

 

-         Descente à la bouquinerie :

 

Mon père ayant repéré un dépôt-vente bien fourni en vieux bouquins qui sentent bon la poussière, je lui avais confié la mission de surveiller les arrivages et de me mettre de côté certains titres de P.K. Dick. Puis arrivée sur place pour les vacances, il a décidé de m’y emmener. De SF je n’ai point trouvé mais en revanche mon papa m’a offert tout ça :

 

- Les indifférents d’Alberto Moravia que je voulais depuis un bon bout de temps. J’avais même failli en acheter un exemplaire lors d’un de mes séjours outre-méditerranée jusqu’à ce que je m’aperçoive que le dit-exemplaire était amputé d’une bonne partie de ses pages. Celui-ci étant intact, hop ! dans le panier !

- Kaputt de Malaparte, je ne sais pas pourquoi …

- Sous le soleil de Satan de Bernanos, je ne sais pas pourquoi non plus … le titre peut-être…

- Les âmes mortes de Gogol, un classique russe que j’ai prévu de lire cette année.

- La puissance et la gloire de Graham Greene, un auteur que je veux découvrir.

 

 

-         Descente en libraire :

 

A mon retour à Paris, je n’ai bien sûr pas pu m’empêcher de faire une virée chez Gibert :

 

- Samarcande d’Amin Maalouf, j’ai tellement aimé Le Rocher de Tanios que j’ai envie de lire tout Amin Maalouf !

- Les filles d’Allah de Nedim Gürsel , j’avais repéré ce titre dès sa sortie en poche mais ayant peur d’être déçue, j’ai préféré attendre de lire les différents avis sur la toile avant de me le procurer. Les dits avis ayant éveillé ma curiosité, j’ai fini par l’acheter.

- Debout sur la terre de Nahal Tajadod, achat impulsif, la 4ème de couverture et la comparaison avec Cent ans de solitude mais version iranienne m’ont attirée, une fois rentrée j’ai cherché des avis et ces derniers m’ont confortée dans mon achat. J’espère quand même ne pas être déçue.

 

 

-         Achat trimestriel France Loisirs : La splendeur des Borgia d’Henri Pigaillem

 

J’en ai lu quelques pages avant de partir rejoindre ma famille pour les fêtes et je l’ai reposé sans intention de le reprendre dans l’immédiat. Le choix du type de narration ( un des personnages raconte l’histoire des Borgia à un autre et cet autre en prend note et le relit, c’est cette relecture que l’auteur transmet) n’est pas des plus judicieux, le style s’en ressent et est trop académique, journalistique, j’ai eu l’impression de lire un article wikipédia, le récit n’est pas vivant et le lecteur se sent complètement extérieur à l’histoire. A sa décharge, Henri Pigaillem est historien et je pense que sa façon d’écrire en est largement influencée. Ceci dit, ces premières impressions ne concernent que les pages que j’ai lues ( une trentaine) et peut-être que le tout évoluera dans la suite du récit. J’ai lu un article très positif sur ce roman louant son érudition. Je n’en abandonne donc pas la lecture mais je vais attendre d’avoir l’esprit disposé à ce genre de lecture avant de le reprendre.

 

 

Voilà pour cette fois ! Un grand merci à mon papounet. J'espère que vous avez été gâtés aussi. Bonnes lectures !

Repost 0
Published by Aaliz - dans In my mailbox
commenter cet article
5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 22:35

maalouf.gifPrésentation de l’éditeur :

 

"Le destin passe et repasse à travers nous, comme l'aiguille du cordonnier à travers le cuir qu'il façonne." Pour Tanios, enfant des montagnes libanaises, le destin se marque d'abord dans le mystère qui entoure sa naissance : fils de la trop belle Lamia, des murmures courent le pays sur l'identité de son vrai père. Le destin passera de nouveau, dans ces années 1830 où l'Empire ottoman, l'Egypte, l'Angleterre se disputent ce pays promis aux déchirements, le jour où l'assassinat d'un chef religieux contraindra Tanios à l'exil... Mêlant l'histoire et la légende, la sagesse et la folie des hommes, le romancier de Léon l'Africain et du Premier Siècle après Béatrice nous entraîne dans un prodigieux voyage romanesque qui lui a valu le prix Goncourt 1993.

