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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 22:06

pavillon4ème de couverture :

 

Il fallait tout le génie du grand Alexandre Soljenitsyne pour faire d’un pavillon d’hôpital pour cancéreux situé dans la petite ville de Tachkent le creuset d’un roman à la portée universelle. Car c’est bien dans ce lieu improbable, mais où il avait vécu pour y être lui-même soigné, que l’auteur d’ Une journée d’Ivan Denissovitch et de La Maison de Matriona a choisi comme théâtre du livre qui, plus que tout autre sans doute, a établi sa réputation de grand écrivain. Le lecteur s’y trouve immédiatement absorbé par une fresque intime, dramatique et pourtant pleine d’espoir qui dépeint une série de personnages pittoresques et parfois dérangeants, mais toujours émouvants. Un ancien détenu, un médecin, un ex-membre du KGB, une femme de ménage … Ils sont unis, malgré leurs différences, par l’humilité de leur humaine condition. Tout ce petit monde, qui va se débattre et trouver en soi de prodigieuses ressources de vie, est dépeint avec une puissance d’évocation, un réalisme saisissants. «  Qu’est-ce qui fait vivre les hommes ? », c’est à cette éternelle question que Soljenitsyne a voulu répondre dans ce monumental, dans cet incomparable roman.

 

Mon avis :

 

Cela faisait longtemps que je voulais lire Soljenitsyne. J’ai même Une journée d’Ivan Denissovitch qui dort dans ma PAL depuis une éternité. Il aura fallu l’occasion d’un partenariat sur Livraddict pour que je me plonge enfin dans un de ses romans.

Autant j’étais motivée au départ que je ne sais pas du tout ce qu’il s’est passé mais je suis complètement passée à côté de ce livre. J’ai mis plus de deux semaines à en venir à bout laissant filer plusieurs jours d’affilée sans l’ouvrir. Je me suis un peu ennuyée mais je crois que toute la faute n’en revient qu’à moi-même. Je pense que je n’étais pas dans les bonnes conditions pour le lire, quelques petits soucis du quotidien me turlupinant la tête …

 

Qu’ai-je donc retenu tout de même de ma lecture ?

 

Tout d’abord, l’histoire se passe dans un hôpital d’un des pays de l’ex-URSS et plus particulièrement dans la section réservée aux malades atteints du cancer. L’action (si on peut parler d’action …) se déroule en 1955 soit deux ans après la mort de Staline.

On y suit le quotidien de plusieurs personnages très différents. Au détour de ces diverses tranches de vie, Soljenitsyne nous dépeint la vie sous le stalinisme, de l’ « ennemi de l’Etat » condamné au camp puis à l’exil au fervent patriote chargé de dénoncer le moindre manquement au devoir des employés de son entreprise. Si différents et pourtant tous égaux devant la maladie, ils ont le même ennemi à combattre : le cancer.

J’ai vu dans le choix de ce contexte hospitalier la volonté de l’auteur de réaliser une métaphore assimilant le cancer au stalinisme, celui-ci étant le cancer rongeant la société soviétique. Toutefois, de la même façon que le cancer se combat et que renaît pour les malades l’espoir de la guérison, on assiste à la même époque à un renouveau de la société suite à la mort de Staline. En effet, les choses semblent commencer à changer et Soljenitsyne parvient avec talent à nous montrer cette évolution si faible puisse-t-elle être encore à ce moment-là. La métaphore se retrouve jusque dans le climat avec l’arrivée du printemps coïncidant avec la sortie de l’hôpital de mon personnage préféré Kostoglotov.

 

Bourru, enragé et entêté, Kostoglotov a été arrêté alors qu’il n’était encore qu’à l’université et condamné au camp pour son activité au sein d’un groupe d’étudiants soupçonné de représenter une menace pour l’Etat. Après le camp, il est exilé loin de chez lui sur une terre hostile à laquelle il finit par s’habituer et s’attacher, jusqu’à son cancer, raison pour laquelle il obtient un laissez-passer lui permettant de se rendre à l’hôpital de Tachkent. Il partage sa chambre avec plusieurs autres malades dont un certain Roussanov. Alors lui, je l’ai détesté. Imbu de lui-même, arrogant, il prétend tout savoir et se croit supérieur à tous car lui est membre du Parti. Avant d’entrer au pavillon des cancéreux, il était chargé de surveiller étroitement les employés de la société pour laquelle il travaillait et dénonçait le moindre faux-pas. Soljenitsyne nous décrit à travers ce personnage la psychologie de ceux qui ont contribué au fonctionnement du stalinisme ainsi que les procédés qu’ils employaient pour purger la société de ses « éléments dangereux ».

 

Certains passages m’ont en revanche profondément ennuyée, je pense notamment aux histoires de cœur de Kostoglotov que j’ai trouvées trop en décalage avec le reste du propos. Alors certes, cela propose un peu de légèreté face à la dureté et au sérieux des principaux thèmes que sont la lutte pour la survie et la critique du système mais je n’ai pas accroché du tout.

Par contre, d’autres m’ont exaltée comme le chapitre où Kostoglotov discute avec Chouloubine, un autre malade, discussion au cours de laquelle il lui expose ses remords d’avoir courbé l’échine et de s’être tu là où d’autres avaient ouvertement manifesté leur opposition et finalement terminé dans des camps. De là se pose la question, qui a raison ? Celui qui se tait et survit à tout ou celui qui dénonce, se révolte et risque sa vie ?

 

« Le peuple n’est pas bête mais il veut vivre. Les grands peuples ont une loi : survivre à tout et demeurer. »

 

Ce chapitre à lui tout seul est une merveille et fait vraiment réfléchir.

