Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 09:42

croissant

Ayant reçu le livre de Mohammed Aïssaoui en double exemplaire, Folio me propose de donner le 2ème au blogueur / à la blogueuse qui souhaiterait le lire et le chroniquer sur son blog.

Si vous êtes intéressé, laissez-moi un commentaire ou joignez-moi via le formulaire de contact sans oublier vos coordonnées.

Repost 0
Published by Aaliz
commenter cet article
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 22:19

croissant.jpgPourquoi n’y-a-t-il aucun arabe ou musulman de France ou du Maghreb parmi les Justes ?

Voilà la question que s’est posée Mohammed Aïssaoui et à laquelle il a tenté de répondre dans ce très court ouvrage.

Il s’intéresse alors à la figure de Si Kaddour Benghabrit fondateur de la Grande Mosquée de Paris, figure qui va lui servir de fil rouge durant toute son enquête. Car la légende prétend que la Grande Mosquée aurait servi à abriter plus de 1700 personnes durant cette période obscure de l’occupation allemande.

Documentaires vidéos, archives, témoignages sont les matériaux sur lesquels se base Mohammed Aïssaoui. Cela semble prometteur et pourtant … Les documentaires sont trop peu nombreux sur le sujet et n’ont pas suscité d’intérêt qui aurait permis des enquêtes plus approfondies. Pis ! Les témoins auxquels ils font référence sont aujourd’hui disparus. Il faut retrouver leur famille, des descendants, des proches susceptibles d’apporter leur pierre à l’édifice. Malheureusement, soit on ne trouve personne, soit elles ne savent rien, soit elles refusent de parler.

 

Petit à petit toutefois, Mohammed Aïssaoui glane quelques informations, quelques anecdotes, qui à défaut de prouver ce qui reste pour l’instant des rumeurs, montre que oui, Si Kaddour a aidé des juifs qui lui avaient demandé sa protection.

Par sa position de diplomate, l’homme avait le bras long et ses interventions ont été salutaires. Son entreprise de récupération de l’hôpital franco-musulman de Bobigny qui était tombé aux mains des allemands a permis de sauver nombre de gens. En effet, l’hôpital et son personnel était un maillon de la Résistance et ont délivré faux papiers et faux certificats permettant ainsi à plusieurs personnes d’échapper à la gestapo.

Mohammed Aïssaoui rencontre également des personnalités et c’est ainsi qu’il nous livre l’histoire des parents de Philippe Bouvard. On croise aussi celle du roi Mohammed V dont la volonté affichée de protéger la communauté juive de son royaume n’est plus à prouver. Et pourtant, aucune trace de lui parmi les Justes.

 

Pourquoi de tels « oublis » ? Et pourquoi ces réticences face à la démarche de Mohammed Aïssaoui ? Pourquoi cette minimisation de l’action de Si Kaddour par ses successeurs ? L’homme avait semble-t-il de nombreux détracteurs au point d’être accusé de collaboration.

Car, des arabes et des musulmans collabos, il y en a eu. Pour preuve la création de cette légion SS musulmane et de la Brigade nord-africaine très liée avec la Gestapo.

 

Voilà un petit livre utile qui m’aura appris beaucoup de choses encore une fois sur cette sombre période. Mohammed Aïssaoui rend bien compte de la difficulté du devoir de mémoire confronté à la progressive disparition des témoins, à cette obstination du silence, à ces sources qui se contredisent.

On ressort de la lecture aussi frustré que notre enquêteur. Tout comme lui, on espère trouver les preuves irréfutables, le témoin qui fera toute la lumière. Mais on doit se contenter de ce qu’on trouve.

Petit bémol : la présentation qui suit certes l’enquêteur au fil de ses rencontres mais donne une impression de fouillis. J’aurais aimé quelque chose de plus construit.

 

Merci à Lise et aux éditions Folio.

 

 

Repost 0
Published by Aaliz - dans Histoire
commenter cet article
18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 00:16

sorman.gifJusqu’à la Renaissance, aucune distinction n’était faite entre l’art et l’artisanat telle qu’elle est faite de nos jours. Aujourd’hui, la différence entre les deux nous paraît évidente. Pourtant Joy Sorman réussit dans ce très (trop) court roman à rendre aux métiers de la boucherie leurs lettres de noblesse surtout dans le contexte actuel où la consommation de viande est de plus en plus critiquée.

Bien entendu, si vous êtes un défenseur acharné du végétarisme, il va de soi que ce livre n’est pas pour vous et ne saura vous convaincre de la beauté de la viande et du travail de la viande.