 

 

Mon avis :

 

A cours de livres pendant mes vacances de fin d’année, je me suis rabattue sur la bibliothèque de mon papa qui a la merveilleuse habitude de collectionner les prix Goncourt. Ne connaissant toujours pas Amin Maalouf, j’ai donc jeté mon dévolu sur Le Rocher de Tanios.

Et je ne le regrette absolument pas !

 

La construction du récit est originale, la plume de l’auteur est fluide et sans fioritures et le sujet ne pouvait qu’attiser ma curiosité.

Dès les premières pages, le lecteur mord à l’hameçon que lui tend Amin Maalouf : d’où vient donc cette étrange légende qui interdit à quiconque de s’asseoir sur le rocher de Tanios sous peine de disparaître ?

C’est ce que le narrateur va chercher à savoir. S’appuyant sur la mémoire d’un ancien du village et sur des documents historiques, il fera revivre l’histoire de son village au XIXème siècle. Attention car l’auteur précise bien que ces sources historiques et la légende en question sont purement fictives bien que le récit soit basé sur un fait réel. Mais pourtant, le talent de l’auteur fait que l’on y croit malgré tout.

 

J’ai donc été charmée par ce roman aux allures de conte avec en toile de fond le conflit entre l’empire ottoman et l’Egypte, conflit arbitré par les puissances européennes qui cherchent leur part de gâteau. L’influence britannique et sa concrétisation sur le terrain dont Amin Maalouf nous dévoile certains aspects est particulièrement intéressante. Les enjeux de pouvoir et la lutte entre les différentes hiérarchies de la politique locale sont expliquées de façon très simple et j’ai beaucoup apprécié cette imbrication du récit fictif dans un contexte historique réel. Sous ses allures de conte , c’est donc une parcelle de l’histoire du Liban qu’illustre ce roman.

 

Les personnages sont attachants et tous profondément humains, l’importance accordée à l’honneur est bien mise en évidence et sert de fil rouge tout au long du récit, chaque personnage cherchant à le défendre et à garder tête haute en toutes circonstances mais est contraint malgré lui de subir son destin et les épreuves qu’il lui impose. Quête d’identité, amour et exil attendent Tanios et bien d’autres personnages. C’est donc aussi toute la mentalité d’un peuple attaché à ses croyances, à ses traditions et à sa terre qui nous est montrée que ce soit dans ses travers ou dans sa grandeur.

 

Le roman est court et s’engloutit rapidement. Une fois en main, j’ai eu du mal à le reposer prolongeant ma lecture jusqu’aux petites heures du matin.

Bref c’est un très beau voyage auquel nous invite Amin Maalouf et je suis prête à repartir en sa compagnie à tout moment.

Repost 0
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 21:43

pere-goriot.jpgCela fait bien plus d’un an que je suis inscrite au challenge Balzac organisé par Marie et je n’avais encore publié aucun billet. Il était temps d’y remédier même si, pour ma plus grande joie et surtout à mon plus grand soulagement, Marie a repoussé l’échéance du challenge d’un an encore.

De Balzac, je n’avais jusqu’à présent lu que quelques nouvelles, un roman La Peau de chagrin et un autre roman : Le Père Goriot, étudié au lycée pour le Bac de français. Je n’en avais gardé qu’un très vague souvenir et il ne m’avait, à l’époque, pas plus emballée que ça.

J’ai donc décidé, pour ma première participation au challenge, de relire Le Père Goriot, ce qui me permettrait ensuite d’enchaîner avec Les Illusions Perdues.

Finalement, j’ai eu l’impression de découvrir ce roman pour la première fois et j’ai vraiment beaucoup apprécié ma lecture. C’est une chance que nos goûts évoluent avec l’âge !