Il y a encore beaucoup d’autres choses à dire sur ce roman et je suis certainement passé à côté de nombre d’entre elles et je le regrette beaucoup.

J’espère avoir un jour l’occasion de relire ce livre et de pouvoir vraiment l’apprécier dans sa totalité et tous ses détails.

 

Cette lecture m’a donné envie d’en savoir plus sur l’Histoire de la Russie sous l’ère soviétique ainsi que sur l’idéologie communiste. J’ai même fait quelques emplettes livresques cet après-midi sur le sujet.

 

Je remercie chaleureusement le site Livraddict ainsi que les Editions Robert Laffont de m’avoir permis cette découverte de ce grand écrivain, prix Nobel en 1970 de surcroît, qu’était Soljenitsyne.

 

nobel

 

 

Cette lecture entre dans le cadre du challenge Nobel 2012 organisé par mimipinson.

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 10:38

IMM

 

Voici donc le bilan de mes acquisitions livresques de ces 3 dernières semaines :

DSC01637.JPG

 

Offerts par un ami :

- Colère de Denis Marquet

Des virus nouveaux frappent les populations. Les animaux deviennent agressifs. Séismes, ouragans, raz de marée se multiplient. Tout se passe comme si la nature. brutalement, s'était mise en colère...
Hypothèse absurde ? Pas aux yeux de Mary, l'anthropologue, initiée depuis longtemps aux secrets de la spiritualité ancienne.
Scientifiques et gouvernants s'affolent. La tragédie va crescendo. L'espèce humaine va-t-elle disparaître ? Denis Marquet signe avec ce premier roman un thrillercatastrophe d'une ampleur inouïe, qui sonne comme un ultime avertissement donné à l'homme. devenu le bourreau de sa planète.

 

- La petite fille en haut de l'escalier de Judith Kelman

Emma Colten, jeune artiste new-yorkaise, est une femme comblée. Son mari Sam, un brillant chirurgien, l’adore, tout comme son merveilleux petit garçon Tyler. Et elle attend son deuxième enfant. Quand l’éminent Dr Malik et sa famille emménagent audessus de chez eux, Emma va commencer sa descente aux enfers… Quels sont ces cris de fillette étranges, venus d’en haut, qui résonnent au coeur de la nuit ? Est-ce cela qui perturbe Tyler au point de rendre son comportement si inquiétant ? Et pourquoi Sam devient-il soudain si froid et distant ? Est-ce lié à la présence de Suzanne, la belle assistante du Dr Malik ? Alors que l’existence sereine d’Emma se lézarde peu à peu, un drame brutal va tout faire voler en éclats...

 

Reçus en partenariat :

- Le pavillon des cancéreux de Soljenitsyne avec le site Livraddict

En 1955, au début de la déstalinisation, Alexandre Soljenitsyne est exilé dans un village du Kazakhstan, après huit ans de goulag. Il apprend alors qu'il est atteint d'un mal inexorable dont le nom seul est un objet de terreur. Miraculeusement épargné, il entreprendra quelques années plus tard le récit de cette expérience. Au 'Pavillon des cancéreux', quelques hommes, alités, souffrent d'un mal que l'on dit incurable. Bien que voisins de lit, Roussanov et Kostoglotov ne se parlent pas. Pour l'un, haut fonctionnaire, la réussite sociale vaut bien quelques concessions. Pour l'autre, Kostoglotov, seule compte la dignité humaine. Pour ces êtres en sursis, mais également pour Zoé la naïve, Assia la sensuelle, Vadim le passionné, c'est le sens même de leur vie qui devient le véritable enjeu de leur lutte contre la mort.

 

- La petite fille qui aimait la lumière de Cyril Massarotto avec le site Livraddict

Lu et chroniqué ici

 

- Comme personne de Hugo Hamilton avec le site Partage Lecture

L'Allemagne nazie vit ses derniers jours.
Maria fuit la capitale, tombeau de son fils Gregor. Dans la foule des réfugiés, sa main saisit celle d'un petit garçon : elle nommera l'orphelin du nom de son enfant défunt. Cet héritage va hanter le garçon sa vie durant et le jeter sur les routes de l'Europe. Persuadé d'être juif, il quitte sa famille adoptive, en quête de ses véritables origines...

 

Achetés en librairie :

- Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos que je voulais lire pour le Book Club de Livraddict mais je n'aurai pas le temps 

 

- Le voyage d'Anna Blume de Paul Auster

De ce "pays des choses dernières" où elle tente de survivre au froid et au désespoir, Anna Blume - venue chercher son frère disparu - écrit une longue lettre dont on ne sait si elle trouvera jamais son destinataire : ses errances dans une ville aux rues éventrées, sa lutte pour subsister parmi les "chasseurs d'objets" et les "ramasseurs d'ordures", la mort omniprésente, la difficulté de vivre des amours durables... revêtent ici une force symbolique d'une actualité étonnante. Et cette lettre, en même temps qu'elle éveille en lui un passé de terreurs et d'apocalypse, interroge insidieusement le lecteur sur son rapport au monde et au langage.

 

- Seul dans le noir de Paul Auster

Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 15:23

Aujourd'hui, je suis très contente car j'ai été taguée pour la toute première fois. Et c'est à Marie que je le dois, je la remercie donc chaleureusement ! ça me touche beaucoup et me fait très plaisir qu'elle ait pu penser à moi.

