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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 12:56

Oui je sais, j’avais dit que je ne m’inscrirais plus à des challenges mais celui-là n’en étant pas vraiment un pour moi, je me suis lancée.

Le but : lire un ou des pavés. Et comme j’adore les pavés, forcément je ne pouvais pas laisser passer cette occasion.

 

challenge-pave.png

 

Challenge Pavé de l’été chez Brize :

 

Les règles du jeu sont les suivantes :

- vous vous engagez à lire un pavé ( = au moins 600 pages, quel que soit le format) au cours de cet été. Le pavé peut être un roman, ou bien un recueil (du style omnibus) de romans ou nouvelles, mais aussi une biographie, un essai. Pas besoin d’indiquer déjà quel sera le pavé choisi, vous verrez en fonction de l’humeur du moment.

- vous publiez un billet au sujet de ce pavé avant la date de clôture du challenge, à savoir le 15 octobre 2013 (date postérieure à la fin de l’été, vous l’aurez noté, mais c’est pour vous laisser le temps de rédiger).

 

Pour l’instant, j’en ai choisi 2, je verrai en fonction de mon avancement si je peux en ajouter un ou plusieurs. J’ai donc prévu de lire :

 

-         Les Démons de Dostoievski ( que j’avais commencé et lâchement abandonné…)

-         Les mystères d’Udolphe d’Ann Radcliffe ( que j’aurais du lire depuis un bon moment déjà …)

 

Yapluka !

 

 

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 14:51

IMM

 

Cela faisait un bon moment que je n'avais pas présenté mes achats. Il faut dire que le mois de juin a été très calme, pas d'achat ni de lecture mais maintenant que ce sont les vacances je me rattrape.

 

Voici donc les dernières acquisitions :

 

DSC01824.JPG

 

La première rangée du haut correspond à la valise à lire que j'ai gagnée grâce au concours organisé par le site Bookinity que je tiens ici à remercier.

Pour le reste, il s'agit d'achats divers et variés au fil de mes dernières descentes en librairie.

N'hésitez pas à me laisser vos avis concernant les titres que vous auriez déjà lus.

Je vous souhaite à tous une bonne semaine pleine de belles découvertes !

 

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 16:09

buko-2.jpgEncore Bukowski ? Eh oui, il faut croire que j’ai eu un coup de foudre littéraire.

Je poursuis donc ma découverte de cet incroyable auteur avec Souvenirs d’un pas grand-chose, roman autobiographique retraçant l’enfance et l’adolescence de Charles Bukowski alias Henry Chinaski.

Ce que j’avais soupçonné dans Journal d’un vieux dégueulasse se confirme donc ici. C’est un récit très touchant que nous confie Bukowski, beaucoup plus soft, les âmes sensibles peuvent se rassurer : point d’attentat aux bonnes mœurs cette fois-ci (ou alors juste un peu). Ce roman explique et donne sens à quelques-unes des nouvelles du Journal d’un vieux dégueulasse qui n’en prennent qu’une dimension encore plus forte.

 

Récit touchant donc et même bouleversant, on y comprend comment l’auteur s’est forgé sa personnalité et son caractère.

Il nous dévoile sa découverte de l’alcool et du sexe, initiée par des défis de gamin et des interrogations de petit garçon tout à fait classiques et porte un regard critique sur la société, d’abord restreinte à sa famille et son environnement scolaire puis élargie de façon progressive et plus globale lorsqu’il entre dans l’adolescence puis la vie active.

 

L’apprentissage de la dureté de la vie, le petit Henry l’a commencé très tôt. Et il se rend bien compte que l’injustice fait partie régnante de cette société dans laquelle il vit. Ne recevant rien d’autrui, il n’accepte plus qu’on exige quoique ce soit de lui. Il trouve peu à peu dans l’alcool réconfort et oubli de cette existence qui le déçoit tant. Existence quasiment toute tracée pour tout le monde, le même schéma classique famille-travail dont la plus horrible des représentations est incarnée par son père, modèle à ne pas suivre.

On assiste aussi à la genèse d’un écrivain : ses premiers contacts avec l’écriture et la lecture, les ouvrages qui l’ont marqué ( et que je vais m’empresser de lire à mon tour)…

 

Bref, Souvenirs d’un pas grand-chose est un texte très émouvant, parfois dur et parfois bourré d’humour. Certains passages sont à mourir de rire ( comme lorsqu’un camarade lui explique comment se font les bébés ou encore lorsque sa grand-mère tente de le soigner de son acné), d’autres suscitent la colère ou encore la tristesse. Parmi les meilleurs sont ceux où Bukowski parle vrai, nous jette au visage ce qu’il pense vraiment du système, un système absurde que tout le monde semble suivre aveuglément et dont il cherche à s’échapper.

