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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 16:25

award.jpg

 

Non, vous n'avez pas la berlue, je réponds à un tag ! C'est Jerome qui a eu la gentillesse de penser à moi, ça me fait très plaisir.

Alors pourquoi je réponds à ce tag-là et pas aux autres ? Tout simplement parce qu'il est très court et pas contraignant et que les tags où il faut répondre à 11 questions plus dire 11 autres choses, pardon mais j'ai l'impression de me retrouver à un interrogatoire de police. Déjà que pour ce tag-ci j'ai eu du mal à trouver quoi dire ...

 

Le principe est on ne peut plus simple :

- copier le logo en tête de billet

- remercier chaleureusement la personne qui vous a tagué

- lister 7 points sur soi ( oui juste 7, c'est chouette non ?)

- taguer 15 autres blogueurs que vous appréciez et les prévenir.

 

Donc les fameux 7 points :

 

  1. Je dors toujours avec un ours en peluche. Si je ne l’ai pas, j’ai un mal fou à m’endormir. Moquez-vous si vous voulez.
  2. Je suis sujette au vertige. Monter sur une chaise est pour moi une épreuve.
  3. Je raffole des Michokos.
  4. Je voudrais m’abonner à un magazine littéraire mais je ne sais pas lequel choisir.
  5. J’appréhende pas mal le passage forcé de mon blog à la nouvelle version qui devrait se produire incessamment sous peu. Donc si un beau matin vous voyez mon blog sans dessus dessous, c’est normal.
  6. J’en ai marre de ne pas pouvoir m’offrir tous les livres qui me font envie.
  7. Je déteste les gadgets électroniques. Je suis donc farouchement opposée à la liseuse. J’aime le livre autant pour l’objet en lui-même que pour le contenu.

Et les 15 blogueur(se)s que j'aime de tout mon coeur sont :

 

Nymou

Hajar

AnGeeErsatz

AlisonMossharty

Nyx

Licorne

Lilly

Ameni

Litté

MrsFigg

Perrine

Laura

Noémie

Aline

missycornish

 

A votre tour maintenant !

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 14:09

horde_contrevent_Damasio.jpgJe me souviens de mon enthousiasme à suivre l’incroyable épopée d’Ouroz dans Les cavaliers de Joseph Kessel et je me demandais si j’allais retrouver un jour cet engouement, cette sensation de liberté et d’aventure humaine à couper le souffle. Eh bien oui, je les ai retrouvés et là où je ne m’y attendais pas du tout.

 

J’ai longtemps traîné des pieds avant de me lancer dans La Horde, le résumé ne m’attirait pas particulièrement, des échos de lecteurs pointant la monotonie du récit, les références philosophiques et la difficulté du texte m’avaient assez refroidie. J’avais donc peur de m’ennuyer, peur de me sentir encore idiote ( pourtant la philo ça m’intéresse hein mais j’ai toujours cette impression que les philosophes ne veulent pas que je les comprenne ). Bref, quand un ami livraddictien ( qui se reconnaîtra) m’a fortement encouragée à m’y mettre, je m’y suis mise oui, mais un peu à reculons. Ça tombe bien me direz-vous vu que les pages sont numérotées à rebours.

 

Et me voilà donc plongée au cœur de la Horde, en plein furvent. Je suis perdue, y a plein de gens autour de moi, je n’arrive pas à savoir qui est qui, qui parle à qui. Je ne comprends pas ce qu’ils disent non plus, ils utilisent des termes qui ne font pas partie de notre vocabulaire. C’est hard mais je m’accroche. Faut faire bloc qu’ils disent alors je fais bloc et j’attends que ça passe. Au bout d’une centaine de pages, je commence à prendre mes repères. Chaque membre de la Horde a un symbole et une fonction précise, j’ai repéré les plus importants, ceux qui semblent être les meneurs. Y a un drôle de trublion aussi, Caracole qu’il s’appelle, il manie le verbe comme moi mes doigts sur le clavier, il y a Sov aussi, le scribe, un romantique celui-là. Coriolis, la bombasse du groupe ( faut toujours qu’il y en ait une, c’est pénible …) et puis plein d’autres aussi. Certains sont plus en retrait, d’autres prennent de l’importance au fur et à mesure. Mais celui qui m’impressionne le plus, c’est Golgoth, la tête brûlée, il avance avec ses jambes mais avec ses tripes aussi, une vraie force de la nature et un vrai mental de guerrier. Un bourin disent certains, ils sont méchants. Golgoth, il en a bavé dans son enfance, on peut lui pardonner.

 

Je commence à me sentir bien avec eux. A bord du navire Fréole, tout s’accélère. Je sens que mes compagnons de galère sont inquiets. Il se trame quelque chose. Ça n’augure rien de bon pour la suite. En tout cas, je me sens adoptée par mes camarades, leurs soucis deviennent les miens, leur quête devient la mienne. Moi aussi, je veux savoir d’où vient le vent qui balaie ce monde inlassablement, je veux savoir ce qu’il y a en Extrême-Amont.

Me voilà définitivement au cœur de l’aventure. Et quelle aventure mes aïeux ! J’en prends plein les mirettes et j’en bave sévère. Les épreuves s’accumulent, les obstacles s’amoncellent mais on fait bloc, toujours, et on avance quoiqu’il arrive.