C'est donc avec un grand plaisir que je me suis pliée au jeu. Alors si j'étais :

 

1. Un peintre

Ce serait sans hésitation Anne-Louis Girodet et j'aurais adoré peindre ce tableau Le sommeil d'Endymion :

Girodet-Anne-Louis-Le-Sommeil-dEndymion

 

2. Un film

V for Vendetta

 

3. Un personnage de fiction

Edmond Dantès

 

4. Un personnage historique

J'aurais répondu volontiers Alexandre Le Grand mais je suis quand même loin d'avoir sa personnalité alors je dirais que le personnage historique me ressemblant le plus est Turgot.

turgot.jpg

 

5. Une ville

Je ne vais pas être très originale mais je dirais Rome car j'adore l'Italie et Rome est vraiment une ville magique.

 

6. Une gourmandise

Des profiteroles au chocolat ! miam !

profiterolles.jpg

 

7. Une couleur

Le rose

 

8. Une chanson


 

9. Une qualité

L'empathie

 

10. Un défaut

La jalousie (en amour)

 

Voilà, pas si facile en fin de compte ... Donc si j'ai bien compris le principe, c'est à mon tour de taguer des copines en modifiant des questions.

Je vais donc demander à pomm, joanna, poisonauchocolat, misss-bouquins et Anne de réfléchir à si elles étaient:

un film, une chanson, un personnage historique, un écrivain, un animal, un pays, un arbre, un dieu grec, un monument, un défaut.

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 11:46

la-petite-fille.jpg4ème de couverture :

 

Barricadé dans sa maison au coeur d’une ville déserte, un vieil homme prend des risques fous pour recueillir une petite fille blessée.
L’enfant ne parle pas, elle ne prononce qu’un mot : Lumière, elle qui a si peur du noir. Alors le vieillard parle, il lui raconte la beauté de la vie d’avant, les petites joies du quotidien, son espoir qu’on vienne les délivrer. Il lui enseigne la possibilité d’un avenir, quand elle lui offre
de savourer le présent.
Cyril Massarotto explore avec toute la finesse et la profondeur à laquelle il nous a accoutumés depuis son premier livre, Dieu est un pote à moi, la relation filiale qui se noue entre ces deux êtres que tout oppose.

 

 

Mon avis :

 

Je ne connaissais pas Cyril Massarotto et ce roman fut donc ma première approche de cet auteur. Je partais alors sans aucune idée de ce qui m’attendait m’étant interdit de lire les critiques de ces précédents romans. Je voulais pouvoir me faire ma propre opinion sans aucune influence extérieure. Et je suis sortie de ma lecture les yeux brillants de bonheur et de larmes d’émotion.

 

La petite fille qui aimait la lumière n’est pas que le simple récit de la relation entre un vieil homme et une petite fille si différents et qui apprennent l’un de l’autre. C’est aussi un véritable petit bijou de tendresse, d’humour, de suspense, de peur, de tristesse, bref … un concentré d’émotions qui ne peut vraiment pas laisser indifférent.

Tout d’abord, Cyril Massarotto a choisi de placer son intrigue dans un contexte sombre et intriguant qui n’est pas sans rappeler celui de Je suis une légende. Nous sommes dans une ville morte, en pleine guerre, la population a été massacrée par un ennemi inconnu mais barbare et sanguinaire nommé Les autres. Ces autres rôdent toujours et le climat est à la peur et la crainte constantes à tel point que le vieil homme « Monsieur Papi » vit reclus dans sa maison de laquelle il ne sort jamais sauf pour sauver une petite fille blessée qui gît devant sa porte. Il prend alors conscience qu’il n’est pas le seul survivant et reprend espoir grâce à cette petite fille et à son poste radio duquel il guette les moindres grésillements.

A travers cette histoire de la relation entre ces deux êtres qui se découvrent et apprennent l’un de l’autre, Cyril Massarotto aborde nombre de thèmes comme la vieillesse, l’attachement familial, l’instinct de survie et s’interroge sur la capacité humaine à faire le mal : lorsque l’on tue même pour se défendre ne devient-on pas comme n’importe quel autre meurtrier ? N’y laisse-t-on pas une part de notre humanité ?

 

Cyril Massarotto nous rappelle aussi à quel point nous avons de la chance de ne manquer de rien. Il est vrai que ma génération et celle de mes parents n’ont pas connu la guerre, et nous avons la chance de vivre dans un pays en paix, nous ne savons pas ce que c’est que de manquer de choses aussi vitales que la nourriture, la possibilité de se laver rien qu’en tournant un robinet, nous ne savons ce que c’est que de vivre dans la peur. Et ce genre de piqûre de rappel ne fait jamais de mal. La liste des choses à faire par Lumière après la guerre nous fait prendre conscience aussi que le bonheur se trouve dans des petits plaisirs que l’on estime insignifiants sur le moment mais pourtant tellement importants.

J’ai aussi ri à certains passages assez cocasses et à certaines évocations de situation qui m’ont rappelé des souvenirs d’enfance. Le passage sur le biscuit trempé dans la chocolat m’a beaucoup émue. Ça peut paraître idiot mais j’ai adoré me remémorer mes petit-déjeuners « trempette » avec mes tentatives désespérées de récupérer mon biscuit (le fameux C…-C…) complètement délité dans mon lait.

 

Bref, j’ai beaucoup aimé cette diversité de sentiments, le tout raconté d’une plume légère et fluide. J’ai pris un énorme plaisir à cette lecture que j’ai trouvée non seulement intelligente mais fraîche et pleine d’espoir. Un joli coup de cœur pour moi.

Et une dernière remarque juste pour dire que j'ai trouvé la couverture très jolie et elle reflète parfaitement mon ressenti global sur ce livre.