C’est le roman d’une demi-vie ( car la suite est narrée dans Factotum) désabusée avec tout ce que cela peut comporter. On voit Bukowski sous un autre jour et il n’en devient que plus attachant encore.

 

« C'était dur à croire. La récré une fois finie, j'allai m'asseoir en classe et je réfléchis à tout ça. Ainsi donc, ma mère, elle avait un trou et mon père une bite qui crachait du jus. Mais comment pouvaient-ils avoir des trucs pareils et continuer à se balader comme si tout était normal ? On parle de choses et d'autres, on fait ça et on n'en dit rien à personne ? J'eus vraiment envie de dégueuler lorsque je songeai que c'était le jus de mon père qui m'avait fait démarrer. »

 

« La route que j'avais devant moi, j'aurais presque pu la voir. J'étais pauvre et j'allais le rester. L'argent, je n'en avais pas particulièrement envie. Je ne savais pas ce que je voulais. Si, je le savais. Je voulais trouver un endroit où me cacher, un endroit où il n'était pas obligatoire de faire quoi que ce soit. L'idée d'être quelque chose m'atterrait. Pire, elle me donnait envie de vomir. Devenir avocat, conseiller, ingénieur ou quelque chose d'approchant me semblait impossible. Se marier, avoir des enfants, se faire coincer dans une structure familiale, aller au boulot tous les jours et en revenir, non. Tout cela était impossible. Faire des trucs, des trucs simples, prendre part à un pique-nique en famille, être là pour la Noël, pour la Fête nationale, pour la Fête des Mères, pour... les gens ne naissaient-ils donc que pour supporter ce genre de choses et puis mourir ?»

 

 


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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 19:28

Bukowski-Journal-d-un-vieux-degueulasse-1.gifLes gens ont parfois besoin qu’on leur mette une grande claque dans la trogne et faut reconnaître que le grand Buko excelle en la matière.

D’entrée de jeu, rien qu’avec le titre, il nous met dans l’ambiance. Ici pas de chichis, Bukowski a des choses à dire et à raconter et il n’y va pas par quatre chemins. Il donne dans le brut de décoffrage, dans le cru et le vulgaire. Amis des Bisounours, circulez, y a rien à voir !

Connaissant cette réputation, on peut hésiter à se lancer dans l’œuvre de Bukowski et ça a été mon cas. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que Bukowski, ce n’est pas que des histoires de fesses, de beuveries et de courses de chevaux.

 

Journal d’un vieux dégueulasse est un recueil au style varié de très courtes nouvelles ou chroniques parues à l’origine dans un journal et incluant parfois des pages dédiées à quelques aphorismes ou encore des pages entières de dialogue non marqué.

On y croise le célèbre Neal Cassady mais aussi Jack Kerouac ainsi que d’autres personnages réputés, à l’image de Buko lui-même, pour leur anti-conformisme.

Bukowski y mêle la fiction et l’autobiographie mais y glisse aussi ses propres réflexions, son propre regard sur la société qui nous entoure mais aussi sur l’humanité dans son ensemble. Un regard dur et acéré mais tellement lucide. Il touche à tous les sujets, politique, religion, comportement humain, Bukowski est un anthropologue à sa façon.

 

Parmi donc quelques nouvelles fictionnelles, tantôt donnant dans le roman noir, tantôt dans le fantastique loufoque ( vous avez déjà vu un ange jouer au base-ball ?), et d’autres nouvelles inspirées de sa propre vie ou de celle de ses amis, Bukowski nous offre des passages d’une grande force, faisant éclater la vérité telle qu’elle est. Est-ce qu’il exagère ? Oui un peu et délibérément. Dans l’émission Apostrophe où il avait fait un passage remarqué, il explique clairement que la façon dont les philosophes et autres intellectuels s’adressent au public est tellement ennuyeuse qu’ils ont beau dire des vérités, personne ne les écoute. Bukowski, lui, garnit bien son hameçon avant de le lancer à l’eau. Et ça marche ! En tout cas, moi j’ai mordu.