 

Je comprends à présent pourquoi Le Père Goriot est considéré comme une clef de voûte de La Comédie Humaine. Ce roman dépeint à merveille les travers de la nature humaine et bien que Balzac nous fasse, à travers Goriot, le portrait d’un père aimant et tout dévoué à ses filles, l’amour extrême et démesuré de cette figure emblématique de la paternité ne fait que mettre en valeur les vices de tous les autres personnages.

 

Le roman est habilement construit même si les éditions successives ont peu à peu effacé le découpage initial en 4 parties du texte.

Le lecteur fait donc en début de lecture connaissance avec la propriétaire et les pensionnaires de la Maison Vauquer, pension que Balzac décrit dans les termes les mieux choisis afin d’en faire ressortir toute la misère et la pauvreté par opposition au raffinement des maisons bourgeoises de Paris qui raviront les yeux d’Eugène de Rastignac, jeune provincial bien décidé à se faire sa place dans la haute société parisienne.

Après les présentations et la mise en place du décor, le lecteur entre ensuite dans le vif du sujet ou plutôt des sujets car s’offrent à lui deux histoires liées l’une à l’autre : celle relative au père Goriot et ses filles, et celle relative à l’ascension sociale d’Eugène.

 

Bizarrement, j’avais gardé un souvenir assez négatif d’Eugène, je ne sais absolument pas pourquoi car je l’ai cette fois-ci trouvé véritablement charmant. Le personnage d’Eugène incarne un peu l’âme tourmentée par sa bonne et sa mauvaise conscience. La première pouvant s’incarner sous les traits du père Goriot et la seconde sous ceux de Vautrin, Goriot indiquant à Eugène le droit chemin alors que Vautrin tentera de l’en écarter et de le faire succomber au vice.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Vautrin que j’ai trouvé très intéressant. Balzac a d’ailleurs délibérément bien choisi les termes le décrivant, tous relatifs à la figure suprême du Mal : le Diable. Plusieurs fois, Vautrin est qualifié de « tentateur », de « démon », « je ne vis que par les sentiments » dit-il et « son regard était celui de l’archange déchu qui veut toujours la guerre. » Les passages traitant de la société secrète dont Vautrin serait le chef ne sont pas non plus sans rappeler l’image d’un Satan accompagné de sa horde de démons répandus sur Terre pour y corrompre les âmes. Tout comme dans La Peau de chagrin, Balzac fait un clin d’œil au mythe de Faust, Vautrin proposant un pacte à Eugène : «  Ah ! Si vous vouliez devenir mon élève, je vous ferais arriver à tout. Vous ne formeriez pas un désir qu’il ne fût à l’instant comblé, quoique vous puissiez souhaiter : honneur, fortune, femmes. » dit-il à Eugène en lui tendant une traite à signer.

Les pensionnaires de Madame Vauquer (et elle incluse) ainsi que les autres personnages représentatifs de la société bourgeoise parisienne ne sont pas en reste. Hypocrisie, mesquinerie, ingratitude, cupidité et avarice sont largement représentées. Quelle belle image que toutes ces personnes réunies autour d’une table, se moquant sans cesse du père Goriot, souffre-douleur stoïque, y allant tous de leurs médisances, le tout orchestré par le sire Vautrin, bref, une sorte de négatif de la Cène biblique. Que dire également de la réaction des pensionnaires face à la pauvre Melle Michonneau ? J’avoue avoir été choquée et ne pas avoir compris les raisons de ce « lynchage ».

 

Bref, Balzac ne prend pas de gants et le portrait qu’il brosse de ses contemporains est un portrait amer et sans concessions, sans hypocrisie à l’exact opposé du caractère de la plupart de ses personnages. Il dénonce les faiblesses de l’âme humaine dans un style tantôt mordant et sarcastique, tantôt moqueur et humoristique qui ne laisse pas indifférent. Autant dire que Balzac n’a pas sa langue dans sa poche.

 

L’avantage avec La Comédie Humaine, c’est qu’on a la chance de pouvoir retrouver les mêmes personnages dans d’autres romans et d’y avoir dans le détail les explications de certains passages juste évoqués ici. Je me fais donc une joie de continuer ma lecture de ce grand auteur.