Ceci dit, Pim, notre personnage principal, n’en était pas tout à fait convaincu non plus au départ. Et c’est un peu par hasard qu’il s’oriente lors de ses études vers la filière de la boucherie.

Il se découvre alors une passion, passion que Joy Sorman parvient à retranscrire d’une façon admirable. Une passion qui va d’ailleurs s’amplifiant et qui va mener Pim vers la folie.

 

Dans ce roman, on découvre les coulisses des métiers de la viande, de la ferme d’élevage en passant par l’abattoir, le marché de Rungis et les bancs de l’école de formation. Joy Sorman offre à son lecteur une véritable visite guidée jusque dans les détails et n’embellit rien.

Elle nous livre un texte remarquablement écrit. Le choix des mots, des tournures de phrase sonnent à chaque fois juste, certains passages sont presque poétiques, les descriptions parfois aussi minutieuses et colorées qu’une toile de peintre. Le travail de la viande devient sous sa plume un art à lui tout seul transformant Pim en artiste, ses gestes précis en ballet, les pièces de viande en dégradés de rouge.

Joy Sorman rend un bien bel hommage à ces métiers souvent méprisés et aussi à ces travailleurs des abattoirs à la besogne ingrate mais nécessaire.

De plus l’humour n’est pas absent de ce texte et le panache non plus.

 

Cependant, j’ai trouvé le roman trop court. J’en aurai voulu plus, j’aurais souhaité une histoire plus étoffée, plus fouillée. La fin m’a également déçue, je m’attendais à plus sensationnel. Pourtant c’est original et Joy Sorman évite de tomber dans la facilité. J’imaginais Pim virer psychopathe mais il n’en est rien et Joy Sorman sait ménager ses effets. On ne sait absolument pas jusqu’où la folie de Pim va évoluer, sa personnalité reste assez floue et énigmatique mais j’ai apprécié tout de même ce suspense et cette tension tout au long du récit.

 

En fait, ce récit me rappelle La leçon d’anatomie de Rembrandt, le sujet n’est certes pas très ragoûtant mais c’est du grand art. Et il en est un peu de même pour Comme une bête. Je souligne encore une fois le style de Joy Sorman qui m’a fait penser à celui de Patrick Deville en moins télégraphique.

Bref, j’ai aimé mais j’ai aussi été déçue. Ceci dit, je surveillerai à présent de près cet auteur.

 

Un grand merci à Lise et aux éditions Folio pour cette découverte.

 

 

lecon-anatomie-rembrandt.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 00:34

edgar.gifAvant de lire ce roman de Marc Dugain, j’avais une image très négative d’Edgar Hoover. Je le voyais comme un homme prêt à tout pour le pouvoir, un manipulateur sans foi ni loi, sans scrupules.

Je dois reconnaître qu’après ma lecture, j’ai du revoir mon jugement.

 

Dans La malédiction d’Edgar, Marc Dugain retrace la carrière d’Edgar Hoover à la tête du FBI, carrière débutée sous Roosevelt et terminée sous Nixon, voyant défiler les présidents là où il a su conserver son propre fauteuil durant toutes ses années.

Peut-être a-t-il pensé à viser lui-même la Maison Blanche mais il s’est vite rendu compte que le véritable pouvoir n’était pas dans les mains de l’occupant du bureau ovale.

 

J’ai finalement découvert un homme attaché à ses principes, à sa patrie, à ses idées et ses valeurs. Il avait une certaine conception de son pays et lui a consacré sa vie. Ses actions, décisions ou choix étaient principalement orientés vers un but : l’intérêt du pays, en tout cas, à ce qu’Edgar estimait bon pour son pays. Pour y parvenir, il a compris que sa place lui permettait de tirer toutes les ficelles nécessaires d’où son acharnement à la conserver.