 

Charles-Bukowski_7993.jpegJ’ai découvert un auteur qui, au-delà de sa réputation sulfureuse et de ses penchants pour l’alcool et le sexe, est un homme doté d’une certaine sensibilité. Dans certaines des nouvelles, il dévoile une partie de son enfance, de ses mauvaises expériences dans la vie active ou avec les femmes. Il y exprime une certaine forme de rage mais aussi d’impuissance, un sentiment  de fatalité et de renoncement qui s’illustre concrètement par ce qu’il appelle la position de l’homme frigorifié.

 

A côté de ça, c’est vrai que pour le lire, il vaut mieux ranger sa pudeur et son romantisme au placard. Les scènes de sexe abondent et sont décrites crûment sans artifices, inutile d’embellir ce qui ne l’est pas. Bukowski va même loin dans le scabreux : nécrophilie, scatophilie, faut avoir les tripes bien attachées !

 

Bukowski m’aura donc profondément marquée par son côté provocateur, son style percutant, son refus des conventions ( au point d’en volontairement ignorer les majuscules en début de phrase) et par son discours plein de bon sens et de perspicacité mais aussi surprise par son côté touchant et parfois plein d’humour.

J’ai découvert un très grand écrivain, je suis plus qu’emballée et j’ai bien l’intention de me jeter sur ses autres écrits.

 

 

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 20:31

max--1-.jpgRoman jeunesse qui commence à connaître un certain succès, Max a l’avantage d’aborder un sujet difficile, peu connu et rarement traité, celui du programme Lebensborn ayant pour objectif la fabrication de la race aryenne parfaite représentante du IIIème Reich et appelée à dominer le monde.

Sarah Cohen-Scali donne alors la parole à Max que l’on suit depuis sa naissance au sein d’un Heim, sorte d’usine à bébés nazis jusqu’à l’arrivée des alliés à Berlin. Relaté à la première personne, le récit place son lecteur dans la tête du jeune Max lui faisant profiter de toutes ses pensées. Le ton est froid, dénué de sentiments et parfois vulgaire.

 

Si le procédé est sympathique, il comporte néanmoins quelques défauts. Sarah Cohen-Scali prend le parti de faire de son personnage un être insensible et ce, dès ses premiers instants. Ce qui amène l’idée d’un être foncièrement mauvais par nature. J’avais plutôt imaginé la progressive influence des idées nazies sur un jeune esprit innocent et la lente formation d’une personnalité agressive et cruelle mais ce n’est pas le cas. Le gène du mal semble être implanté dès la conception qui n’est ni plus ni moins qu’un viol programmé.

 

Les dessous du processus Lebensborn nous sont donc progressivement dévoilés dans toute leur monstruosité : viols, assassinats des enfants non conformes et des mères récalcitrantes, enlèvement des enfants dans les pays conquis. Car les nazis ne se sont pas contentés de leurs propres bébés fabriqués, des opérations étaient aussi orchestrées pour aryaniser les enfants étrangers.

 

Max devient rapidement le prototype parfait de la race suprême et bénéficie de traitements de faveur. Il intègre les écoles des jeunesses hitlériennes et c’est lors de son passage dans l’une d’elle qu’il croise la route de Lukas. Ils ne se quitteront plus jusqu’à la défaite allemande.

Là aussi, l’auteur détaille la vie quotidienne de ces écoles de l’élite nazie chargées de faire de ces chères têtes blondes les futurs cadres des SS et de l’armée. La fin du récit nous plonge dans un Berlin en décombres où le peu d’habitants qui restent tentent de survivre.

 

Max est donc un roman intéressant même si j’ai déploré la vulgarité du ton. Etait-ce pour exacerber le caractère violent et fanatique du personnage ? Probablement. J’ai trouvé aussi notre bambin étrangement perspicace. Il comprend aisément des choses sans qu’on les lui explique, ce que j’ai trouvé difficilement crédible quand on pense aux couleuvres Père Noël et petite souris qu’on fait avaler aux enfants. L’auteur lui attribue des pensées et des raisonnements qui sont peu compatibles avec ceux d’un enfant de 5-6 ans quand bien même il serait surdoué.

 

Certains passages sont un peu répétitifs voire téléphonés. En fait, j’ai pris bien plus de plaisir à ma lecture à partir de la deuxième moitié et de la rencontre de Max avec Lukas ( personnage inspiré de Solomon Perel ).