 

 

cb.jpg

 

 

 

 

 

Cette lecture compte donc pour le challenge Balzac de Marie.

Repost 0
9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 20:36

Journee-dun-opritchnikDans Journée d’un opritchnik, Vladimir Sorokine, enfant terrible de la littérature russe, imagine, dans un récit violent, halluciné et obscène, ce que pourrait être la Russie en 2028.

Près cette lecture, on comprend mieux l’origine des déboires qu’a pu avoir l’auteur avec le pouvoir russe actuel. Sous couvert d’accusions et de procès pour pornographie, ses livres ont provoqué des manifestations de la jeunesse poutinienne qui, pour l’occasion, avaient construit des WC géants afin de mieux y jeter les ouvrages de l’auteur détesté.

Pornographe Sorokine ? Hum … peut-être faut-il y voir autre chose …

 

Journée d’un opritchnik est un roman original qui s’appuie à la fois sur l’Histoire de la Russie mais aussi sur la science-fiction dans le but de critiquer le pouvoir en place.

Sorokine décrit un hypothétique futur de son pays et probablement celui qu’il craint de voir devenir réalité, un hypothétique futur construit sur un mélange de résurgences du passé et d’éléments futuristes. Ainsi, la technologie et les infrastructures sont celles qu’on pourrait trouver dans un roman de SF ordinaire mais tout ce qui décrit le mode de vie et les institutions politiques et sociales sont fortement inspirées de ce que la Russie a déjà connu.

 

En 2028, la Russie est dirigée par un Souverain tout puissant à l’image de l’époque tsariste. Son épouse ressemble étrangement à la grande Catherine qui consulte régulièrement une prophétesse. Le Souverain dispose pour l’aider dans sa politique d’une arme redoutable : l’opritchnina, fille de celle qu’avait créée Ivan le terrible. L’opritchnina est une police politique qu’Ivan avait utilisée pour réduire les dissidents et dont il avait fini par perdre le contrôle. Cette forme de police politique en rappelle également une autre créée pour les mêmes raisons sous l’époque soviétique.

 

Sorokine nous invite donc à suivre le quotidien d’un membre de l’opritchnina. Incendies, viols, exécutions, corruption, flagellations publiques, orgies et débauches sexuelles s’enchaînent au cours de cette journée qui fait froid dans le dos. On est plongé dans une Russie où règnent la violence, la corruption, la restriction des libertés. Une Russie nationaliste qui se protège des occidentaux décadents par une Grande muraille et utilise la religion de façon extrême à des fins de cohésion sociale. Une Russie où le Kremlin et la place Rouge ont été repeints en blanc et où le mausolée de Lénine a été enfin rasé. ( une question qui revient régulièrement dans l’actualité politique russe actuelle).

 

Dans ce monde de 2028, la Chine est toute puissante et est le centre de production mondiale. Tous les produits alimentaires ou autres sont chinois. Une immense route à plusieurs voies et plusieurs niveaux relie la Chine à l’Europe permettant aux douaniers russes de se servir en taxes au passage.

Voilà ce qui est effrayant dans ce roman, c’est qu’on n’est pas très loin du possible car Sorokine intègre des éléments du passé, donc déjà vécus et susceptibles de se reproduire, et des éléments qui sont d’actualité.

 

L’opritchnik que le lecteur accompagne tout au long de cette journée cauchemardesque est un être froid dénué de sentiments et qui est complètement endoctriné. Imaginez un Rudolf Hoess psychopathe et vous avez une idée du personnage.

Le style de l’auteur n’est pas très facile dans ce roman car il imagine le langage que pourrait avoir cet opritchnik avec utilisation de vocabulaire spécialisé propre à son époque et sa profession. Ce qui rend certains passages difficilement compréhensibles dans les détails mais qui, en même temps, rend totalement réelle l’immersion du lecteur dans cet autre univers. Le langage est cinglant, chargé de haine.