J’ai prévu de continuer ma découverte des romans de cet auteur et j’espère y retrouver ce bonheur de lecture.

 

Je remercie infiniment le site Livraddict ainsi que les Editions XO pour m’avoir offert ce partenariat et permis cette très belle découverte.

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 11:05

La-nuit-de-l-oracle-copie-1.jpg

Quatrième de couverture :

 

Après un long séjour à l'hôpital, l'écrivain Sidney Orr est de retour chez lui. Toujours aussi amoureux de sa femme Grace, il reprend lentement goût à la vie. Mais il est accablé par l'ampleur de ses dettes et par l'angoisse de ne plus jamais retrouver l'inspiration. Un matin, alors qu'il fait quelques pas dans son quartier, il découvre une toute nouvelle papeterie, au charme irrésistible. Sidney entre, attiré par un étrange carnet bleu. Le soir même, presque dans un état second, Sidney commence à écrire dans le carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu'il devine où elle va le conduire. Ni que le réel lui réserve de plus dangereuses surprises... Virtuosité, puissance narrative, défi réciproque de l'improvisation et de la maîtrise, La Nuit de l'oracle précipite le lecteur au cœur des obsessions austériennes, dans un face à face entre fiction et destin. Comme si l'imaginaire n'était rien d'autre que le déroulement du temps avant la mort. Ou pire encore, son origine.

 

 

Mon avis :

 

Après avoir été totalement conquise par La Trilogie New-Yorkaise, j’avais hâte de renouer avec Paul Auster pour vérifier si je retrouvais mes sensations et mon plaisir à sa lecture.

Eh bien ce fût le cas avec La Nuit de l’Oracle.

 

Voilà encore un récit à la construction étonnante que je n’essaierai même pas de résumer.

Paul Auster a ce don incroyable de balader son lecteur à sa convenance l’emmenant dans une direction pour mieux le bousculer et l’envoyer valdinguer dans une autre.

Ici encore je me suis posée des tas de questions qui sont restées sans réponse. Auster parvient avec un talent fou à semer la zizanie dans l’esprit de son lecteur. Tout d’abord grâce à l’utilisation habile de la mise en abîme multiple. La Nuit de l’Oracle raconte l’histoire d’un écrivain qui nous raconte l’histoire d’un éditeur qui lit un livre, bref on se retrouve avec trois histoires imbriquées avec des similitudes volontaires entre les personnages au point qu’on en arrive à ne plus savoir dans quel récit on se trouve ! On retrouve là un procédé de Paul Auster qui, comme son narrateur, aime s’inspirer de lui-même pour créer ses personnages. (On retrouve d’ailleurs encore un anagramme de son nom …)

 

Le récit est truffé d’éléments étonnants qui éveillent la curiosité du lecteur créant ainsi une forme de suspense. Mais tout comme dans La Trilogie, pas d’issues, pas d’explications. Le lecteur ne peut que se contenter des fruits de ses suppositions et de son imagination. Je pourrais vous exposer les miens ici mais je n’en ferai rien car d’une part ce serait vous dévoiler des tas d’éléments essentiels qui, ainsi sortis de leur contexte, n’auraient non seulement pour vous aucune signification mais vous gâcherait l’effet de surprise, et d’autre part pourraient influencer votre propre interprétation de ce livre.

 

Je peux toutefois vous informer qu’on retrouve ici un thème cher à Auster qui est la notion de hasard. Selon lui, les évènements de la vie ne surviennent que par hasard et notre vie ne tient donc qu’à un fil. Je me demande aussi si Auster n’a pas vécu un accident sévère au cours de sa vie, peut-être est-il passé près de la mort car ce thème réapparaît assez souvent aussi. On ressent beaucoup son côté humain à travers l’évocation des camps de la mort et d’un fait divers concernant un bébé qui amène le narrateur à verser des larmes. La mort d’un bébé revient souvent dans le récit ( à 3 reprises ) est-ce du vécu aussi ?

 

Paul Auster décrit également très bien les questionnements relatifs au métier d’écrivain, l’inspiration subite qui permet à l’auteur d’écrire dans une totale frénésie jusqu’au blocage, la situation où l’écrivain se retrouve confronté à un obstacle qu’il ne sait pas comment résoudre. J’ai été intriguée aussi par cette notion de mots « qui tuent ». Lorsqu’un écrivain couche certaines pensées sur le papier, sont-elles amenées à se réaliser dans la réalité ? L’écrivain serait-il une sorte de medium ? J’ai lu que les horoscopes et autres prédictions de l’avenir pouvaient se révéler justes car ces prédictions conditionnent la personne et, par effet de suggestion, la poussent à agir de façon à ce que ces prédictions deviennent réalité. Serait-ce la même chose pour un écrivain ?

 

En dehors de tout ceci, j’ai retrouvé aussi cet objet récurrent dans l’œuvre de Paul Auster qu’est le carnet. Rouge dans La Trilogie, il est bleu dans La Nuit de l’Oracle. Pourtant une scène m’a surprise (et peut-être qu’encore une fois c’est mon imagination qui s’emballe) : le narrateur se bagarre avec un libraire car il souhaite absolument acheter un carnet rouge ( le dernier en magasin) mais le libraire refuse obstinément prétextant que le carnet rouge a déjà été réservé pour une autre personne. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que cette personne en question était le narrateur de La Trilogie

 

Ce n’était donc que ma deuxième rencontre avec Paul Auster mais à force de recherches sur lui je commence à mieux le saisir. Toujours est-il que je meurs d’envie de poursuivre ma découverte de son œuvre et qui sait … peut-être faire la connaissance d’un éventuel propriétaire de carnet vert ?