 

« L’électeur nous laissera toujours le sale boulot. Il sait bien que là-haut les choses ne sont pas si claires. Mais il ne sait pas toujours à quel point. Quand il le découvre, il fait mine de s’en offusquer. Mais tant qu’il est devant son téléviseur avec une bière bon marché et qu’il y a de l’essence dans le réservoir de sa voiture, il est plutôt satisfait que d’autres fassent ce sale boulot à sa place. Il est comme tout le monde, pris entre le rêve et la réalité. Le rêve c’était Kennedy, mais notre pays n’avait pas les moyens de rêver plus longtemps. Il y a toujours eu deux types de personnes dans nos métiers. Ceux qui veulent se faire aimer et ceux qui s’en moquent. Edgar et moi avons fait partie de la deuxième catégorie. Le pouvoir au fond, c’est faire ce qui est dans l’intérêt de la nation et ne lui faire savoir que ce qu’elle peut entendre. »

 

Plus que l’histoire d’un homme, ce roman raconte aussi l’histoire des Etats-Unis mais du point de vue des hautes sphères : guerres mondiales, chasse aux sorcières et maccarthysme, guerre froide, crise de Cuba, assassinats des Kennedy etc… Le lecteur entre dans les coulisses, voit l’envers du décor : magouilles, écoutes illégales, dossiers et enquêtes sur tout le monde, entente avec la mafia, le véritable visage de la famille Kennedy …

 

« Dans le cercle du pouvoir, il n’y a aucun secret, seulement des types qui font semblant de ne pas savoir. »

 

« Faire de la politique, c’est se mettre bien avec ceux qui mènent le monde, ceux qui décident, ceux qui ont le pognon. Si tu veux les ignorer, il ne te reste plus qu’à conquérir le peuple avec des grandes idées. Mais quand tu l’as endormi avec des leçons de morale de merde, il faut que tu sois toi-même irréprochable, tu comprends ? »

 

L’histoire, la grande comme la petite, nous est narrée par le bras droit d’Edgar Hoover. Marc Dugain utilise le procédé du livre dans le livre. Son roman s’ouvre donc sur la mise en scène d’un homme chargé d’effectuer des recherches pour un film, il s’intéresse alors à un manuscrit dont l’authenticité n’est pas attestée : les Mémoires de Clyde Tolson, numéro deux du FBI, mémoires insérées dans le roman.

L’ennui c’est qu’à la fin de ma lecture, je m’attendais à retrouver cet homme mais le roman s’achève avec les Mémoires de Tolson. J’ai eu donc comme un léger goût d’inachevé.

 

Malgré ce petit bémol, j’ai beaucoup apprécié cette lecture qui permet de réviser l’Histoire contemporaine sous un angle différent. Le roman est richement documenté, Marc Dugain s’étant appuyé sur de la documentation d’époque et sur une solide bibliographie. Bien entendu, il faut garder à l’esprit que certaines révélations dans le roman restent de l’ordre de l’hypothèse et que le point de vue narratif choisi par l’auteur ne révèle que subjectivement et partiellement la personnalité de Hoover.

Et bien que ce dernier ait été une crapule misogyne, raciste et antisémite, le portrait qu’en fait Marc Dugain, forcément positif car vu par une personne qui l’admirait, le rend plus humain et presque sympathique. En tout cas, je ne le considère plus du tout de la même façon.

 

Repost 0
Published by Aaliz - dans Histoire
commenter cet article
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 14:30

Elinor m’a taguée ( et je la remercie d’avoir pensé à moi) et me demande quels sont les 10 livres qui ont marqué ma vie de lectrice. Par marquer, on entend aussi bien sous la forme de coups de cœur, que de déceptions, bref les 10 livres qui ont joué un rôle particulier dans notre vie et qui ont donc une place particulière dans notre mémoire. Il ne s’agit donc nullement d’effectuer un classement ou un top 10 de vos livres préférés.

 

 

Voici donc les 10 livres qui ont une place à part dans mon parcours littéraire :

 

 

1) C’est toi Fantômette de Georges Chaulet : c’est ce livre qui, petite, m’a amenée à la lecture. Après l’avoir lu, j’ai voulu lire tous les Fantômette que je trouvais. J’en ai des cartons remplis dans le grenier de mes parents …


2) L’Assommoir d’Emile Zola : mon tout premier classique. Lu en classe de seconde, j’avais adoré et il m’avait valu un 16 en commentaire de doc. Trop contente !


3) La Plage d’Alex Garland : qui n’a strictement rien à voir avec le film pour midinettes qui en a été tiré. Le roman est noir, sombre, à l’atmosphère glauque et oppressante. Une belle réflexion sur la vie en communauté. J’avais adoré ce livre lu à une période difficile de ma vie. Il m’a beaucoup aidée.


4) Les Rois Maudits de Maurice Druon : bien que historiquement critiquable, cette saga m’avait totalement emportée et m’a donné le goût de l’Histoire ( alors que je détestais cette matière à l’école). C’est d’ailleurs après cette lecture que j’ai repris des études et passé ma licence d’Histoire.