 

Certaines scènes sont vraiment dures et immorales, de quoi crier « Au fou ! ». Je me suis demandée parfois si j’étais en train d’assister à un délire halluciné de l’auteur ou s’il était délibérément provocateur.

Une chose est sûre, Sorokine ne fait pas dans la dentelle. C’est un portrait affreusement pessimiste de l’avenir de la Russie qu’il nous brosse.

Ce roman est une claque monumentale à ne pas mettre entre des mains sensibles.

 

Un petit extrait :

 

Et toutes les maisons derrière leurs palissades sont robustes, toutes sont gardées par des créatures séditieuses, des salopes capricieuses nées dans le péché, condamnées à être châtiées. Les marmites de l’Etat bouillonnent. Remplies de graisse, de graisse, de la graisse de ceux qui reposent en Dieu, et elle dégoutte et coule dans l’air glacial. La graisse humaine, chauffée, qui déborde d’une marmite en fonte remplie à ras bord, et elle déborde, déborde, déborde. Un torrent de graisse s’écoule sans interruption. Elle se fige dans le froid cruel. Telle une perle. Elle se fige, se fige, se fige comme une belle sculpture. Une sculpture magnifique. Merveilleuse. Incomparable. Sublime. Exquise. La beauté d’une sculpture de graisse est divine, indescriptible. Une graisse d’un rose nacré, tendre, frais.

 

Repost 0
8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 17:53

dick-maitre-du-haut-chateau4ème de couverture :

 

En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais. Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945...

 

Mon avis :

 

Ce roman avait tout pour plaire : le contexte uchronique, des USA sous la domination de la culture japonaise, un mystérieux livre de divination et un tout aussi mystérieux écrivain qui vivrait isolé dans son château pour avoir osé imaginer la victoire des Alliés en 1945.

Mais malgré tous ces ingrédients alléchants, la sauce n’a pas pris.

 

Pourtant le cadre est intéressant même s’il est principalement restreint à l’occupation d’une partie des Etats-Unis par les japonais. Des nazis et de l’Europe il est rarement question. Dick s’intéresse à la réaction des américains face à cette culture étrangère qu’on leur impose et son idée est intéressante car il évoque aussi bien le sentiment d’infériorité éprouvé par les américains que leur envie de révolte. Dommage que ce ne soit que survolé.

 

Le récit propose au lecteur de suivre le parcours de plusieurs personnages, liés entre eux par quelques liens plus ou moins forts, mais qui pourtant ne se rencontrent jamais. Tous ont entendu parler de cet écrivain dissident dont la vie serait menacée, ce fameux maître du Haut-Château. Pendant tout le roman, le lecteur attend fébrilement de savoir ce qu’il en est de ce maître du Haut-Château qui reste en arrière-plan sans arrêt. Un fil rouge dont on ne voit le bout qu’à la toute fin, une surprise d’ailleurs mais bien décevante.

 

A côté des personnages qui partiront à la rencontre de l’écrivain mystérieux, d’autres poursuivent leur train-train qui ennuie profondément et semble totalement dénué d’intérêt. En fait, j’ai du faire des recherches pour comprendre un minimum où Dick voulait en venir.

 

Finalement, Dick a voulu nous parler encore de son thème favori : la réalité et sa perception. Comment distinguer le réel de l’imaginaire, le vrai du faux. Plusieurs éléments du récit se rapportent à cette question : le problème des œuvres d’art et de leur authenticité, un personnage se faisant passer pour un autre, la question de savoir comment distinguer un briquet ayant appartenu à une personne célèbre d’un briquet de même modèle mais n’ayant pas eu d’illustre possesseur et de façon plus globale la réalité du monde perçu.

 

J’ai beaucoup pensé au concept des mondes parallèles pendant cette lecture. A travers tout d’abord cette histoire d’écrivain auteur d’une uchronie ( le roman dans le roman) mais aussi par le biais de ce livre du Yi-King grâce auquel toute personne peut connaître la réponse à une question concernant son avenir et qui semble supposer que le destin est tout tracé, écrit à l’avance et que nous n’avons finalement pas le choix de nos actes, que toute alternative semble impossible. Et pourtant …

 

Enfin bref, il y a de la matière à réfléchir comme toujours chez Dick mais cette fois-ci c’était plus difficilement accessible et puis j’aurais voulu plus d’action et plus de surprise.