 

Je suis arrivée au bout de ma lecture épuisée et terriblement triste de devoir quitter ceux qui sont devenus ma famille, ceux avec qui j’ai vécu une aventure aussi forte que je ne trouve pas les mots pour la décrire. Alain Damasio m’a complètement bluffée. Quel talent ! On sent que cet homme sait écrire et qu’il n’écrit pas n’importe comment, que tout est calculé, réfléchi, anticipé, un peu comme Erg au combat. Néologismes, jeux de mots et cette fabuleuse joute verbale sont là pour montrer qu’Alain Damasio fait de l’écriture un véritable Art.

Il met en scène 23 personnages, en leur donnant chacun leurs propres caractéristiques. Comme je le disais, certains sont plus effacés, ça peut se comprendre car c’est un travail de fourmi. Mais les plus présents sont dépeints en profondeur. Comme ils prennent la parole chacun leur tour, on vit l’aventure à travers eux, on entre dans leur tête, dans leurs pensées. On est au cœur de la Horde.

Il a construit un univers entier, avec son vocabulaire, ses codes, ses légendes, ses us et coutumes, son organisation sociale. Quelle richesse ! Et cette nature omniprésente, une véritable ode aux éléments et à leur force. Ça m’a beaucoup fait penser à Man VS Wild ( j’adore cette émission et Bear aurait eu toute sa place au sein de la Horde ^^). L’homme est si peu de chose, si faible.

 

Alors oui, j’en ai bavé parfois. Certains passages sont (trop ?) pointus, j’ai parfois eu l’impression de lire un précis de mécanique des fluides ou de théorie du chaos. Malgré mes connaissances dans le domaine, j’ai rien compris mais peu importe. Pareil pour la philo. Il y a des références paraît-il. Je n’ai reconnu que celle aux 3 métamorphoses de Nietzsche ( je n’y ai d’ailleurs toujours rien compris, quand je vous dis que je suis nulle en philo…). Pour les autres, difficile de reconnaître ce qu’on ne connaît pas. Donc comme je le disais, peu importe. Je me suis essentiellement concentrée sur la quête qui est un peu notre quête à tous. Peu importe l’objectif à atteindre, c’est le parcours nous y menant qui compte, les épreuves que l’on traverse, qui nous font grandir et devenir petit à petit l’individu que nous sommes. La Horde c’est aussi l’illustration de l’adage « l’union fait la force », la solidarité prévaut, on avance ensemble car seul, on est mort.

Il y a tant à retirer de cette lecture et j’ai bien conscience d’être passée à côté d’un tas de choses. Ça me fera une très bonne raison de relire ce roman exceptionnel plus tard, et je sais d’avance que je serai très heureuse de retrouver mes chers hordeux.

 

Quant à vous lecteur qui n’avez pas encore succombé, ne faites pas comme moi, n’attendez pas inutilement. Attachez votre harnais, faites bloc et pack !

 

challenge pavé

 

Un pavé de plus pour le challenge de Brize avec, cette fois, 700 pages englouties mais 700 pages de pur bonheur !

 

 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 13:23

ogawa.jpg4ème de couverture :

 

L'île où se déroule cette histoire est depuis toujours soumise à un étrange phénomène : les choses et les êtres semblent promis à une sorte d'effacement diaboliquement orchestré. Quand un matin les oiseaux disparaissent à jamais, la jeune narratrice de ce livre ne s'épanche pas sur cet événement dramatique, le souvenir du chant d'un oiseau s'est évanoui tout comme celui de l'émotion que provoquaient en elle la beauté d'une fleur, la délicatesse d'un parfum, la mort d'un être cher. Après les animaux, les roses, les photographies, les calendriers et les livres, les humains semblent touchés : une partie de leur corps va les abandonner.

En ces lieux demeurent pourtant de singuliers personnages. Habités de souvenirs, en proie à la nostalgie, ces êtres sont en danger. Traqués par les chasseurs de mémoires, ils font l'objet de rafles terrifiantes...

Un magnifique roman, angoissant, kafkaïen. Une subtile métaphore des régimes totalitaires, à travers laquelle Yoko Ogawa explore les ravages de la peur et ceux de l'insidieux phénomène d'effacement des images, des souvenirs, qui peut conduire à accepter le pire.

 

Mon avis :

 

Je ne lis pas souvent des auteurs japonais, je ne sais pas pourquoi mais la littérature nippone ne m’attire pas particulièrement. C’est à l’occasion d’une lecture commune que je me suis penchée sur ce roman de Yoko Ogawa, le résumé me plaisait et puis … dès que je vois les mots « régime totalitaire » je suis obligatoirement intéressée.

Bizarrement, je n’ai pas vu dans ce roman qu’une métaphore de régime totalitaire, j’ai trouvé que le message allait au-delà.

En effet, le régime mis en place et les phénomènes d’effacement qui touchent cette île inconnue participent à la progressive perte d’identité de tous les habitants. D’ailleurs les personnages ne sont jamais nommés, ils sont distingués soit par leur initiale (« R »), soit par d’autres moyens ( « le grand-père », « l’ex-chapelier » …). Les lieux aussi sont inconnus, nous sommes sur une île mais aucune autre indication géographique n’est donnée. Aucune indication de temps également. On se doute de la similitude avec le Japon ( par la mention d’autres îles à proximité, par le tsunami) mais on reste avec cette impression d’être dans un univers parallèle, dans une autre dimension.