5) 1984 de George Orwell : lecture qui m’a fait comprendre pas mal de choses sur le pouvoir et la politique.


6) Le loup des steppes d’Hermann Hesse : parce que je m’étais alors rarement sentie aussi proche d’un personnage de roman.


7) La foire aux vanités de William Makepeace Thackeray : je vous renvoie à ma chronique pour le pourquoi.


8) Illusions perdues de Balzac : même chose que ci-dessus.


9) Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini : parce que j’ai rarement été aussi touchée et émue par un roman.


10) La Horde du Contrevent d’Alain Damasio : parce qu’il est grandiose tout simplement 

 

 

 

Il y en a encore plein d’autres mais il faut se restreindre à 10 donc voilà.

 

Je dois ensuite taguer 10 autres personnes à mon tour.

 

Alors j’aimerais bien connaître les 10 livres marquants de Jérôme, Agnès, A-Little-Bit-Dramatic, unchocolatdansmonroman, Floxy, Marie, Vivelaroseetlelilas, mesétagèresenfranglais, Alison Mossharty et Valérie.

 

Bien sûr, l’exercice n’a rien d’obligatoire !

Repost 0
Published by Aaliz
commenter cet article
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 09:31

le-seigneur-des-porcheries-24812-250-400-copie-1.jpgA tous les malchanceux, à tous les marginaux, les laissés-pour-compte, à tous les montrés du doigt, à tous les boucs-émissaires, toutes les têtes-de-turcs, à toutes les victimes de la bêtise et de la méchanceté humaine, ce livre est pour vous.

« Le temps est venu de tuer le veau gras et d’armer les justes. »

 

John Kaltenbrunner n’est pas un garçon comme les autres, c’est un solitaire qui vit dans son monde à lui. Intelligent, habile de ses mains et plein de ressources, John aurait pu réussir et aller loin mais c’était sans compter avec les habitants de Baker, la ville où il a grandi et vécu.

John est poursuivi par l’injustice et la stupidité de ses concitoyens mais il n’est pas du genre à se laisser faire. Alors il se révolte mais cela se retourne toujours contre lui. Il finit par écoper d’une peine de travaux forcés loin de chez lui. Sa peine purgée et plein de rancœur, il décide de retourner à Baker et de se venger. Il transforme alors la ville en un véritable « asile d’enfoirés » selon les propres termes du shériff.

 

Jouissif, jubilatoire, ce roman est une immense partie de plaisir. Je me suis véritablement régalée à suivre les aventures de John racontées par une personne tierce l’ayant côtoyé. Le procédé narratif employé par Tristan Egolf m’a rappelé celui utilisé dans le film « The Big Lebowski ». D’ailleurs, je verrais bien ce roman adapté au cinéma par les frères Coen.

 

Le portrait social que brosse Tristan Egolf est sans concessions, tout le monde en prend pour son grade, population raciste, habitants consanguins dégénérés, patrons exploiteurs, religieuses professionnelles de l’arnaque et du vol organisé, municipalité et services de police incapables et incompétents.

On entre dans le quotidien des usines d’abattoir aux conditions de travail abjectes ( ça m’a rappelé La Jungle d’Upton Sinclair) et dans celui d’une petite ville de comté à travers laquelle Egolf nous retrace une partie de l’histoire des USA à l’échelle locale.

Quant aux personnages, Tristan Egolf ne s’attarde pas à les décrire en détails. Aucun ne joue véritablement de rôle-clé si ce n’est John. Il reste pourtant un personnage mystérieux, dont on ignore véritablement les pensées et les intentions, ce qui le rend imprévisible, énigmatique. Tristan Egolf ne le dépeint qu’au travers de témoignages dont celui du narrateur qui, finalement, l’a très peu connu, faisant ainsi de son roman le récit d’une légende.

 

Le style est recherché tout en étant dans le ton, caustique, humoristique, hargneux. On passe tour à tour de l’indignation au fou rire et on ne peut s’empêcher de ressentir une immense satisfaction et jubilation de voir John prendre sa revanche sur tous ceux qui lui ont pourri la vie.