 

Malgré ses quelques défauts, j’ai grandement apprécié cette lecture. L’ouvrage est documenté, clair, écrit dans un style fluide. J’ai apprécié la note de l’auteur précisant ses sources et la part de romancé et de véridique dans son roman.

Au final, l’adulte n’y apprendra peut-être pas grand chose ( quoique …) mais je pense que ce roman reste très instructif pour les ados.

 

Pour continuer sur le sujet :

Un film sur les Napolas ( les écoles d’élite des jeunesses hitlériennes ) :

http://www.youtube.com/watch?v=rn9togC_FY8

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 21:56

journal-arbre.jpgJe risque de ne pas être très tendre avec ce livre assez court qui pourtant partait sur un bon concept mais dont la réalisation m’a beaucoup déçue.

 

Tristan, un poirier planté sous Louis XV, nous raconte sa vie, les évènements auxquels il a assisté, nous décrit sa vision de son environnement. L’auteur lui attribue donc la capacité de penser et de ressentir, de juger aussi. Autant je trouvais cette idée excellente, autant l’auteur en a fait quelque chose qui m’a plutôt déplu.

 

Il est d’ailleurs difficile de résumer ce roman car la trame chronologique est complètement perturbée. Toujours est-il que le récit alterne entre les évènements passés de la vie de Tristan et les évènements actuels.

Tous les passages relatifs à son histoire sont très intéressants mais malheureusement trop survolés à mon goût. L’auteur a fait le choix de davantage insister sur les péripéties de quelques personnages principaux que l’âme de Tristan accompagne, péripéties d’ailleurs totalement dénuées d’intérêt et tombant dans la mièvrerie.

Le personnage principal Yannis est chargé d’écrire les mémoires de ce poirier. Ce qui a pour résultat de nous donner par endroit un semblant de récit dans le récit mais le procédé n’est clairement pas assumé ni affirmé. Je me demande donc : ai-je lu les véritables pensées du poirier ou n’ai-je lu que le résultat de l’imagination de Yannis ? Impossible pour moi de répondre.

 

Certains détails de la vie du poirier sont un peu trop énormes, ça frise le ridicule. Ça a pu paraître amusant pour certains mais franchement on n’y croit pas du tout.

De plus, lorsque Yannis entreprend de rédiger son texte, Tristan, le poirier a été déraciné. Son âme subsisterait donc à travers les sculptures qu’une artiste a réalisées dans son bois et parviendrait même à s'en détacher. J’aurais pu fermer les yeux sur ce raccourci un peu trop facile et pas très crédible si le récit n’était pas encombré de platitudes et de clichés.

Être juif, c’est bien. Être homosexuel, c’est bien. Être écolo, c’est super. Tromper son mari, bof, c’est pas grave. Mais être musulman … Ouh la la c’est très mal ! Les musulmans sont des méchants vilains qui rackettent, tabassent les gens et lapident leurs femmes.

Merci M. Van Cauwelaert de contribuer à la pensée unique qui alimente et véhicule ce genre de préjugés nauséabonds. N’est-ce pas vous qui, pourtant quelques pages avant la fin de votre roman, condamnez les penchants haineux et égoïstes des êtres humains et les encouragez à plus d’empathie ?

 

Quant à l’idée d’une nature vengeresque qui ferait payer à l’espèce humaine le mal qu’elle lui fait, ça m’a fortement rappelé ceci :

 

 


 

 

 

 

C’est dommage, je l’aimais bien Tristan. Touchant, doux et mélancolique, je m’y étais attachée. J’ai apprécié aussi les quelques passages relatifs à la physiologie des arbres, c’est très intéressant.

Mais tout de même quel gâchis que ce roman car si le message d’ensemble et le concept sont louables, la façon de les exploiter n’est malheureusement pas à la hauteur.

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 15:57

cartographie-des-nuages-3656313-250-400Après une grosse panne de lecture de près d’un mois, je reviens enfin à mes amours. Et pour les retrouvailles, j’ai choisi Cartographie des nuages de David Mitchell et bien m’en a pris car je me suis régalée !

 

De nombreuses critiques ont déjà loué l’originalité de la construction de ce roman mais il faut aussi souligner la cohérence de l’ensemble. David Mitchell a magistralement bien mené sa barque et il m’a bluffée non seulement par l’intelligence de son propos mais aussi par ses capacités à changer de genre et de style et tout ça de façon brillante.