 

Au fur et à mesure des disparitions, la mémoire des habitants de l’île s’efface, ils oublient l’objet disparu et tout ce qui s’y rattache. Parfois, les conséquences sont anodines mais lorsque les romans disparaissent et avec eux l’usage de l’écriture puis de l’expression, lorsque les membres même du corps humain sont oubliés de leur possesseur, la perte d’identité, l’effacement de l’individu deviennent entiers.

 

Le parallèle avec les régimes totalitaires que l’on connaît et leur mode de fonctionnement est évident. Police secrète, des dissidents traqués, la méfiance et la peur de la délation, une économie qui s’effondre, la faim, le marché noir, un système qui s’autodétruit, le contrôle des individus et la résignation de ces derniers.

 

Mais en même temps, ce roman est une belle réflexion sur ce qui est le fondement de notre identité, sur l’importance de nos souvenirs sur ce que nous sommes. Yoko Ogawa montre à merveille les dégâts que peuvent causer la perte de la mémoire, transformant une personne en une autre … étrangère. Les proches des malades atteints de la maladie d’Alzheimer et de toute forme d’amnésie en savent quelque chose.

 

La narratrice étant écrivain, Cristallisation secrète est aussi un roman dans le roman. Cette deuxième histoire est même encore plus perturbante que l’intrigue principale. Toujours en exploitant le thème de la disparition, elle montre les effets pervers qui peuvent en découler.

 

Le tout est assez bien mené même si on repère quelques incohérences et si l’univers créé par l’auteur est un peu bancal. On ne peut s’empêcher de se poser des questions d’ordre « pratique » que l’auteur a laissé complètement de côté.

Mais l’idée était assez originale et n’était pas très évidente à traiter. Yoko Ogawa a su habilement mêler l’onirique et l’angoissant. On ressent à la fois toute la poésie du texte et toute l’atmosphère lourde et malsaine relative à la situation.

 

Pas un coup de cœur mais une belle lecture riche en réflexion que je recommande.

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 20:07

DSC01828.JPGDifficile de trouver son identité lorsqu’on est écartelé entre deux cultures. On connaît dans notre société actuelle les difficultés identitaires des jeunes issus de l’immigration considérés comme étrangers sur leur propre sol natal, et considérés comme français dans le pays d’origine de leurs parents. Comment trouver sa place dans un tel cas de figure ? Alors que pourtant la double culture devrait être une force et une richesse, elle devient finalement un handicap et un motif de rejet.

 

Dans ce roman d’Assia Djebar, son dernier jusqu’à maintenant, l’auteur nous retrace ses souvenirs. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une autobiographie mais plutôt d’une somme de moments qui ont marqué son enfance et son adolescence. Roman très intimiste donc dans lequel j’ai cru voir le pendant algérien du problème identitaire de cette génération dont j’ai parlé en introduction.

Nous sommes sous l’Algérie coloniale, peu avant la guerre. Fatima ( véritable prénom de l’auteur) est fille d’instituteur. A ce titre, elle est en rapport étroit avec la population européenne. Elle fréquente l’école des maîtres français, joue avec les enfants des colons. A la maison, on parle essentiellement la langue française. Malgré ça, l’empreinte de la tradition s’exprime à travers sa famille, les femmes voilées qu’elle croise dans la rue et au hammam, sa mère qui porte le haik ce grand voile blanc dont se couvraient les algériennes de l’époque. Mais c’est surtout le caractère rigoriste de son père qui la marquera le plus et un événement en particulier. Alors qu’elle essayait, en compagnie d’un petit garçon européen, d’apprendre à faire du vélo, son père la surprend et la fait rentrer sur le champ. Il lui reproche alors sévèrement d’avoir montré ses cuisses. Fatima n’avait que 6 ans …

 

A partir de cet instant, l’insouciance d’une petite fille fait place à la crainte et à l’incompréhension. Pourtant le père de Fatima n’est pas si strict et traditionnel que ça. Elle peut sortir sans le voile, elle peut porter des jupes. Elle peut se rendre à son internat sans chaperon. En revanche, pas question de se vêtir d’une robe laissant les épaules et le dos dénudés. Fatima ne comprend pas pourquoi ces françaises peuvent ainsi se promener en toute liberté, sans surveillance et en tenue légère et que les algériennes soient, elles, emprisonnées dans leurs voiles et dans leurs maisons. Pourquoi les algériens respectent ces mêmes françaises mais insultent l’algérienne qui ose se tenir comme elles ?

Fatima ne supporte pas cette injustice. Petit à petit, elle transgresse, fréquente des garçons en cachette, la crainte dans le cœur («  Si mon père le sait, je me tue »), une crainte telle qu’elle va jusqu’à commettre un acte désespéré.

 

Cette contradiction entre deux cultures, entre deux statuts de la femme, va marquer durablement Assia Djebar et imprègnera toute son œuvre.

 

J’ai beaucoup apprécié cette lecture.