 

« Il se retourna vers le feu et annonça que, très bien, peut-être accéderait-il à sa demande absurde d’une discussion ouverte, en commençant par le fait qu’elle était la plus hypocrite péripatéticienne coprophile mâtinée de chienne en chaleur qu’il ait eu le malheur de croiser. Jamais, depuis le temps des cabarets clandestins à gin frelaté, aussi cupide maquerelle n’avait foulé les rues de Baker sous le masque d’une citoyenne respectueuse des lois. Elle était une imposture et une imbécile, et elle sous-estimait grossièrement son bon sens. L’entendre, elle, parler des créatures du Seigneur était encore plus écoeurant que l’exploitation éhontée du charpentier et de ses apôtres à laquelle se livrait son marlou prêcheur de révérend. Chacun savait que pour les catholiques Jésus était le fils de Marie, pour les baptistes il était le sauveur, pour les juifs il n’était rien, et pour les méthodistes il était une déduction fiscale. »

 

Récit sombre , plein de rage, de fougue, Le seigneur des porcheries est une sorte d’anti-conte de fées où tout est moche, dur, dégoûtant, injuste, immoral et sent mauvais. Mais comme le titre l’indique, ça n’empêche pas son héros d’être un grand seigneur.

Une belle grosse claque que ce livre et un personnage qui restera parmi mes préférés.

Repost 0
15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 10:32

33774510

 

Les présentations de mes dernières acquisitions vont se faire encore plus rares. J’ai reçu un gros coup dur financièrement (juste au moment des fêtes, super …) et il va falloir que je me serre bien la ceinture. C’est dans ces cas-là qu’on voit tout l’avantage qu’il y a à avoir une bonne grosse PAL et une bonne médiathèque à proximité.

En attendant, voici les petits nouveaux de ma bibliothèque personnelle auxquels il faut ajouter ( je l’ai oublié sur la photo ) 37°2 le matin de Philippe Djian récupéré dans le bac des dons à la médiathèque ( merci beaucoup à la personne qui s’en est séparé !).

 

IMM

 

  • La gifle de Christos Tsiolkas, Le village de l'allemand de Boualem Sansal et Terezin Plage de Morten Brask : trouvés à France Loisirs à des prix très intéressants donc je n'ai pas hésité.
  • Le feu d'Henri Barbusse : le centenaire de la guerre de 14 approchant, j'ai envie de lire quelques romans sur le sujet. Celui-ci est déjà lu à l'heure où j'écris ces lignes, il me reste à trouver la motivation pour écrire mon article.
  • Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell : parce que j'aime ces romans-témoignages de grands écrivains comme Orwell, Koestler ...
  • Hammerstein ou l'intransigeance de Hans Magnus Entzensberger : pour les mêmes raisons que ci-dessus
  • Lire Lolita à Téhéran de Azar Nafisi : prêté par Elinor qui m'a trop donné envie de le lire.
  • Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir : parce que je n'ai encore rien lu du Castor et qu'il est temps d'y remédier.
  • Quelle époque ! d'Anthony Trollope : je mourais d'envie de le lire depuis bien longtemps mais la précédente couverture était bien trop moche. Celle-ci me convenant mieux, j'ai fini par craquer.

Voilà. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année en espérant que papa Noël vous apportera plein de beaux livres.

 

Repost 0
Published by Aaliz - dans In my mailbox
commenter cet article
4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 12:14

couvnou.gifCeux qui me suivent connaissent mon intérêt et ma curiosité pour l’expérience communiste et ses dérives. Le cas de la Corée du Nord, exemple extrême encore d’actualité, m’intéresse particulièrement et lorsque j’ai entendu parler de cet ouvrage de Jean-Luc Coatalem, je me suis empressée de me le procurer. Une hâte bien inutile au regard de ce que j’ai pu retirer de cette lecture, c’est-à-dire pas grand chose.

 

Jean-Luc Coatalem est rédacteur en chef adjoint au magazine GEO. Pour la rédaction d’un article sur la Corée du Nord, il décide de s’embarquer à destination de l’autre pays du matin calme en se faisant passer pour un professionnel du tourisme. Cet ouvrage raconte son séjour, un séjour bien décevant puisque dès le pied posé sur le sol nord-coréen, Jean-Luc Coatalem et son compagnon de voyage sont immédiatement pris en charge par des agents du Parti chargés de les escorter en permanence.

 

Le séjour est programmé du début à la fin et nos deux voyageurs ne pourront voir que ce qu’on voudra bien leur montrer, et parfois même moyennant des sommes astronomiques. Discours formatés et propagandistes et visites artificielles et orchestrées uniquement à leur attention se suivent et se ressemblent. Le paysage morne, les paysans et villages décrépis et miséreux défilent derrière les vitres de leur voiture. Pas question de s’arrêter et de s’entretenir avec les autochtones. Tout contact avec les occidentaux leur sont interdits sous peine de sérieux ennuis. La recherche d’un minimum de confort est inutile, eau coupée, repas sautés ou, lorsqu’ils ont lieu, frugaux et douteux à l’extrême.