 

Cartographie des nuages est une composition de 6 histoires qui semblent n’avoir rien en commun au premier abord mais qui sont toutes liées entre elles par une thématique commune, par certains éléments et par le fait qu’elles s’insèrent les unes dans les autres.

 

En lisant Cartographie des nuages, on ne lit pas un roman mais six et tous de genre différent.

Ainsi, vous aurez la joie de vous plonger dans un roman d’aventure maritime du XIXème siècle pour enchaîner avec un roman sentimental classique de l’entre-deux-guerres façon Stefan Zweig. Un thriller politico-industriel qui rappelle Erin Brockovich vous attend au tournant pour vous emmener ensuite en maison de retraite pour un roman plus contemporain s’inspirant du Misery de Stephen King à la sauce humoristique. C’est un roman SF dystopique qui vous accueille ensuite pour aboutir enfin à un récit post-apocalyptique qui m’a fait penser un peu au Déchronologue de Beauverger.

 

Des genres différents donc mais aussi des styles différents. David Mitchell utilise tous les outils possibles : le Journal, les mémoires, le genre épistolaire, la narration classique, l’interrogatoire, le discours oral etc… Et il adapte le langage à chacun : tantôt raffiné, tantôt prétentieux, ici humoristique et là jargonnesque. Un véritable exercice de style dont l’auteur se sort avec brio.

 

Bien qu’ils semblent totalement aux antipodes les uns des autres, chaque récit suit la même logique. David Mitchell utilise la carte de la réincarnation pour nous montrer à quel point l’Histoire se répète et à ça, son explication tient en une maxime de Hobbes «  l’homme est un loup pour l’homme ».

L’auteur nous en donne l’illustration à travers un même schéma : le rapport dominant-dominé, il nous démontre les mécanismes du pouvoir à travers plusieurs cas de figure : la colonisation des occidentaux et leur prétendue supériorité sur les autres « races », le pouvoir et l’emprise de l’amour et du jeu de séduction, la manipulation à des fins de réussite et de profit personnel, le pouvoir des grands lobbies industriels, la domination des plus jeunes sur les anciens jugés inutiles et encombrants, le pouvoir des peuples disposant des richesses et de la technologie sur ceux qui n’ont rien etc…

Chaque récit met donc en scène une ou plusieurs de ces formes de pouvoir et dans chaque récit, un ou plusieurs personnages tentent de se rebeller contre cet ordre établi et qui semble immuable et destiné à se répéter indéfiniment. Dans chaque exemple, toute tentative pour créer une situation d’égalité entre les hommes que ce soit par la religion ou par les lois semble vouée à l’échec. La nature humaine serait ainsi faite qu’elle se doit de dominer et d’écraser les plus faibles. Mais David Mitchell préfère conclure sur une note plus optimiste.

 

En revanche, ceux qui n’apprécient pas d’être interrompu en pleine intrigue risquent de grincer des dents. Le procédé, un peu façon Si par une nuit d’hiver un voyageur de Calvino, peut être frustrant mais pour ma part, j’ai adoré. Et les nombreuses références culturelles que ce soit cinématographiques, artistiques et littéraires sont très appréciables.

Donc voilà un roman brillamment orchestré, toute en intelligence. Les pages défilent et on ne s’ennuie pas un instant. L’impression de lire six romans dans des registres si différents est très agréable et motivante. Le propos est cohérent et même si certains rebondissements sont largement prévisibles, j’ai passé un excellent moment de lecture riche et divertissant.

 

Je vais essayer de voir le film prochainement mais j'ai assez peur d'être déçue ...

 

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 10:08

 

Bookinity est un nouveau site littéraire et, pour le lancement de sa page Facebook, le site organise un tirage au sort vous permettant de gagner une liseuse ou des livres. Je relaie donc l’information. N’hésitez pas à participer, vous avez jusqu’au 10 juin pour cela. Voici les modalités dans le détail de l’opération « Valise à lire » :

 

 bookinity_header240.png

 

 

Bientôt l’été (et l’on espère le soleil !), c’est l’occasion de s’accorder des moments de détente, autour d’un livre par exemple. Que vous soyez plutôt du genre à voyager léger ou à emporter tout le contenu de vos placards, il se pose forcément la question des livres que vous allez pouvoir caser dans vos bagages. Que lire cet été ?