- Par cette image qu’elle donne de la vie quotidienne sous l’Algérie coloniale du point de vue d’une petite fille puis d’une ado, bref à un âge où on se construit, où ce qui nous entoure forge notre personnalité.

- Par le style très travaillé de l’auteur. Un style plein de mouvement et de rythme, tout en variations tantôt lent tantôt puissant. Un style qui joue aussi avec les sonorités. J’ai vraiment été charmée par la plume d’Assia Djebar.

 

Roman catharsis, roman thérapie, Nulle part dans la maison de mon père est le témoignage d’une enfance passée dans la contradiction et l’affrontement entre deux tendances qui s’opposent et se déchirent. Ce roman est aussi l’expression d’un mal être, d’un étouffement dont les responsables sont des hommes, le père d’abord, figure omniprésente, puis le futur mari. On sent leur ombre planer tout au long de la lecture à l’image de cette société patriarcale qui laisse si peu de place à la femme. Un roman qui éclaire l’œuvre de l’auteur et sa prise de position dans le combat des femmes pour l’égalité. C’était d’ailleurs ce fait qui m’avait tenue à l’écart des romans d’Assia Djebar mais cette lecture m’aura fait comprendre l’origine de ces idées.

 

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 10:22

radcliffe1auteur.jpgL’auteur : Ann Radcliffe ( 1764-1823)

Ann Radcliffe est une des pionnières du roman gothique. La plupart de ses romans mettent en scène des jeunes filles innocentes confrontées à des hommes tyranniques à la vie douteuse, les scènes se déroulent principalement dans de sombres châteaux. L’œuvre d’Ann Radcliffe a connu un grand succès au sein de l’aristocratie et de la bourgeoisie britanniques. Elle a eu de nombreux imitateurs et de grands écrivains la comptent parmi leurs références. On peut citer Balzac, Dostoïevski, Jane Austen, Victor Hugo, Eugène Sue et bien d’autres…

 

L’œuvre : Les mystères d’Udolphe écrit en 1794 est considéré comme le chef d’œuvre d’Ann Radcliffe et comme le roman typique du genre gothique.

 

udolpheMon avis :

 

Je ne sais plus du tout pourquoi j’ai voulu lire ce livre. Je m’étais même inscrite à une lecture commune ( que je n’ai pas honorée dans les délais impartis ) mais impossible de me rappeler ce qui m’avait motivée à le faire. Ce n’est pas une critique trouvée sur la toile, et je vous arrête tout de suite, ce n’est pas non plus à cause du roman de Jane Austen dont je n’avais pas entendu parler jusque-là. Toujours est-il que me voilà avec ce bon gros pavé entre les mains et une légère appréhension car avant de commencer à en tourner les pages, j’ai lu en diagonale 2-3 avis par-ci par-là qui n’étaient pas très encourageants.

Ayant surmonté mes craintes et avalé les quelques 900 pages, je peux maintenant me féliciter de cette lecture venue d’on ne sait où et qui m’a vraiment enthousiasmée.

Tout ce que je savais de l’histoire avant d’entamer ma lecture était qu’il s’agissait d’une jeune fille et d’un château « hanté ». Je n’en attendais donc rien de particulier et je pense que c’est ce qui fait qu’on apprécie le roman ou non à la fin.

 

Ma première crainte était l’ennui. Nombre de lecteurs ont déploré le manque d’action et la présence de grosses longueurs.

 

          J’avoue … Les 200 premières pages sont très longues et j’ai du m’accrocher. On a l’impression de piétiner, qu’il ne se passe rien, on attend un événement qui ne vient pas. Et pourtant, Ann Radcliffe tisse lentement sa toile, met en place ses personnages, prépare son intrigue. Quelques interrogations sont soulevées et les premiers mystères s’installent tout doucement, trop doucement pour donner un effet de suspense il est vrai. Néanmoins ces 200 premières pages sont nécessaires et indispensables à la suite du récit. Le lecteur mémorise quelques curiosités afin de savoir si l’auteur n’oubliera pas d’y revenir par la suite.

 

          pyrenees-udolphe.jpgJ’avoue… Il y a beaucoup de descriptions. Ce qui fera obligatoirement soupirer d’ennui ceux qui ne supportent pas qu’on puisse s’attarder pendant dix lignes sur la beauté d’un coucher de soleil dardant ses derniers rayons sur des sommets enneigés. Ann Radcliffe appréciait beaucoup la peinture et ses descriptions sont à l’image de cette passion. Pour ma part, je les ai trouvées magnifiques, j’en ai pris plein les yeux. Ann Radcliffe a un style très poétique qui donne un charme fou à ces paysages sauvages qu’elle dépeint si précisément. Il faut souligner que la nature est omniprésente dans le récit ( ce qui est caractéristique du genre gothique), les paysages ont toute leur place et ils sont extrêmement variés. Le lecteur voyage ainsi parmi les versants abrupts des Pyrénées, porte son regard sur la plaine de la Garonne, traverse les Alpes, vogue à bord des gondoles de Venise et s’achemine péniblement à travers les forêts des Apennins vers le triste et lugubre château d’Udolphe. Les descriptions dans ce roman participent donc par leur puissance d’évocation à l’ambiance du récit, forêts sombres et sinistres, gouffres béants et précipices, éclairs illuminant les remparts délabrés d’un vieux château gothique. Pour ma part, je me suis régalée.