A ce propos, j’ai l’impression qu’Auster attache beaucoup d’importance aux couleurs. Je pense aux carnets mais aussi aux noms de ses personnages dans la Trilogie. Serait-ce par effet de contraste avec la grisaille du béton new-yorkais ?

Bref, comme vous voyez, cet auteur et son oeuvre m’intriguent énormément.

Je crois que je vais aller faire un tour à la librairie moi …

 

logoauster

 

Cette lecture entre dans le cadre du challenge Paul Auster de mrs pepys

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 18:21

IMM

 

Oui je sais, ça faisait longtemps mais j'avais bien dit que ces rendez-vous ne seraient pas réguliers ...

Donc nous revoilà pour faire le bilan des acquisitions de ces 4 dernières semaines.

Seulement 5 livres au compteur, en 4 semaines, je suis quand même très raisonnable. Pourvu que ça dure !

Donc voici mes bébés du mois :

 

imm3.JPG

 

- Une île au coeur du monde de Michael O'Brien, reçu en partenariat avec le site des Agents Littéraires

  Lu et chroniqué ici

 

- El Sexto de José Maria Arguedas, reçu en partenariat avec Newsbook

  Lu et chroniqué ici

 

- L'insu de Pierre Sauvanet, essai philosophique reçu en partenariat avec Newsbook

  En cours de lecture

 

Et achetés :

 

- Birmane de Christophe Ono-dit-Biot

Décidé à changer le cours de sa vie, un jeune homme s’envole pour le pays de tous ses fantasmes avec un projet fou : décrocher l’interview du plus grand trafiquant d’opium de tous les temps. Un scoop sans prix.
Double problème : César est un amateur, et la Birmanie une dictature.
À Rangoon, où la paranoïa le dispute à la moiteur tropicale, il rencontre une jeune femme au charme trouble. Médecin humanitaire passionnée et déterminée, elle se montre parfois mélancolique, lointaine… Fasciné, il en tombe amoureux.
En lui venant en aide, elle va le faire plonger au cœur d’un pays où tous ses repères volent en éclats. Jusqu’à le mettre sur le chemin d’une figure mythique de la rébellion politique réfugiée dans la jungle : la Femme-Tigre.
De la jeunesse dorée de Rangoon aux ethnies du Triangle d’Or, des villages lacustres du lac Inle à la vallée des Rubis, voici l’itinéraire aventureux d’un héros de notre temps. En quête d’amour et d’absolu dans le pays le plus fermé, le plus enivrant, le plus sensuel de toute l’Asie.

 

- La Part de l'Autre de Eric-Emmanuel Schmitt

 

Voilà encore de belles lectures en perspective.

Bonne semaine à toutes et tous et bonnes lectures !

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 12:50

el-sexto.jpg4ème de couverture :

 

Le jeune Gabriel est incarcéré au pénitencier El Sexto, au centre de Lima, dans le cadre de la répression des mouvements d’opposition étudiants. Là, il va rencontrer des représentants des partis politiques qui luttent contre le pouvoir despotique. Il découvre les hiérarchies de la prison, où en fonction des étages se côtoient en haut les politiques, puis les droits communs et les délinquants sexuels, et enfin, au rez-de-chaussée, les clochards. Les politiques se divisent entre partisans de l’APRA (de gauche) et communistes, considérés comme “vendus à l’étranger”.

Les droits communs font régner leur loi, distribuent la drogue et forcent les homosexuels à la prostitution. Les maîtres de cet infra-monde, Estafilade, Maravi et Rosita, l’homosexuel à la voix d’ange, luttent pour le pouvoir,  s’affrontent à mort, ce qui révèle la totale malhonnêteté des autorités légales.

 

Jose-Maria-Arguedas.jpgCe roman a été inspiré à l’auteur par son expérience de la prison politique en 1938. J. M. Arguedas avait manifesté en 1938 contre l’arrivée à Lima d’un représentant de Mussolini. Il définit El Sexto comme, à la fois, une école du vice et une école de la générosité.

Un grand classique de la littérature latino-américaine.

 

Né en 1911, José Maria Arguedas s'est suicidé en 1969 d'une balle dans la tête dans les toilettes de l'université où il enseignait. Il était l'une des figures majeures du mouvement indigéniste latino-américain, un écrivain connu pour son engagement politique et ses prises de position.

 


Mon avis :

 

Il ne faut pas lire ce roman comme on lirait n’importe quel autre roman. Celui-ci est un parfait spécimen de la littérature engagée et il faut s’y plonger en ayant bien à l’esprit le contexte politique au Pérou dans les années 30 et aussi le vécu de l’auteur.

José Maria Arguedas dénonce dans El Sexto la dictature de Benavides caché dans le roman derrière le personnage du « Général ».

 

El_Sexto_-_Lima.jpgEl Sexto était un centre pénitencier situé au cœur de Lima, il n’existe plus à présent et on trouve à son emplacement un hôtel de luxe. Une idée plutôt de mauvais goût lorsqu’on découvre avec horreur les conditions dans lesquelles étaient enfermés les prisonniers d’El Sexto.

Les prisonniers politiques y côtoient les prisonniers de droit commun selon une hiérarchie stricte. Chaque catégorie a son étage et les relations entre ces étages sont évitées au maximum. Celui qui enfreint les règles s’expose à la colère de ses co-détenus et à d’éventuelles représailles. Ce dont Gabriel, le personnage principal, fait l’expérience. Car Gabriel est, à l’instar d’une poignée d’autres prisonniers, un électron libre. Il ne s’identifie à aucun parti et passe pour un petit bourgeois idéaliste et trop sentimental.