 

Ce roman de Dick m’aura ennuyée et surtout beaucoup déçue car j’en attendais autre chose.

 

Merci à FloTousleslivres pour l'organisation de cette LC.

Les avis de FloTousleslivres, Licorne et ExtraVagance tous mitigés comme le mien.

 

Challenge Uchronie

 

 

 

Cette lecture entre dans le cadre du challenge uchronie organisé par Spyranova.

Repost 0
Published by Aaliz - dans Science-Fiction
commenter cet article
6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 23:35

 ravelMa toute première lecture d’Echenoz s’avère être une réussite.

J’avais au départ jeté mon dévolu sur Des éclairs ayant pour sujet Nicolas Tesla mais, étant indisponible à la bibliothèque, j’ai du me rabattre sur Ravel, que je connais très peu en dehors du fait qu’il soit le célèbre compositeur auquel on doit le tout aussi célèbre Boléro. Et finalement le hasard a bien fait les choses.

 

Pourtant là encore, j’ai eu un peu de difficultés au début de ma lecture. Je trouvais le style assez froid bien que fluide et agréable à lire mais les nombreuses considérations vestimentaires et les descriptions détaillées des lieux commençaient à m’agacer.

Et puis la magie a fini par opérer, la curiosité et la facilité de lecture ont fait que je tournais les pages sans même m’en rendre compte au point de me faire regretter que le récit soit aussi court.

 

Le récit n’est pas, comme on pourrait le croire, une biographie romancée complète de Ravel. Jean Echenoz ne s’attarde que sur les dix dernières années de sa vie. J’ai été un peu déçue en constatant ce fait mais Jean Echenoz a réussi, sur la base de ces dix années, à brosser le portrait de son personnage en faisant entrer le lecteur dans son intimité. On découvre alors un homme assez maniaque et désinvolte. Gare à ceux qui, à l’instar de Toscanini ou Wittgenstein, osent dénaturer ses œuvres.

On assiste alors à la naissance du Boléro, on est témoin du quotidien de Ravel dans son travail, ses tournées, Ravel qui ne peut se passer de ses chaussures fétiches mais qui pourtant les oublie sans cesse, part en voyage avec plus d’une cinquantaine de chemises et tout autant de cravates. Mais malgré ses airs de dandy à la limite de l’égocentrisme, on ne peut que s’attacher à lui. La progressive détérioration de sa santé, bien que Echenoz ne fasse pas dans le sentimentalisme, le rend finalement quand même très touchant.

 

Finalement, le style de l’auteur s’accorde bien au tempérament du personnage. Ça me rappelle beaucoup le Peste & Choléra de Patrick Deville, ce dernier ayant un style un peu plus poétique mais plus ciselé ce qui le rend plus « difficile » à lire. Néanmoins, un autre point commun aux deux auteurs est cette petite touche d’humour qu’ils insèrent avec parcimonie dans leurs textes.

 

J’ai donc beaucoup apprécié ma lecture, j’en aurais voulu plus encore mais pour cela il me faudra passer aux autres romans d’Echenoz, ce que je compte bien faire !

Repost 0
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 20:05

blondeDeuxième roman de Joyce Carol Oates à mon actif avec Blonde, roman qui se voudrait biographie romancée de Norma Jeane Baker alias Marilyn Monroe bien que l’auteur prenne la peine de préciser en début d’ouvrage que de nombreux points ne sont dus qu’à son imagination et que son roman ne saurait donc être considéré comme étant une biographie exacte de Norma Jeane.

 

Comme pour Les Chutes, j’ai retrouvé dans Blonde la plume délicate, précise de Joyce Carol Oates ainsi que son souci de détailler en profondeur la psychologie de ses personnages. Et quand il s’agit de décrire dans ses détails la progressive descente aux enfers de celle qui fut Marilyn, Joyce Carol Oates entraîne son lecteur avec elle.