 

         3931314-medievale-du-chateau-dans-la-foret-france.jpg Passé les 200 premières ( et longues) pages, Emilie fait son entrée au château d’Udolphe. A partir de cet instant, Les mystères d’Udolphe s’est transformé pour moi en véritable page-turner, je n’arrivais plus à lâcher mon livre, n’allant me coucher le soir que lorsque mes yeux n’en pouvaient plus. Le côté mystérieux prend de l’ampleur, Ann Radcliffe insère plusieurs éléments propres à créer un climat d’angoisse. Habitués des thrillers, serials-killers, romans d’horreur en tout genre, ne vous attendez pas à retrouver vos frayeurs habituelles, on en est très loin !Notre société actuelle qui ne cache plus rien de l’horreur dont est capable l’être humain a tendance à rendre le lecteur un peu trop blasé et trop exigeant.

Il faut bien avoir à l’esprit que Les mystères d’Udolphe a été écrit au XVIII ème siècle et qu’Ann Radcliffe a placé son action au XVI ème siècle, les sensibilités étaient alors fort différentes et on s’émouvait de peu. Néanmoins, ceux qui comme moi, restent bon public et frissonnent rien qu’à l’idée de se retrouver seul en pleine nuit dans une vieille bâtisse, théâtre d’évènements inhabituels, devraient trouver leur bonheur. D’autant plus que le suspense est entretenu tout du long.

 

Quelle est donc cette forme humaine qui se promène la nuit sur les remparts ? Qu’est-ce qui se cache derrière le voile noir et qui fait trembler Emilie d’épouvante ? Qui est réellement celui qui la retient prisonnière et qu’attend-t-il d’elle ? Pourquoi des personnes disparaissent alors qu’elles passaient la nuit dans la chambre de la marquise, chambre condamnée depuis 20 ans ? Les questions s’accumulent et petit à petit les réponses viennent.  Ces réponses pourront surprendre voire en décevoir quelques-uns. En ce qui me concerne, j’ai beaucoup apprécié ces dénouements même si certains peuvent prêter à sourire ( non pas par le ridicule mais par l’humour ) et d’autres peuvent être jugés comme relevant de la facilité. J’ai trouvé que tout était cohérent, tout se tient et s’explique et surtout Ann Radcliffe n’a rien oublié. On obtient la solution à tous les mystères et bien que j’ai pu avoir parfois la puce à l’oreille, elle aura réussi à me berner quelques fois.

 

Quant aux personnages, on trouve du bon et du moins bon. Ce qui revient souvent dans les critiques concerne surtout l’héroïne Emilie de Saint-Aubert.

 

          J’avoue … Emilie pleurniche et se pâme à quasiment toutes les pages ce qui a le don d’exaspérer au début et puis … on s’habitue. Que les lectrices amatrices des héroïnes modernes fortes, féministes, blindées à toute épreuve et qui en remontrent aux machos passent leur chemin ou fassent preuve d’indulgence car Emilie n’est point de celles-là. Emilie a été élevée à l’abri du grand-monde et de ses vices. L’éducation de son père en a fait une jeune fille innocente ne connaissant que la bonté d’âme. Son aventure dans le roman fera son apprentissage et sera son rite de passage dans le monde adulte. Son parcours lui donnera plusieurs fois l’occasion de tomber dans le vice et dans les tourments des passions. Le thème de la chute est d’ailleurs répercuté dans les descriptions par les nombreuses mentions de précipices que les personnages devront traverser ou longer périlleusement, d’escaliers menant à de sombres caves ou souterrains, à des tombes et des caveaux.

 

          L’omniprésence de l’obscurité symbolisant le vice cherche à mettre en valeur cette quête de la lumière qui délivre des tourments. Emilie est prisonnière dans ce château comme elle est prisonnière de ses passions. Celui qu’elle aime, Valancourt, s’approchera, aussi, bien près de la chute. D’autres personnages en sont également l’illustration flagrante, notamment à travers les femmes, certaines ayant chuté par opposition à d’autres ayant su rester vertueuses. La romance pourra donc paraître un peu mièvre et niaise mais elle a une portée symbolique.

          Les mystères d’Udolphe est un roman d’apprentissage, il était destiné aux jeunes filles de bonne famille afin qu’elles en tirent un enseignement qui nous paraîtra peut-être bien naïf à nous autres du XXI ème siècle mais qui entrait pleinement dans l’instruction des jeunes demoiselles de la haute société à l’époque. Jeunes demoiselles souvent contraintes à des mariages d’intérêt à l’encontre de leurs sentiments et à mener une vie qu’elles auraient souhaiter autre. Roman à morale donc ( un peu comme les fables de La Fontaine) puisque Ann Radcliffe nous précise en guise de conclusion :

 

« Puisse-t-il du moins avoir été utile de démontrer que le vice peut quelque fois affliger la vertu ; mais que son pouvoir est passager, et son châtiment certain ! Tandis que la vertu froissée par l’injustice, mais appuyée sur la patience, triomphe enfin de l’infortune.