Bref, de l’aveu même de l’auteur, on apprendra rien de plus sur la Corée du Nord que l’on ne sache déjà.

 

« Et je m’interroge : pourquoi être venu au pays de la nuit noire ? Pour publier un « voyage » de quinze mille signes ? Afin de livrer quelle information sur cette région de frappés qui ne soit pas déjà connue ? A quoi je joue ? A me faire peur ? »

 

L’intérêt de l’ouvrage résidera donc plus dans les réactions et le comportement des voyageurs. Les tentatives de Jean-Luc Coatalem d’échapper à ses « gardiens » font sourire. « Monsieur Jean » est bien trop turbulent ! Son escapade au musée des Beaux-Arts est même plutôt amusante. En dehors donc des visites convenues et des rares fois où Monsieur Jean tente de se jouer de la surveillance de son escorte, c’est plutôt l’ennui qui règne. Un ennui que nos voyageurs tentent de combler par des moments de lecture que l’auteur nous fait partager. On a donc le droit à un magnifique spoiler intégral du roman Mardi de Melville. Je vous avoue que j’ai failli abandonner ma lecture et que je l’ai poursuivie en diagonale uniquement pour lire les passages relatifs à Mardi.

 

Pour le reste, la situation politique et économique de la Corée du Nord est brièvement traitée. Forme de l’ouvrage oblige, l’auteur ne nous épargne pas ses commentaires et réflexions. Les Kim en prennent pour leur grade mais le ton bien trop moqueur de l’auteur m’a agacée. Et lorsqu’il ne peut voir de ses yeux, il se permet alors un peu trop de suppositions et spéculations. L’auteur se répète aussi un peu trop souvent et la lecture devient lassante.

A la question « Faut-il rire ou bien pleurer ? » qui clôt l’ouvrage, Jean-Luc Coatalem a choisi le rire, un humour lourd presque nerveux comme pour compenser l’effroi mais qui m’aura plus souvent gênée qu'amusée.

 

Un compte-rendu de voyage donc tout en subjectivité qui ne vous révélera rien d’extraordinaire sur ce mystérieux pays mais qui donne un aperçu du malaise que peut ressentir un occidental immergé dans ce milieu hostile à l’atmosphère pesante.

En revanche, pour ceux qui ignoreraient encore tout de la situation en Corée du Nord, cet ouvrage serait une excellente introduction.

Repost 0
27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 23:47

barjavel.jpg4ème de couverture :

 

Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé du relief sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace... Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ? La nuit des temps, c'est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d'amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Elea et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.

 

Mon avis :

 

Elu dans le cadre de mon club de lecture pour le mois de novembre, je dois avouer que notre choix n’a pas été des plus inspirés, en tout cas en ce qui me concerne.

Comment dire ?

La nuit des temps de Barjavel, c’est un peu le roman qu’aurait pu écrire le fils écrivain né d’une improbable union entre Mickaël Crichton et Barbara Cartland.

Soyons clairs, je n’ai rien contre Mickaël Crichton. Il était d’ailleurs un de mes auteurs de chevet pendant mon adolescence. Ses intrigues sont toujours originales, il y a de l’action, bref j’aimais beaucoup. Mais Mickaël Crichton écrit surtout pour le cinéma. Tous ses romans ( ou quasiment tous) ont été adaptés au cinéma. Et c’est également le cas de La nuit des temps originellement prévu pour être porté à l’écran.

 

Selon moi, le roman se compose de trois parties :

-         la découverte de l’équipe d’exploration en Antarctique

-         l’histoire d’Eléa et Païkan

-         le réveil du compagnon d’Eléa

 

L’idée sur laquelle repose l’intrigue n’est pas nouvelle mais suscite toujours l’intérêt et la curiosité, j’ai d’ailleurs englouti la première partie du roman d’une seule traite ( c’est la partie plus « Crichton »). Mais alors ensuite … au secours ! Barbara prend le relais, le roman prend des tournures de roman Harlequin, ça sent la guimauve, les scènes et le style sont niais au possible. J’ai même failli en rester là. C’est un véritable gâchis.