Pour le lancement de sa page Facebook, Bookinity, le site Internet de recommandations de lectures, vous propose de participer à un tirage au sort et de gagner les lots de « La Valise à lire » de l’été :


*1er prix : 1 Liseuse Sony Prs-T2 Noire d’une valeur de 129 €
2e prix : les 4 livres qui auront reçu le plus de votes dans chaque catégorie
3e prix : les 2 livres vainqueurs dans les catégories “émouvant” et “drôle”.
4e prix : le livre vainqueur de la catégorie “exaltant”
5e prix : le livre vainqueur de la catégorie “effrayant”

Comment participer ? Il suffit de devenir fan de la page !
Les plus inspirés pourront également voter pour le contenu de cette valise. En effet, Bookinity a présélectionné 20 romans à départager. Et comme sur le site, à chaque humeur ses lectures. Que vous ayez envie de rire aux éclats, d’être transporté ailleurs, de trembler de peur ou de vous laisser submerger par vos émotions, nous vous proposons un album Facebook de 5 livres. Dans chaque catégorie-humeur, à vous de choisir celui que vous avez le plus envie de lire en cliquant "j'aime". Le titre vainqueur de chaque catégorie le lundi 10 juin à 10h, sera ajouté à la valise et mis en scène dans une prochaine vidéo de recommandation de lecture sur la chaîne YouTube de Bookinity (http://www.youtube.com/watch?v=9vXSntRBg_0). 

Alors, à vos souris, prêts, votez !

Pour faire d’autres découvertes, retrouvez-nous sur Bookinity.net.
Les résultats seront annoncés à partir du vendredi 14 juin 2013, par message privé ou mail. Le règlement est disponible sur simple demande à team@bookinity.net

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 19:43

cavaliers.jpgParticiper au bouzkachi royal de Kaboul, chevaucher à travers les hauts sommets et les vallées de l’Hindou-Kouch, parcourir les allées du bazar et rester bouche-bée devant les gigantesques statues de Bouddha à Bamiyan, croiser la longue caravane des nomades Pachtous, se régaler les yeux du jeu de miroir des 5 lacs de Band-Y-Amir, courir au grand galop cheveux au vent à travers les steppes du Nord de l’Afghanistan, vivre une incroyable aventure humaine où se combattent fierté, honneur, cupidité, voilà ce qui vous attend à la lecture du magnifique roman Les cavaliers de Joseph Kessel.

 

Ouroz, fils du grand tchopendoz Toursène à la renommée sans égale, veut marcher sur les traces de son père. Accompagné de Jehol le plus beau et le plus fort étalon de toute la région, Ouroz participe à un événement unique dans l’histoire de l’Afghanistan : le premier bouzkachi royal se tenant à Kaboul devant le roi lui-même.

 

Plus qu’à un simple jeu, c’est à un combat contre lui-même qu’Ouroz doit se livrer, une lutte contre son appétit de gloire, une lutte contre le déshonneur. Son orgueil, cette tenace volonté de se surpasser et de prouver sa valeur vont le conduire très loin, par un long et périlleux voyage à travers le pays, repoussant davantage ses propres limites physiques et morales.

 

Ouroz a un caractère très dur mais j’ai l’impression que c’est une caractéristique propre aux hommes des steppes. En tant que lecteur, tantôt on l’admire et l’encourage, tantôt on le hait et on le méprise. Son comportement parfois abject et égoïste va même corrompre la plus charitable et dévouée des âmes.

 

De son côté, le grand Toursène effectue un même itinéraire intérieur. Son honneur et sa dignité lui font mal accepter sa vieillesse et le fait que son fils puisse le remplacer.

 

Les cavaliers, c’est aussi un beau roman sur la relation d’un père à son fils, le premier jalousant le second, le second cherchant à surpasser le premier. Il faudra les sages conseils de Guardi-Guedj L’Aïeul de Tout Le Monde pour les guider sur la bonne voie.

 

Mais le véritable héros de cette incroyable épopée reste Jehol, le courageux et vaillant étalon qui prouvera à plusieurs reprises à quel point il concentre à lui seul bien plus de qualités humaines que tous les personnages du livre réunis.

 

Bref, j’ai adoré ce roman, je suis complètement envoûtée et emportée par ce souffle épique d’une force incroyable. Les descriptions sont grandioses servies par une plume magnifique et poétique. Joseph Kessel immerge complètement son lecteur dans l’ambiance par des détails sur les coutumes, traditions, légendes, superstitions, sur la culture, la cuisine, le mode de vie afghans. Il nous en décrit toute la richesse, la diversité, toute la subtilité.