Bien que le récit se déroule de façon chronologique, Joyce Carol Oates a construit sa narration de façon très variée, alternant les points de vue et les narrateurs tout en modifiant son style et en l’adaptant au personnage. C’est simple, lorsqu’elle faisait parler un homme j’avais réellement l’impression que c’était un homme qui l’avait écrit.

Par cette façon de procéder, le lecteur devient omniscient, il connaît ainsi toutes les pensées de Norma Jeane mais aussi celles de son entourage. Oates nous permet donc de comparer la véritable personnalité de Norma Jeane à l’image qu’ont les autres d’elle. On se rend compte ainsi de l’énorme fossé entre les deux.

 

A l’image de sa mère atteinte de schizophrénie , Norma Jeane se nourrit de ses différents rôles au cinéma, elle les habite. Mais son rôle le plus important, c’est celui de Marilyn. Lorsque Norma Jeane doit tourner ou se montrer en public, elle se transforme en Marilyn, personnage pourtant très différent de ce que Norma est vraiment. Cet effacement de la personnalité apparaît d’ailleurs dans l’utilisation par l’auteur de qualificatifs pour désigner ses personnages. Norma Jeane est ainsi « L’Actrice Blonde », Arthur Miller n’est que « Le Dramaturge », Di Maggio «  L’Ex-Sportif » etc…

 

Cette lecture m’a beaucoup touchée. Il faut dire qu’avec 1110 pages, on a le temps de s’attacher aux personnages. Mais il faut reconnaître que Norma Jeane est naturellement attachante. Je l’ai toujours sentie comme une enfant, innocente et naïve (dans le bon sens du terme), timide et mal dans sa peau, perpétuellement en quête d’amour. L’absence de père se ressent énormément dans ses différentes relations amoureuses, elle s’obstine à appeler ses conjoints « papa ». Elle est finalement plus en recherche d’un père protecteur que d’un amant.

Tout ce qu’elle voulait c’était qu’on l’aime mais Hollywood a fait d’elle une « grue » comme ils l’appellent, lui attribuant une réputation de fille facile aux multiples conquêtes, d’une fille idiote juste bonne à montrer ses fesses. C’est là que ça fait mal car le lecteur se rend bien compte que cette image est pure calomnie. Certes Norma Jeane est dans son monde, elle ne fait pas toujours les bons choix et on a parfois du mal à la comprendre mais elle est très loin d’être la blonde stupide que tout le monde imagine.

Le roman raconte donc ce combat entre Norma Jeane et Marilyn où l’une finira par détruire l’autre.

 

La scène du début du roman où, durant l’enfance de Norma, sa mère s’obstine à vouloir l’emmener sur les collines d’Hollywood alors que ces dernières sont ravagées par un incendie m’a semblée avec le recul assez prémonitoire.

 

Donc voilà, j’ai adoré ce roman qui m’a bouleversée, je ne regarderai plus les films de Marilyn de la même façon, je n’y verrai plus Marilyn mais Norma Jeane jouant Marylin jouant son rôle.

La fin du roman est très dure, Joyce Carol Oates n’essaie pas d’atténuer quoique ce soit et réveille chez son lecteur un profond sentiment de révolte et d’injustice.

 

Blonde est un très grand roman, dur mais fort et mené de main de maître encore une fois.

 

La très belle critique de AnGee ici.

Repost 0
24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 13:50

homeApparemment un des grands succès de la rentrée littéraire 2012,  Home m’a pourtant déçue.

L’avalanche de chroniques sur la toile toutes plus élogieuses les unes que les autres m’ont d’ailleurs fait retarder au maximum ma lecture tellement je faisais une overdose.

Prenant enfin mon courage à deux mains, je me suis plongée ( enfin … plonger est difficile quand il y a si peu d’eau dans le bassin …) dans cette lecture dont j’attendais beaucoup et qui m’a bien évidemment laissée sur ma faim.

