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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 16:47

vikas.jpgImaginez qu’un inconnu vous aborde dans la rue pour vous proposer de lui succéder à la tête de son entreprise et d’ainsi hériter de plusieurs milliards. La proposition est assez hallucinante pour susciter d’emblée la méfiance. Surtout que la proposition inclut dans ses conditions la réussite à sept épreuves dont vous ignorez totalement la nature.

Sapna est une jeune femme pleine de bon sens en charge de sa famille marquée par les drames. Lorsque sa situation devient sans issue, elle n’a d’autre recours que d’accepter de signer ce qui s’apparente à un pacte avec le diable.

 

Conte de fées moderne ou mythe de Faust revisité et modifié, ce dernier roman de Vikas Swarup est mon tout premier de cet auteur. Malgré le succès colossal de ses précédents romans ainsi que du film « Slumdog Millionnaire », j’étais restée complètement en marge du phénomène et je n’ai aucun point de comparaison. Je ne peux donc vous dire si ce dernier opus est meilleur ou moins bon.

Néanmoins, j’ai passé un très bon moment de lecture malgré les gros défauts qui, en temps ordinaires, m’auraient probablement rebutée. Mais il faut croire que cette lecture tombait au moment où j’en avais besoin et c’est toujours avec plaisir que je reprenais le fil des aventures de Sapna après mes pauses.

Le principe des sept épreuves entraîne une construction du récit en plusieurs petites histoires certes liées entre elles, mais qui donnent une impression inégale. Je ne les ai pas toutes trouvées pertinentes ni similaires en qualité et en intérêt. Certaines donnent au roman un côté finalement trop artificiel et la sensation d’incohérence domine. Tout ne se tient pas et on a parfois du mal à y croire. Ça semble trop énorme ( mais l’idée principale du roman est déjà trop énorme en soi) et pas crédible. Toutefois, si on garde à l’esprit qu’on lit justement un conte, ce défaut se gomme et on passe outre pour se laisser embarquer dans l’aventure.

J’ai aussi beaucoup apprécié de me retrouver plongée dans la société indienne. Vikas Swarup semble en dresser un portrait sans langue de bois, évoquant et dénonçant les traditions barbares qui perdurent encore dans les campagnes, le statut fragile des femmes, des plus pauvres et des malades, les mariages forcés, les trafics d’organe et surtout la corruption et les scandales financiers. Mais d’un autre côté, ça fait justement un peu too much pour un seul livre.

Les personnages sont très attachants, Sapna et ses sœurs reflètent bien les profils de jeune fille les plus courants de notre société moderne : la romantique qui rêve d’amour, la superficielle et matérialiste qui rêve de gloire et de célébrité et la pragmatique qui garde les pieds sur terre et se tue à joindre les deux bouts. Chacune est alors confrontée aux inévitables épreuves liées à leur profil.

Finalement, les sept épreuves imposées à Sapna ne sont qu’un condensé des obstacles que la vie nous impose. Le tout a malheureusement un côté « donneur de leçon » qui peut agacer.

 

Malgré tout, j’ai beaucoup apprécié ma lecture. Ce roman de Vikas Swarup a représenté pour moi un très bon divertissement, l’évasion dont j’avais besoin loin du stress du quotidien.

 

Je remercie infiniment Babelio et les éditions Belfond pour cette lecture ( et je m’excuse de mon retard).

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 00:48

le-festin-de-roses.jpgRésumé :

 

J’ai pour habitude de céder à la facilité et de me contenter, en guise de résumé, de copier-coller le texte de la quatrième de couverture. Mais pour vous prouver que je ne le fais que dans les cas où elle est pertinente et fidèle au roman, j’ai décidé cette fois-ci de faire mon propre résumé car, justement, la quatrième de couverture est trompeuse et c’est à se demander si son auteur a vraiment lu le livre.

Nous sommes au XVIIème siècle au sein de l’empire Moghol sous le règne de l’empereur Jahangir. Depuis son vingtième mariage avec la belle Mehrunnisa à laquelle il voue une véritable passion, il perd peu à peu de sa crédibilité auprès de ses sujets. Pourquoi ? Parce qu’au sein de la société moghole où les femmes n’ont aucun droit ni pouvoir, Jahangir innove et choque en laissant de plus en plus sa femme prendre les rênes du gouvernement et imposer ses décisions. C’est la vie de cette incroyable femme, pourtant issue du petit peuple et portée au sommet du pouvoir, que Le Festin de Roses nous relate, de son mariage à son décès.

 

 

Mon avis :

 

Bien que passionnée d’Histoire, je connais très mal celle de l’Inde hormis peut-être les grands noms des empereurs moghols Babur, Akbar et Shah Jahan. Mais alors Jahangir, je ne le connaissais pas. Eh bien, Jahangir est tout simplement le fils d’Akbar et le père de Shah Jahan. Il a régné de 1605 à 1627 sur un immense empire comprenant tout le nord de l’Inde, le Pakistan et une partie de l’Afghanistan.