Il dépeint ses personnages avec force, nous livre leurs introspections, leurs plus profondes pensées, leurs hésitations, leur rage. Le lecteur se laisse emporter, se fait berner par l’un, par l’autre, assiste médusé à certains revirements.

A aucun instant, on ne s’ennuie, on tourne les pages avec avidité poursuivant notre propre quête avec autant de frénésie qu’Ouroz nous entraîne dans sa folie.

 

C’est à coup sûr le plus beau voyage littéraire qu’il m’ait été donné de faire jusqu’à ce jour. Un roman dépaysant et grandiose à lire sans attendre !

 

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 16:29

la-colline-oubliee-mouloud-mammerie.jpgAprès mon engouement pour La Traversée de Mouloud Mammeri, j’avais hâte de renouer avec cet auteur et de découvrir ses autres titres. Cette fois, je me suis donc penchée sur son tout premier roman La colline oubliée célèbre pour la polémique qu’il a soulevée à sa sortie. En pleine époque coloniale, emblème du clivage colon/colonisé, La colline oubliée a cristallisé les rancoeurs d’un peuple subissant l’oppression de l’occupant. Encensé du côté français, le roman a été perçu par les algériens comme une volonté de l’auteur de faire le jeu du colonisateur en écrivant un texte identitaire s’intéressant uniquement au peuple kabyle. On retrouve dès cet instant cette querelle qui oppose les arabes et les kabyles, ces derniers s’estimant être les véritables algériens d’origine. En ne traitant que de sa communauté, Mouloud Mammeri est alors accusé de favoriser la division du peuple algérien et de faciliter ainsi sa domination par les français.

 

La colline oubliée nous plonge donc dans la vie d’un petit village de Kabylie dans les années 1940. L’Algérie est encore colonie française et par ce statut, la France va exiger de sa population sa contribution à l’effort de guerre.

Les vacances d’été marquent le fin de l’année scolaire et Mokrane retourne dans le village de son enfance. Il espère y retrouver ses amis. Mais tous ont grandi, évolué, sont devenus adultes avec des préoccupations bien différentes de leurs anciens jeux d’adolescents. Se marier, avoir des enfants, s’installer et pourvoir aux besoins de sa famille sont maintenant leur horizon.

 

Mouloud Mammeri ne nous raconte pas une histoire particulière, il n’y pas vraiment d’intrigue mais il nous dépeint la vie quotidienne de ce village et de ses habitants à l’époque coloniale. Certaines familles aisées s’en sortent bien mais pour la plupart des habitants, c’est un combat de chaque instant qui les occupe. Trouver un travail, le garder et surtout trouver de quoi nourrir sa femme et ses enfants, être obligé de mendier chez ses voisins lorsqu’on a pas réussi à ramener assez d’argent pour le repas.

La faim, le froid, la maladie et la guerre vont effacer d’anciennes querelles et faire se tisser des liens inattendus. Le rapport homme/femme aussi, si particulier dans la société kabyle, trouve largement sa place : mariages arrangés, par dépit, répudiation, tentative d’assassinat permettent de comprendre le statut de la femme et de son époux dans cette société si codifiée et qui fonctionne sur la réputation et l’honneur.

Mais Mouloud Mammeri va nous illustrer l’évolution de ces mentalités, évolution due à la guerre et au contact de la nouvelle génération avec la société et les mœurs occidentales. Un clivage se marque alors entre les anciens du village et les plus jeunes, clivage qui apparaît à travers plusieurs exemples comme le rapport de Mokrane à son épouse répudiée, l’abandon de certaines coutumes du village, la remise en cause par certains de l’ordre établi.

 

La colline oubliée est alors presque une étude sociologique. Ce roman m’a beaucoup rappelé La terre et le sang de Mouloud Feraoun. J’y ai retrouvé la même atmosphère et la même force mais avec, en plus, cette volonté de montrer le bouleversement que connaît la société algérienne. Pourtant je l’ai moins apprécié que La Traversée qui a probablement bénéficié de ma fascination pour le désert car j’ai trouvé La colline oubliée moins engagée. Il y manque le panache et la force dénonciatrice du dernier roman de Mammeri.

 

Ce fut néanmoins une bien belle lecture et j’ai hâte de retrouver la patte de Mammeri avec son 2ème roman Le sommeil du juste qui se déroule, lui, à la veille de la guerre d’indépendance.

 

 

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