 

On retrouve à l’intérieur de la prison une sorte de reproduction de la société péruvienne de l’époque que ce soit sur le plan politique ou sur le plan social. On trouve le tyran et ses partisans, ici Estafilade et ses sbires, et les deux principaux partis qui s’opposent : l’APRA dont la doctrine n’est pas clairement définie et est soupçonnée de marcher main dans la main avec les dirigeants mais prétend revendiquer un Pérou libre débarrassé des « gringos » qui exploitent le peuple et le laissent vivre dans la misère, et le parti communiste qui souhaite lui aussi libérer le peuple de l’oppression impérialiste mais qui est accusé par les apristes d’œuvrer pour le compte d’autres impérialistes étrangers que sont les russes.

Le roman s’attarde donc sur les conflits entre les deux partis mais montre en même temps leur possible entente face à un objectif commun : éliminer le tyran. Je dis bien « possible entente » car ces deux forces en présence peuvent aussi malheureusement se neutraliser l’une l’autre. La solution peut alors venir d’ailleurs.

 

En lisant El Sexto, on est nous aussi enfermé dans cette prison. J’ai suffoqué en même temps que ces occupants et été dégoûtée par certaines scènes surtout quand on réalise que c’est du vécu et que ça se passait donc réellement comme ça. On assiste à la déchéance totale de l’être humain, de sa réduction à l’état de bête et même pire encore si c’est possible. J’ai été révoltée par tant d’injustice, par le cas de cet homme emprisonné uniquement par jalousie, de ce petit garçon accusé à tort de vol par sa patronne et de me rendre compte à quel point l’arbitraire règne. Les « autorités carcérales » ferment les yeux sur tout ce qui se passe à l’intérieur, excepté quelques gardes. Ouf ! Un soupçon d’humanité dans cet enfer !

 

Je ne m’amuserai pas à critiquer le style ni à étudier les personnages car ce n’est vraiment pas là le plus important dans ce roman. Je l’ai lu comme j’aurais lu le J’accuse de Zola. El Sexto est un cri de révolte poignant. Ignoré à sa sortie par les critiques et les intellectuels, il a circulé au sein de la population et est devenu un symbole de la littérature péruvienne et indéniablement un lieu de mémoire du patrimoine culturel péruvien.

Moi qui ne connaissait absolument rien à l’Histoire du Pérou, j’ai beaucoup appris grâce à ce livre.

A découvrir donc absolument.

 

Je remercie infiniment le site Newsbook et les Editions Métailié pour m'avoir offert ce partenariat.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 14:43

Cet-instant-là-Douglas-KennedyQuatrième de couverture :

 

Écrivain New-yorkais, la cinquantaine, Thomas Nesbitt reçoit à quelques jours d'intervalle deux missives qui vont ébranler sa vie : les papiers de son divorce et un paquet posté d'Allemagne par un certain Johannes Dussmann. Les souvenirs remontent...
Parti à Berlin en pleine guerre froide afin d'écrire un récit de voyage, Thomas arrondit ses fins de mois en travaillant pour une radio de propagande américaine. C'est là qu'il rencontre Petra. Entre l'Américain sans attaches et l'Allemande réfugiée à l'Ouest, c'est le coup de foudre.
Et Petra raconte son histoire, une histoire douloureuse et ordinaire dans une ville soumise à l'horreur totalitaire. Thomas est bouleversé. Pour la première fois, il envisage la possibilité d'un amour vrai, absolu.
Mais bientôt se produit l'impensable et Thomas va devoir choisir. Un choix impossible qui fera basculer à jamais le destin des amants.
Aujourd'hui, vingt-cinq ans plus tard, Thomas est-il prêt à affronter toute la vérité ?

 

 


Mon avis :

 

C’était ma toute première rencontre avec Douglas Kennedy et j’en ressors mitigée.

C’était certes une lecture très agréable, divertissante et émouvante mais je reste sur ma faim.

Le cadre géographico-historique m’intéressait particulièrement, et bien que j’ai apprécié cette immersion dans le Berlin des années 80 en pleine guerre froide, j’ai trouvé que l’auteur tombait justement dans les travers qu’on reproche à son personnage : il nous sert des clichés que l’on connaît déjà par cœur. Je pensais donc en apprendre plus sur la vie dans le Berlin-Est mais mes attentes ont été déçues.

 

Sur l’histoire en général, j’ai été emballée au début puis ça traîne en longueur et ça vire au roman à l’eau de rose . J’ai quand même poursuivi ma lecture. Je pensais avoir bien fait lorsqu’au détour d’une page, on apprend un élément important. Mais finalement, tout l’effet tombe à l’eau tant l’issue est attendue et sans surprise.

 

Les personnages principaux sont également assez « plats », beaux, intelligents et cultivés tous les deux, il ne manque plus que la richesse et on a les caricatures des séries B américaines. On a donc Thomas Nesbitt, le narrateur, écrivain-voyageur traumatisé par le modèle du couple parental et qui fuit donc toute forme d’engagement jusqu’à ce qu’il rencontre la belle Petra allemande de l’Est persécutée injustement par la Stasi et exilée à l’Ouest.

Parmi les personnages secondaires, seul le personnage d’Alastair est attachant et bien campé même s’il tombe aussi dans le caricatural : l’artiste écorché vif, drogué et homosexuel … quelle originalité …

 

J’ai relevé aussi quelques incohérences (et ça je ne supporte pas …) et je n’ai pas aimé les répétitions, certes obligatoires puisque l’auteur veut nous présenter les deux points de vue séparés des personnages. Ce procédé pour un film peut donner un très bon résultat mais pour un roman je trouve ça pesant et pénible.