Bien que l’objet du roman soit la vie de son épouse Mehrunnisa ( à laquelle il donna le titre de Nur Jahan = lumière du monde), le contexte historique est très présent et c’est à un passionnant cours d’Histoire moghole ainsi qu’une magnifique visite guidée des palais moghols que nous convie ce roman.

En achetant ce livre (sur un simple coup de tête), j’ai eu un peu peur d’avoir affaire à une banale histoire à l’eau de rose ( ce que la quatrième de couverture laisse entendre). J’ai même bien failli ne jamais donner sa chance à ce livre et ne jamais l’ouvrir.

Eh bien, de la chance, c’est moi qui en ai eu. Car ce roman est une véritable merveille, un petit bijou de roman historique comme je les aime.

Alors oui, il y a des histoires d’amour mais jamais l’auteur ne tombe dans la mièvrerie et jamais elle ne tombe dans le vulgaire comme c’est souvent la mode dans la littérature actuelle. Les scènes érotiques sont à peine suggérées, rien de cru, rien de choquant, tout en finesse et romantisme. Bref, tout ce que j’aime.

Au début de la lecture, on se prend facilement d’amitié pour cette jeune femme issue d’un milieu modeste , veuve d’un premier mari qu’on l’avait forcée à épouser. Mais au fur et à mesure, on apprend à la connaître, à voir en elle un caractère fort et entêté. Nur Jahan influence fortement son époux et va jusqu’à bafouer l’étiquette et tous les codes moraux qui prévalaient à la cour jusqu’alors. Elle a une incroyable soif de pouvoir et pour assouvir ses ambitions et atteindre ses objectifs, elle se fait machiavélique et manipulatrice. On l’aime et on la déteste en même temps.

En lisant Le Festin de Roses, vous vous retrouverez donc plongé au cœur des manigances, des complots et des intrigues de palais. Les alliances se font et se défont au gré des intérêts personnels, on assassine et on organise des coups d’Etat. Les liens du sang pèsent peu face à l’attrait de la couronne impériale et les fils n’hésitent pas à renverser voire éliminer les frères et les pères. A tout ceci, s’ajoute la lutte entre Anglais et Portugais pour l’obtention d’un traité commercial avec l’Empire et la maîtrise des mers. Le roman raconte les premiers contacts et les difficultés qu’ont connu les ambassadeurs de la couronne britannique.

 

fort-rouge.jpgL’auteur décrit aussi avec brio l’atmosphère indienne avec ses saveurs, ses odeurs, la chaleur écrasante de la région d’Agra, les pluies dévastatrices de la mousson, les épidémies de peste et leurs conséquences.

Les descriptions sont magiques et envoûtantes comme dans un conte de fées. Mais elle insiste aussi pour mon plus grand plaisir sur les détails architecturaux. J’ai pu ainsi visiter le palais rouge d’Agra et m’imaginer la magnificence et la richesse de ses décors. Et le final en beauté avec la construction du célèbre et éblouissant Taj Mahal érigé par le fils rebelle de Jahangir pour son épouse dont vous ferez la connaissance en lisant ce roman.

Au niveau du style, je n’ai rien à redire. Sauf peut-être que j’ai parfois été gênée par l’emploi des termes arabes. Ils sont certes expliqués lors de leur première évocation mais j’ai tendance à vite oublier, je pense qu’un lexique en fin d’ouvrage aurait été appréciable. En dehors de ça, l’écriture est des plus agréables. Indu Sundaresan a un vrai talent de conteur.

 

Je me dois de préciser tout de même que Le Festin de Roses est en réalité la suite d’un premier volume intitulé La vingtième épouse qui raconte la vie de Mehrunnisa de sa naissance à son mariage. Je dois reconnaître que si je n’avais pas surfé sur la toile à la recherche de critiques sur ce livre, je ne l’aurais su qu’en toute fin de lecture. L’auteur rappelle les évènements précédents dans le récit avec naturel, ce qui fait que je ne m’étais rendue compte de rien.

A noter aussi, au début de chaque chapitre un extrait d’ouvrage authentique sur l’Histoire moghole (mémoires, récits de voyages …) et en fin de volume, un épilogue dans lequel l’auteur nous informe des libertés qu’elle a pu prendre avec l’Histoire ( très peu finalement).

Je pense que vous aurez compris que je sors de ma lecture totalement charmée, envoûtée. C’est un énorme coup de cœur et je vous le conseille plus que vivement.

Maintenant, je vais tout faire pour me procurer le tout dernier roman d’Indu Sundaresan : Princesse de l’ombre qui se penche cette fois sur l’histoire de la fille de Shah Jahan.

Et pour tout vous dire, j’ai une folle envie d’aller en Inde pour voir tout ça de mes yeux !

 

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Cette lecture entre dans le cadre du challenge international lancé par misss-bouquins et du challenge Histoire repris par Lynnae.

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