 

Je dois tout de même reconnaître que ce récit très court fait un peu l’effet d’une rafale de mitraillette, un concentré de violence en un laps de temps infinitésimal. Home est une claque et Toni Morrison a eu le talent de réussir cet effet-là. Sauf que ça ne me suffit pas.

 

Car justement, ce récit est pour moi bien trop court, j’ai déjà eu un mal fou à rentrer dedans et ce n’est qu’alors qu’il ne me restait plus que 50 pages à lire que je commençais enfin à m’adapter. Tout est survolé, les personnages, leur histoire, les thèmes. Il n’y a aucune profondeur et l’auteure laisse trop souvent son lecteur dans le flou. Elle suggère quantité de choses sans s’y arrêter. Je me suis donc sentie frustrée à plusieurs reprises.

 

Beaucoup ont aussi encensé le style. Moi, il m’a laissée de marbre. Ce style n’a rien d’exceptionnel, aucune poésie, aucune fioriture, aucun effet recherché. C’est assez plat et aucune émotion ne transparaît. Ce récit m’a laissée sur le côté, j’ai eu l’impression d’être une simple spectatrice arrivée là par inadvertance et qui doit, à partir de ce qu’on veut bien lui donner, reconstituer les morceaux d’un puzzle qu’elle sait qu’il n’est pas complet. Vous savez, ce même effet que lorsque vous débarquez dans une conversation déjà bien entamée et que personne ne prend la peine de vous expliquer de quoi il s’agit exactement. Alors on essaie de comprendre, on fait des hypothèses.

D’autant plus qu’on passe souvent du coq à l’âne, d’un personnage à un autre. De temps en temps, le personnage principal, Franck, prend lui-même la parole pour s’adresser à nous. Seuls ces passages ont vraiment capté mon intérêt.

 

Ensuite, j’ai lu dans de nombreux billets que le thème de ce récit était la dénonciation de la ségrégation raciale. Je pense que c’est beaucoup plus large que ça et que Toni Morrison dénonce la violence sous toutes ses formes possibles : la violence physique mais aussi morale, la violence de la guerre, la violence de la mort, la violence de la perte d’un proche, la violence du rejet de l’autre, la violence de la solitude, la violence du manque d’amour. Mais heureusement, au milieu de toute cette souffrance, il reste la solidarité. Dommage que Toni Morrison ne soit pas allée plus en profondeur.

 

Dans un sens, Home me fait penser au Candide de Voltaire. Franck et Cee rêvaient de s’enfuir de chez eux pour échapper à l’ennui d’une vie monotone toute tracée. Et finalement ils y reviennent après avoir compris que, si le bonheur est inaccessible, alors se contenter de cultiver son jardin est déjà un premier pas dans sa direction.

 

C’était ma première rencontre avec cette auteure et  Home serait, à ce que j’ai pu lire, son récit le plus abouti mais il ne m’a pas convaincue.

 

Rentree-Litterraire-V2-logo.jpg

 

 

 

 

Merci à Priceminister et à leur opération des Matchs de la Rentrée Littéraire.

Et puisqu’il faut donner une note ( bien que je n’aime pas ça) , ce sera un 12/20.

Repost 0

Présentation

  • : Cherry livres
  • Cherry livres
  • : Mes lectures, mes coups de coeur, mes déceptions
  • Contact

LE BLOG DEMENAGE

LE BLOG DEMENAGE !

 

Vous pouvez dès à présent me retrouver à cette adresse :

 

http://cherrylivres.blogspot.com

 

 

 

Merci !

 

 


Recherche

Signalétique :

signaletique.jpg

Archives

Lectures en cours :

 

 

Avis à venir :

 

Darwin - Jean-Noël Mouret

Moi, Lucifer - Glen Duncan  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes challenges :

 

 

challenge afrique 

 

http://mesaddictions.files.wordpress.com/2011/05/cb.jpg

 

 

challenge-Victor-hugo

 

 

 

 

 

 

Retrouvez-moi sur :