Pour ce qui est de la « morale » de l’histoire qui, si j’ai bien compris, est de savoir saisir l’instant lorsqu’il se présente, je dirais qu’on est tous confrontés à des choix dans notre vie et qu’on ne fait pas toujours les bons. La vie est ainsi faite. Il faut savoir poursuivre sa route et laisser son passé derrière.

 

Donc voilà, j’ai un sentiment de « recette toute faite » sans aucune touche d’originalité. Je reconnais tout de même que c’est bien écrit et que j’ai passé un bon moment malgré tout. Mais ce roman ne restera pas dans ma mémoire et je ne pense pas que je renouvellerai l’expérience Douglas Kennedy.

 

Je remercie le site Babelio et les Editions Belfond qui m’ont offert ce partenariat.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 12:43

findley-2-pilgrim.jpg4ème de couverture :

 

17 avril 1912 : deux nuits après le naufrage du Titanic, un homme du nom de Pilgrim, auteur d'un livre fameux sur Léonard de Vinci, se pend dans son jardin à Londres. Il est retrouvé le lendemain et l'attestation de son décès est signée par deux médecins. Cinq heures plus tard, son cœur recommence à battre. La mort a refusé Pilgrim.

Réfugié dans le mutisme, Pilgrim est interné à la clinique psychiatrique Burghölzli de Zurich où l'un des médecins, Carl Gustav Jung, est immédiatement fasciné par ce cas hors du commun. Pilgrim, qui dit avoir vécu plusieurs vies, côtoyé Léonard de Vinci, sainte Thérèse d'Avila et participé à la construction de la cathédrale de Chartres, est-il un malade mythomane, un rêveur de génie ou la victime d'une étrange malédiction?

Un roman ambitieux, fantastique, métaphysique, dans lequel apparaissent Henry James, Oscar Wilde, Monna Lisa... Un roman d'une construction brillante et hardie, à l'écriture jubilatoire.

 

Mon avis :

 

 Avec une 4ème de couverture aussi alléchante, je me suis jetée sur ce livre avec la ferme intention de n’en faire qu’une bouchée et …

Bon … j’ai eu un peu la même impression que lorsqu’au restaurant on vous apporte un plat différent de celui que vous aviez commandé.

Mais t’as bien aimé quand même avoue-le. La preuve tu l’as mangé ton plat.

Tais-toi . Je voulais donc une histoire de fous, je ne l’ai pas eue. On m’a servi un roman fantastique à la place.

Certains ont dit que l’intérêt de ce livre était la façon dont l’auteur jouait sur les deux tableaux pour nous faire douter : Pilgrim est-il fou ou vraiment immortel comme il le prétend ?

Eh bien moi je trouve que justement, Timothy Findley ne parvient pas du tout à garder le suspense. Mais peut-être n’était-ce pas son intention ? Je ne sais pas. Toujours est-il que je n’ai pas cru une seconde à une éventuelle folie furieuse de Pilgrim et c’est bien à cause de ça que je ressors de ma lecture avec un arrière-goût amer dans la bouche.

Arrête, t’as quand même douté parfois !

Oui bon … c’est vrai qu’on est amené à se poser la question mais il y a tellement d’éléments qui prouvent qu’il est vraiment immortel que finalement l’effet tombe à l’eau.

Malgré tout, je dois reconnaître que l’idée de base est très originale tout comme la construction du récit et les personnages. On y retrouve Jung en personne, Léonard de Vinci, Thérèse d’Avila …

Thérèse d’Avila t’a bien saoulée n’empêche.

Mais tais-toi bon sang ! Ok, il y a quelques longueurs et je me suis parfois ennuyée mais c’était tout de même intéressant. Le récit alterne entre différents points de vue, celui de Pilgrim, celui de Jung son médecin, et le journal intime de Pilgrim qui nous relate ses différentes vies antérieures.

Finalement, j’ai trouvé le personnage de Jung bien plus intéressant que son patient. Je ne sais pas jusqu’à quel point l’auteur s’est inspiré du véritable Jung et donc si les traits de caractère qu’il dépeint sont exacts ou pas, toujours est-il qu’il en fait un personnage vraiment antipathique et lui aussi à la limite de la folie. Et là, j’ai eu ma petite compensation.

Oui t’aimes bien les fous toi, surtout quand ils se parlent à eux-mêmes comme tu le fais là.

Laisse-moi écrire ma chronique merde !

Elle est nulle ta chronique, ça prouve bien que t’as pas aimé finalement.

Tu te contredis toi-même ma pauvre. Tu disais tout à l’heure que j’avais aimé quand même et là tu dis que je n’ai pas aimé. Faut savoir.

C’est toi qui es perturbée dans ta tête. Je n’y suis pour rien moi. Alors t’as aimé ou pas aimé ?

J’en sais trop rien …

En fin de compte c’est toi la folle dans l’histoire.

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 12:21

une île au coeur du monde4ème de couverture :

 

Josip Lasta naît en 1933 dans les Balkans. En pleine Seconde Guerre mondiale, les montagnes yougoslaves sont le théâtre d’affrontements terribles impliquant les armées allemandes et italiennes d’occupation et les forces rebelles (oustachis, tchetniks, partisans communistes). Les habitants des Balkans sont à la frontière de trois mondes : le monde islamique, le monde slave orthodoxe et l’Europe catholique. Ici, les conflits ne sont pas seulement géopolitiques mais aussi spirituels et religieux. Comment garder son identité et son humanité dans des conditions déshumanisantes ? Josip qui mourra dans la première décennie du XXIe siècle verra son monde s’effondrer, traversera des épreuves cruelles et trouvera le chemin d’une véritable résurrection. Le souffle épique de Michael O’Brien donne à ce roman une portée universelle, inondé qu’il est par une éclatante lumière.