 

 Un petit extrait pour vous régaler :

 

« Il délivra l’autre sein et le serra tendrement, puis défit le vêtement de hanches. Sa main coula le long des hanches, le long des cuisses, et toutes les pentes la ramenaient au même point, à la pointe de la courte forêt d’or, à la naissance de la vallée fermée. »

 

C’est chouette hein ? Je sens que vous aimez ça alors je continue :

 

« Eléa résistait au désir de s’ouvrir. C’était la dernière fois. Il fallait éterniser chaque impatience et chaque délivrance. Elle s’entrouvrit juste pour laisser la place à la main de se glisser, de chercher, de trouver, à la pointe de la pointe et de la vallée, au confluent de toutes les pentes, protégé, caché, couvert, ah ! … découvert ! Le centre brûlant de ses joies. »

 

L’émotion ne passe même pas, les personnages sont creux, insipides, l’auteur ne s’attarde que sur leur aspect physique ( et en devient lassant), la psychologie n’est pas détaillée.

Le monde imaginé par Barjavel aurait pu être intéressant mais là encore aucune profondeur. Des questions intéressantes auraient pu être soulevées et susciter la réflexion si elles avaient été bien amenées mais ce n’est pas le cas. Et je ne compte pas non plus le nombre d’incohérences qui parsèment le récit. J’ai une sensation de bâclé, ça fait vraiment pas travaillé.

Bref tout ce qui aurait pu sauver ce livre a été négligé au profit de cette fichue histoire d’amour qui n’a aucun intérêt.

 

Et puis ça fleure bon les années 60, contestations étudiantes, malaise de la société, libération sexuelle, les vilains occidentaux capitalistes contre les méchants russes communistes, peur de la guerre totale, en résumé un monde «  futuriste » qui sent trop la naphtaline. Ça passe bien chez un Philip K. Dick mais pas chez Barjavel.

 

Bon peut-être que j’aurais plus adhéré si j’avais lu ce livre il y a 20 ans mais là désolée, ce n’est vraiment plus ma « came ».

A la rigueur, sur le même sujet, peut-être me pencherai-je sur La sphère d’or, roman de l’australien Erle Cox qui aurait inspiré Barjavel ( on parle même de plagiat) et je serai curieuse de voir comment il a traité le sujet.

 

Repost 0
Published by Aaliz - dans Science-Fiction
commenter cet article
27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 12:39

ainsi_resonne_lecho_infini_des_montagnes_khaled_hosseini.jpgExercice difficile que de parler du dernier roman de Khaled Hosseini tant il est riche. Une foison de personnages, de lieux, de thèmes caractérisent ce grand roman-puzzle à la construction originale et intelligente.

Ainsi résonne l’écho infini des montagnes nous raconte l’histoire de 3 enfants demi-frères et sœurs séparés très tôt. On suit le destin de chacun tout au long de leur vie mais à travers l’histoire de personnages tiers.

Le roman s’ouvre sur un conte afghan qui annonce les évènements à venir. Suivent ensuite 5 parties toutes relatives à l’histoire d’un personnage particulier par le biais duquel Khaled Hosseini nous offre des informations sur nos protagonistes principaux.

C’est donc à l’image de la vie de Pari et Abdallah, deux frères et sœurs très tôt arrachés l’un à l’autre, que Khaled Hosseini construit et ordonne son récit.

 

« Mais c’est important de connaître tes racines et l’endroit où tu as commencé à exister en tant qu’être humain. Sinon, ta vie paraît irréelle. Pareille à un puzzle. Tu comprends ? Comme si, après avoir raté le début d’une histoire, tu te retrouvais soudain au milieu, à essayer de tout démêler. 

  J’imagine que c’est ce que ressent Baba ces jours-ci. Une vie parsemée de trous. Tous les jours une histoire déroutante, un puzzle à reconstituer à grand-peine. »

 

Donc petit conseil : ne vous attachez pas dès le début aux personnages. C’est l’erreur que j’ai commise influencée par ma lecture récente des Cerfs-volants de Kaboul. Je m’attendais à une narration d’un genre identique où l’on suit un même personnage tout au long du roman. Mais ici Khaled Hosseini a procédé tout autrement.

 

On voyage ainsi en Afghanistan bien sûr mais aussi aux Etats-Unis, en Inde, en Grèce, en France. Et derrière ce semblant de diversité, les mêmes préoccupations, les mêmes thèmes de réflexion reviennent, abordés tour à tour sous un angle différent.

Tout comme dans Les cerfs-volants de Kaboul, on retrouve le thème des relations fraternelles : de l’attachement avec Abdallah et Pari mais aussi de la jalousie comme l’illustrent les rapports entre Parwana et Masooma ou encore les deux cousins Timur et Idris.