Et si la faible main qui a tracé cette histoire a pu, par ses tableaux, soulager un moment la tristesse de l’affligé, par sa morale consolante si elle a pu lui apprendre à en supporter le fardeau, ses humbles efforts n’auront pas été vains, et l’auteur aura reçu sa récompense. »

 

Roman magnifique donc à la plume délicieuse et toute en finesse, Les mystères d’Udolphe m’aura beaucoup surprise et m’aura totalement charmée par sa force d’évocation, j’y étais vraiment. Je le conseille vivement mais évitez absolument de lire la préface en premier, elle est truffée de spoilers qui vous gâcheront toute la lecture. En revanche, post-lecture elle s’avère très instructive.

 

Les avis de : Claudialucia (avec une intéressante mise en parallèle avec Northanger Abbey de Jane Austen) , Nathalie, Cléanthe

 

 

challenge pavé

 

J'ai bouclé le programme que je m'étais fait pour le challenge de Brize mais peut-être qu'il y aura encore un bon pavé avant la clôture du challenge. Je ne sais pas encore lequel mais ce n'est pas le choix qui manque !

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 19:00

moisamericain.jpg

 

 

Je n’ai jamais été tentée par le mois anglais mais Noctenbule a lancé son pendant américain et là, ça me parle beaucoup plus.

Le principe est similaire, il s’agira, pour ce mois d’octobre 2013, de mettre les USA à l’honneur et de partir à leur découverte à travers toutes sortes de supports : livres bien sûr mais aussi cinéma, cuisine, reportages, séries etc…

Pour la littérature, l’auteur doit être américain ou l’histoire doit se dérouler aux Etats-Unis.

Des lectures communes ont été proposées et je me suis engagée à participer aux LC organisées autour d’un auteur en  particulier :

 

- Paul Auster pour le 12 octobre : j’ai choisi Moon Palace

- Philip Roth pour le 15 octobre : ce qui me permettra de découvrir enfin cet auteur et pour cette première rencontre, j’ai choisi La tache.

- Charles Bukowski ( comme c’est étonnant !) pour le 28 octobre avec soit Contes de la folie ordinaire soit Factotum.

 

Bien sûr, d’autres LC sont proposées, vous trouverez tous les détails et toutes les modalités ici.

 

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Published by Aaliz - dans Challenges
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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 15:33

les démonsJ’avais renoncé à rédiger un avis sur Crime et châtiment. Je ne me sentais pas du tout de taille à parler d’un monument pareil et d’autres l’ont fait beaucoup mieux que je n’aurais pu le faire.

Mais voilà que la question s’est reposée après ma lecture des Démons. Et j’ai décidé de quand même en parler parce qu’il est beaucoup moins lu que son illustre petit frère alors que pourtant je l’ai trouvé bien supérieur.

 

Néanmoins, c’était pas gagné. La première moitié du roman m’a semblée longue et je n’avais aucune idée de où Dostoïevski voulait m’emmener. Il faut dire que je n’avais pas lu de résumé avant et que je n’avais donc aucune idée de quoi ça parlerait. Donc pendant cette première moitié, impossible de déceler une véritable intrigue. Oh si, il y a bien ce personnage au comportement très étrange, Stavroguine mais Dostoïevski ne nous révèle rien. Certains dialogues entre les personnages sont très obscurs car ils s’entretiennent d’un sujet dont on ignore tout. Dostoïevski nous laisse sur la touche, on ronge son frein, on se pose plein de questions et on continue d’avancer parce que, non vraiment, on veut savoir ce qu’ils manigancent tous.

 

Peu à peu, on comprend bien que ça complote, qu’il s’agit de politique, de révolution. L’occasion pour Dostoïevski de faire part de ses inquiétudes quant à ces idées nouvelles qui circulent en Russie : athéisme, socialisme, fouriérisme, nihilisme.  Chaque personnage représentant plus ou moins une de ces tendances, Les Démons est donc une véritable analyse politico-sociale de la Russie du XIXème siècle, une Russie qui commence peu à peu les réformes, subissant l’influence de l’extérieur, une Russie qui se cherche et représente donc un terrain propice à l’émergence d’un nouveau système.

Dostoïevski est alors très surprenant puisqu’il va jusqu’à prévoir ce qu’il adviendra réellement après les révolutions de 1917 nous montrant par là à quel point ses inquiétudes étaient justifiées.

 

Plus on avance dans la lecture, plus l’atmosphère s’alourdit. Les personnages s’embourbent tous dans des situations difficiles puis les évènements se déclenchent et s’enchaînent. Coups d’éclat, actes de malveillance, assassinats, on est pris dans le tourbillon et on assiste impuissant à la descente en enfer de tous les personnages. Pas un seul n’en sortira indemne. On est très loin de l’issue optimiste de Crime et châtiment.

Les personnages des Démons sont tous très fouillés avec mention particulière pour Stavroguine dont la fameuse confession ( qui avait été censurée à l’époque) est à glacer le sang mais aussi Piotr Stepanovitch le personnage le plus exécrable qu’il m’ait été donné de rencontrer au cours d’une lecture. D’ailleurs, on retient souvent Stavroguine comme personnage emblématique des Démons mais pour ma part c’est Piotr qui m’a le plus marquée. Manipulateur sans aucun scrupule, sans aucune morale, il est le type même du fanatique prêt à tout pour ses idées.