 

Mon avis :

 

C’est un gros pavé de 828 pages que voilà et j’avoue que j’en appréhendais fortement la lecture surtout après avoir lu certaines critiques plutôt acerbes.

Mais mes craintes se sont peu à peu volatilisées.

La première concernait le style. Mais j’ai été rapidement rassurée. Michaël O’Brien fait de belles phrases bien construites. La qualité de la traduction doit y être pour beaucoup mais voilà j’ai trouvé que c’était écrit dans une belle langue à la syntaxe rigoureuse. Ici, pas d’effets de style pour en mettre plein la vue. Non. Simplement un beau texte.

 

Sur le fond, l’histoire est passionnante et émouvante. On suit Josip de son enfance à sa mort. On l’accompagne tout au long de sa pénible vie, victime des guerres entre les différentes factions il perd sa famille puis victime du régime de Tito, il connaît la torture, la prison et enfin l’exil. Mais autant vous prévenir, ceux qui s’attendent à un récit témoignage ou à une sorte de documentaire romancé seront déçus. Bien qu’on ait à travers ce roman un aperçu des crimes et horreurs qu’ a connu la Yougoslavie et bien que j’ai appris pas mal de choses, je ne crois pas que ce soit le contexte qui fasse l’essentiel de ce roman.

 

Selon moi, Une île au cœur du monde est un roman philosophique et un roman d’apprentissage. La notion d’identité est au cœur de ce récit. L’importance des origines est rappelée à travers de nombreuses évocations de L’Odyssée d’Homère. Ainsi, tel Ulysse, Josip cherche tout au long de sa vie à rentrer chez lui mais lorsque je dis « chez lui » ce n’est pas uniquement au sens matériel mais plutôt au sens spirituel. Bien d’autres thèmes comme l’art, la culture , les souvenirs, la perception que l’on a du monde, sont portés à la réflexion du lecteur à travers de nombreux dialogues d’ordre philosophique. J’avoue même avoir été un peu perdue par endroits. L’omniprésence du cadre religieux m’a un peu gênée aussi même s’il est indispensable car participant pleinement du processus de découverte du Moi de Josip, de sa lutte contre sa volonté de vengeance et de sa lente reconstruction après tant de souffrances.

Certains passages sont vraiment poignants, j'ai adoré celui où Josip est interrogé par la police et où il leur répond avec philosophie les faisant ainsi passer pour des idiots. J'ai été marquée par  tout le passage sur son incarcération sur l'ile de Goli Otok, ses échanges avec ses compagnons de cellule, la cruauté des gardiens (desquels il voudra se venger plus tard), le récit de son évasion. J'ai pleuré à d'autres moments de sa vie riches en émotions.

Néanmoins quelques passages semblent tirés par les cheveux, je pense notamment aux étonnantes coïncidences qui parsèment la vie de Josip. C’est un peu gros mais j’ai fini par passer outre et me laisser emporter par la beauté de l’histoire. Je pense également à certaines rencontres que fait Josip, des rencontres de personnes mystérieuses jouant le rôle de guides spirituels.

Les métaphores et les symboles sont également récurrents : les hirondelles, les dauphins, les oranges, le cheval et le cerf blanc, tout ceci me rappelant un peu Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Je n’en ai malheureusement pas toujours saisi le sens et j’ai donc cette désagréable impression de ne pas avoir pu comprendre pleinement la portée de ce livre. J’aurais beaucoup aimé pouvoir discuter avec l’auteur afin d’avoir ses éclaircissements.

Je disais que l’art était un thème important de ce roman. Josip est en effet poète, bien qu’il s’en défende au début. Le roman est donc régulièrement parsemé de poèmes. Les amateurs de poésie se régaleront je pense.

Josip attache également beaucoup d’importance à la mer ( rapport à L’Odyssée que son père lui a fait découvrir). La mer est ici symbole de liberté par opposition aux montagnes de Bosnie et de l’île montagneuse de Goli Otok symboles de l’enfermement, des obstacles et de la mort.

 

« Un homme est lui-même et pas un autre, dit Josip. C’est une île dans la mer de l’existence. Et chaque île est différente des autres. Les îles sont reliées car elles viennent de la mer qui coule entre elles. Elle les sépare et pourtant les unit, s’ils apprennent à nager. »

 

Une autre petite phrase que j’ai beaucoup aimée :

 

« Creusez assez profond, et nous sommes tous des rois, malgré nos haillons. »

 

J’aurais encore beaucoup à dire sur ce livre mais j’ai peur d’en dire trop et de tomber dans l’analyse de texte !

Pour conclure, je dirais que j’ai adoré ce roman, qu’il m’a marquée, émue. Je vais attendre un peu avant de me replonger dans un autre livre. Je n’ai pas envie de quitter Josip maintenant.

Alors certes la lecture peut sembler ardue mais il vaut vraiment la peine de faire un effort. Et puis, personnellement, je ne conçois pas la lecture comme un simple loisir. Pour moi, la lecture doit m’apprendre à réfléchir sur moi, sur le monde qui m’entoure. C’est pourquoi Une île au cœur du monde restera longtemps une île dans mon cœur à moi.

 

Je remercie infiniment Les agents littéraires ainsi que les Editions Salvator pour cette merveilleuse découverte et cette belle leçon sur la vie.

 

Un autre avis sur ce livre : celui de Kactusss qui a abandonné sa lecture.

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