Les rapports enfants-parents sont aussi développés comme avec Adel et son père ou encore Pari et ses parents.

 

Mais le thème qui m’a le plus marquée est celui du handicap. Qu’il soit causé par accident comme c’est le cas de Masooma et de Thalia ou par la vieillesse et la maladie comme Abdallah et Suleiman, Khaled Hosseini étudie l’impact du handicap sur les mentalités, les comportements humains et montre quelles sont les différentes réactions possibles. Là encore, on se rend compte que quelque soit l’attitude adoptée par les personnages concernés, aucune ligne de conduite ne peut être jugée ou condamnée, qu’ils choisissent le sacrifice comme Nabi et Pari ou la fuite à l’instar de Parwana et Markos.

 

« Devant la tendresse et la légère panique perceptibles dans ses paroles, j’ai compris que mon père était quelqu’un de blessé, que son amour était aussi vrai, aussi vaste et immuable que le ciel, et aussi que cela pèserait toujours sur moi. C’était le genre d’amour qui tôt ou tard vous obligeait à faire un choix : soit on s’arrachait à lui pour être libre, soit on restait et on supportait sa dureté alors même qu’il cherchait à vous faire entrer de force dans une case trop petite pour vous. »

 

Ce roman est donc une véritable merveille. Khaled Hosseini m’a vraiment impressionnée. Il démontre tout son talent de conteur, d’observateur des comportements, d’analyste des relations humaines. Là encore, il nous raconte son pays d’origine, les mentalités du peuple afghan et , cette fois, évoque la toute puissance des narco-trafiquants : les nouveaux seigneurs exerçant grâce à leur fortune leur emprise sur les régions rurales du pays.

Il parvient à retranscrire des atmosphères aussi diverses soient-elles, fait passer des émotions, étudie de façon simple mais minutieuse les travers de l’homme et notamment, comme dans Les cerfs-volants de Kaboul, la lâcheté. Les personnages sont nombreux mais, pour tous, leur psychologie est travaillée dans le détail. Il n’y a rien de superflu. En peu de mots, Khaled Hosseini réussit à dire et transmettre beaucoup de choses. Il nous fait entrer dans la tête des personnages, nous fait partager leurs pensées, leur façon de raisonner. Ce qui fait qu'on comprend parfaitement leur comportement et qu'on ne peut les juger.

Il multiplie aussi les procédés narratifs, tantôt narration à la 3ème personne, tantôt à la première, narration épistolaire, extrait d'interviews. Et malgré toute cette variété, le lecteur ne s'y perd jamais car tout est lié, que le lien soit un personnage, un évènement, une photo. Les ponts entre chaque récit sont nombreux, logiques. L'ensemble forme un tout cohérent sans aucune fausse note.

Même si les émotions ont été pour moi moins fortes que lors de ma lecture des Cerfs-volants, la construction, la richesse et la maîtrise de ce dernier roman sont remarquables.

 

J’aurais encore beaucoup de choses à dire, beaucoup d’extraits à présenter mais l’éternelle peur du spoiler me fait m’arrêter ici. Je ne peux que vous conseiller très chaudement la lecture de ce très grand roman. Je suis contente d’avoir encore Mille soleils splendides à lire même si je pense que j’aurai du mal à en retarder davantage la lecture. Khaled Hosseini publie au compte-gouttes et il me faudra m’armer de patience une fois ses trois romans engloutis. Mais comme chacun sait, ce sont les choses les plus rares les plus précieuses.

 

Un immense merci à Elsa de la société Athomédia et aux éditions Belfond pour leur intérêt, leur confiance et pour m’avoir permis ce sublime voyage autour du monde et dans les tréfonds de l’âme humaine.

Repost 0

Présentation

  • : Cherry livres
  • Cherry livres
  • : Mes lectures, mes coups de coeur, mes déceptions
  • Contact

LE BLOG DEMENAGE

LE BLOG DEMENAGE !

 

Vous pouvez dès à présent me retrouver à cette adresse :

 

http://cherrylivres.blogspot.com

 

 

 

Merci !

 

 


Recherche

Signalétique :

signaletique.jpg

Archives

Lectures en cours :

 

 

Avis à venir :

 

Darwin - Jean-Noël Mouret

Moi, Lucifer - Glen Duncan  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes challenges :

 

 

challenge afrique 

 

http://mesaddictions.files.wordpress.com/2011/05/cb.jpg

 

 

challenge-Victor-hugo

 

 

 

 

 

 

Retrouvez-moi sur :