 

Après donc une première moitié où Dostoïevski prend bien le temps de mettre en place ses personnages et ses intrigues, tout finit par s’enchaîner à une vitesse folle dans la seconde moitié et c’est un vrai régal.

J’ai vraiment beaucoup aimé Les Démons, bien plus encore que Crime et châtiment. Je l’ai trouvé plus approfondi, plus riche en réflexions, avec des personnages encore plus forts et plus extrêmes, bref Dostoïevski va beaucoup plus loin dans ce roman qui pour moi est un véritable chef d’œuvre.

 

challenge pavé

 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 15:57

pulp.jpgLouis-Ferdinand Céline n’est pas mort, il fréquente assidument une librairie de Los Angeles et semble ne pas avoir vieilli d’un pouce. Pour réparer ce couac du destin, la Grande Faucheuse en personne engage Nick Belane le détective le plus looser de tous les temps. Là dessus, un homme le charge également de retrouver le Moineau Ecarlate. Vous n’avez aucune idée de ce que c’est ? Nick Belane non plus. En parallèle, le voilà également recruté par un mari jaloux afin de prendre sa femme en flagrant délit d’adultère. Mais Nick Belane est le meilleur, il réussira à débarquer en plein milieu des ébats de l’épouse volage avec … son mari… Vous trouvez que ça fait beaucoup ? Eh bien ce n’est pas fini. Ajoutez à ça une inquiétante histoire de monstres venus de l’espace pour prendre possession de notre si belle planète.

 

Déjanté, loufoque, complètement barré, voilà ce qu’est Pulp, dernier roman du grand Buck. Mais attention, ne vous attendez pas à de la grande aventure. Le résumé est alléchant mais ça reste du Bukowski. Et comme il le dit lui-même, Pulp n’est qu’une parodie de roman policier qu’il dédie à la littérature de gare. C’est tout dire. En conséquence, les péripéties de notre détective en or ne sont pas le plus intéressant.

Ecrit alors qu’il était très malade et se savait condamné, Pulp reflète l’état d’esprit dans lequel se trouvait Bukowski à cette époque de sa vie. L’ombre de la mort si proche plane sur tout le roman et Buck porte un regard d’ensemble acéré sur le sens de la vie. En résultent de nombreux passages assez pessimistes mais pourtant plein de lucidité.

 

« L’homme est né pour mourir. Impossible de nier l’évidence. On se rattache à tout ce qui passe et on attend. On attend le dernier métro. On attend une paire de gros nibards dans une chambre d’hôtel, une nuit d’août à Las Vegas. On attend que les poules aient des dents. On attend que le soleil baise la lune. Et en attendant, on se raccroche à n’importe quoi. »

 

« Quelle invention diabolique que les dents ! On s'en sert pour manger. Manger et remanger. Nous sommes vraiment des êtres répugnants, programmés pour nous épuiser, notre vie durant, à accomplir de sordides petites tâches. Se remplir le ventre et lâcher des pets, nous gratter l'échine et nous souhaiter de joyeuses fêtes avec le sourire de circonstance. »

 

«Depuis le seuil, je jetai un œil sur le club-house. Juste une belle brochette de vieux friqués. Comment avaient-ils fait ? Et de combien d’ailleurs avons-nous besoin ? Car, finalement, toute cette thune, on en fait quoi ? Tous, nous allons casser notre pipe, et néanmoins la plupart d’entre nous s’esquintent la santé à grappiller deux, trois biffetons de plus. Un jeu de débiles. Pouvoir encore enfiler ses chaussures chaque matin que Dieu fait, n’est-ce pas la plus grande des victoires ? »

 

Bref, on y retrouve bien la patte Bukowski et les éléments qui ont fait son univers, alcool, femmes, mais aussi la littérature avec quelques clins d’œil à ses auteurs préférés comme Fante et bien sûr Céline.

Voilà, 3ème roman que je lis de cet auteur et il m’a encore surprise et conquise.

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 17:13

DSC01825.JPGNivaria Tejera nous offre un bien joli texte nous décrivant le quotidien d’une famille des îles Canaries pendant la guerre d’Espagne, quotidien vu à travers le regard d’une petite fille, nous faisant part de ses inquiétudes, de ses angoisses, de ses interrogations face aux évènements qui viennent bouleverser son petit monde.

Petit à petit, la guerre s’immisce dans cette famille, son père est arrêté puis relâché. L’angoisse qu’il soit à nouveau repris tenaille la petite fille. Et le jour tant craint arrive, la famille n’a plus aucune ressource, la faim et la misère s’installe. Et au-dessus de tout ceci plane l’image effrayante de ce ravin, celui dans lequel on jette les corps des prisonniers exécutés.

 

Le récit est très touchant, toute en finesse, la plume de Nivaria Tejera est très délicate et poétique mais peut-être un peu trop.

Certains passages m’ont en effet beaucoup gênée, l’auteur part dans des délires qui m’ont vraiment laissée perplexe. J’ai eu beau relire ces passages plusieurs fois, me disant que je ne comprenais rien à la poésie, mais c’est resté vraiment obscur et hermétique pour moi. C’est dommage car ces passages m’ont un peu gâché l’impression d’ensemble. Surtout qu’ils sont censés exprimer les pensées de cette petite fille. Les enfants ont de l’imagination certes mais là ça me paraissait vraiment trop.

 

« Le ravin a une sentinelle qui éteint tous les yeux. Comme elle ne les arrose pas, ils se dessèchent, papa. Les chouettes, en passant, ne t’ont-elles pas ébloui ? Elles étaient en bois et elles volaient. Qui vient de rire si fort ? Maintenant les enfants n’existent plus. Depuis que la guerre a éclaté, les enfants n’existent plus sous la lune, et je ne serai jamais plus une petite fille. Vois-tu la pluie qui roule ? Quelqu’un applaudit du haut des toits de zinc, du haut de la pluie. Non, ce sont des coups de fouet, des coups de fouet et une idée fixe qui s’ouvre et se ferme comme une bouche entre les mains de grand-père. Grand-père, je comprends mieux pourquoi tu sais tant de choses, pourquoi tu as grandi et tu es devenu si vieux, avec tes rides qui te font ressembler à une grande brûlure. Attention aux ombres ! Attention ! Attention aussi au quignon de pain dur ! Personne ne s’occupe plus de tes pommes de terre. Les radis vont pourrir, les fougères aussi, et nous ne connaîtrons plus les nuits de Noël. Papa. Qui est papa ? Est-ce une fougère, est-ce une aiguille ? »

 

Ce qui fait que finalement, mon ressenti général sur ce roman est mitigé. J’ai le sentiment d’être passée à côté, que je n’ai pas su en saisir l’essence. C’est frustrant car j’ai vraiment aimé ce contraste entre la douceur du style très en accord avec l’innocence de l’enfance d’une part et la dureté de la guerre d’autre part. Tout comme j’ai aimé la façon de l’auteur de traiter ce thème, le père qui disparaît et laisse sa place au profit d’une guerre qui impose progressivement sa présence dans la vie de cette famille à travers de multiples détails. Le plus touchant est aussi l’abrupte prise de conscience de cette petite fille qui comprend bien qu’on lui vole non seulement les personnes qui lui sont chères mais aussi les plus douces années de sa vie.

Le ravin est donc un roman très beau malgré mes quelques réserves.

 

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 13:21

purgatoire-innocents-1347593-616x0.jpgUn braquage qui tourne mal mais vraiment mal …et je n'en dirai pas plus.

La 4ème de couverture est un peu trompeuse. Disons que je ne m’attendais pas à ce que j’ai lu et finalement c’est pas plus mal.

 

Purgatoire des innocents est mon premier roman de Karine Giebel, auteur que l’on m’avait conseillé depuis un bon moment alors que je recherchais des lectures dans le même genre que Stephen King. Et je dois reconnaître que Karine Giebel s’en sort assez bien. Ce roman m’a rappelé Jessie ou encore Misery.

Disons que c’est un bon page-turner, j’avais hâte de savoir ce qui allait se passer et comment tout ça se terminerait. Je voulais de l’angoisse, de la tension, du divertissement et c’est ce que j’ai eu.

 

Maintenant, c’est un roman qui comporte quelques défauts. D’autres lecteurs ont pointé le manque de crédibilité. C’est vrai, après lecture je reconnais que l’intrigue est un peu énorme mais je ne m’arrête pas à ça. Je ne lis pas ce genre de littérature pour sa crédibilité, et puis c’est un peu comme dans les films, si on s’arrête à ce critère on ne va plus au cinéma.

 

Non, ce qui m’a gênée le plus c’est que l’auteur sème beaucoup trop d’indices, ça enlève une grande part de surprise et c’est réellement dommage car surprendre le lecteur est quelque chose que j’attends beaucoup de ce genre de livres. Je n’aime pas deviner à l’avance ce qu’il va se passer et dans ce roman, beaucoup trop de rebondissements sont facilement prévisibles.

Je n’ai pas compris non plus l’intérêt des chapitres (très courts) consacrés à la vie des deux frères ou encore ceux consacrés à la réaction des parents. J’ai trouvé que ça n’apportait strictement rien de plus au récit.

 

J’ai trouvé le personnage de Patrick vraiment très bien construit. Il m’a d’ailleurs beaucoup rappelé un autre Patrick de la littérature américaine et j’ai beaucoup apprécié le bras de fer psychologique entre les deux fortes têtes du roman qui, pour moi, a été l’intérêt principal du livre.

Les scènes « sensibles » ne sont pas décrites en détails mais juste suggérées.

La fin est par contre très bien faite, très émouvante, elle m’a touchée au point de verser une petite larme ( bon il faut dire aussi que j’ai la larme facile).

 

J’ai donc passé un bon moment de lecture. Je ne suis peut-être pas très objective pour critiquer ce livre, ce n’est pas un genre que je lis souvent, je le fais quand j’ai besoin de « débrayer » un peu. Je ne suis donc pas une lectrice de thrillers avertie et exigeante. Tant que j’obtiens ce que je veux, je suis satisfaite et ça a été le cas ici. En tout cas, pour mes prochains besoins de « débrayage », je saurai vers quel auteur me tourner.

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