BIENVENUE !

Amis bouquinovores, drogués du livre, renifleurs de papier fraîchement imprimé, dévaliseurs de librairies, acheteurs bouquinophiles compulsifs qui êtes frustrés à l'idée de ne pas vivre assez longtemps pour lire tous ces chefs d'oeuvre dont regorgent librairies et bibliothèques, soyez les bienvenus sur ce modeste blog.

Après avoir vainement tenté de partager mes lectures sur ma page Facebook, je me suis décidée à ouvrir mon propre blog. Je débute en la matière, n'hésitez pas à me laisser vos remarques, je ne demande qu'à progresser.

Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 14:26

mandanipour4ème de couverture :

 

Je vais vous raconter l'histoire d'amour de Sara et Dara. Comment s'aimer en Iran, quand toute rencontre entre les deux sexes est proscrite? Rencontre interdite à vivre comme à écrire... Voilà également mon histoire d'écrivain, une histoire d'amour avec les mots, semée d'embûches. Car dans mon pays, lorsqu'il s'agit d'amour, toujours la censure veille... Ensemble, nous allons la déjouer!

 

Mon avis :

 

J’avais déjà repéré ce titre lors de sa sortie et puis il est sorti de ma tête jusqu’à ce que je le vois en format poche sur un des étals de ma librairie. Prise de doutes, je le repose. Une fois rentrée, je fais le tour des critiques, plutôt disparates mais l’avis de Keisha achève de me convaincre et je retourne à la librairie.

Une fois le précieux bien convoité entre mes mains, je m’y plonge aussitôt.

A présent je l’ai terminé et je n’ai qu’une envie : le relire.

J’ai vraiment adoré ce roman qui concentre en quelques 400 pages tout ce que j’aime dans la littérature.

 

L’objectif de l’auteur à travers ce roman est de nous montrer à quels problèmes lors de l’écriture est confronté un auteur iranien qui souhaite être publié dans son pays. Pour cela, Shahriar Mandanipour va se mettre lui-même en scène ainsi que le censeur M. Petrovitch ( oui oui, le juge chargé du cas Raskolnikov dans Crime et châtiment).

Les transformations opérées dans le texte sont rendues visibles : en gras le corps de l’histoire d’amour que l’auteur veut raconter, les passages susceptibles de ne pas passer la censure sont rayés, en forme normale les interventions de l’auteur, ses dialogues avec M. Petrovitch, le roman tel qu’il aimerait le raconter, les anecdotes et des tas d’autres petites choses intéressantes.

Vous l’aurez compris, le plus intéressant dans ce livre n’est pas l’histoire d’amour en elle-même mais la façon dont elle est racontée et pourquoi elle est racontée de cette façon et pas d’une autre. Shahriar Mandanipour ponctue donc son récit de nombreuses références littéraires notamment iraniennes ce qui nous permet de la découvrir dans toute sa subtilité où la symbolique est très importante. En Iran, la religion ne permet pas la proximité homme-femme telle que nous la connaissons chez nous. Les relations amoureuses se font en cachette et dans la littérature elles se cachent sous de nombreuses formes poétiques puisant dans les registres de la nature. Ce que Shahriar Mandanipour nous démontre à merveille en analysant pour nous quelques vers célèbres, le passage est d’une ironie mordante et on ne peut s’empêcher de sourire.

 

Outre la littérature iranienne, c’est aussi quelques pans de l’histoire du pays mais surtout des contes de grand-mère et des légendes que l’auteur nous fait découvrir pour notre plus grand plaisir. Ainsi vous connaîtrez la légende liée aux roses de Damas et vous ferez connaissance avec Shinin et Khosrow personnages très célèbres de la littérature iranienne grâce auxquels vous comprendrez pourquoi l’Iran, au cours de sa longue histoire, s’est toujours fait envahir.

En plus d’avoir un aperçu de la richesse de la culture iranienne, En censurant un roman d’amour iranien vous emmène au cœur du pays et vous fait partager le quotidien des iraniens jamais à court d’idées pour contourner les lois qui leur interdisent tout contact avec l’Occident ( que ce soit à travers la télévision, la musique, le cinéma, la littérature…) et toujours prêts à  échapper aux patrouilles de la Campagne contre la corruption sociale.

Par contre à ce sujet, je me pose quelques questions car d’après l’auteur hommes et femmes ne peuvent pas emprunter le même trottoir dans la rue, or ce n’est pas ce que j’ai vu dans les documentaires que j’ai visionnés en parallèle de ma lecture, de même j’y ai vu hommes et femmes aller dîner ensemble au fast-food…(s’il y a des iraniens parmi vous, je serai heureuse d’avoir leur point de vue sur la question).

 

Autre petite chose qui me rend perplexe, c’est ce fameux cadavre de nain bossu. Apparemment, il est une référence aux Mille et une nuits (il faut absolument que je les lise) mais du coup je n’ai pas compris …

Donc voilà, le récit est truffé de subtilités et de clins d’œil qu’il faut savoir repérer et décrypter pour pouvoir les apprécier. L’auteur s’amuse aussi avec son lecteur en s’adressant directement à lui et en anticipant ses réactions et ses questions. Il intervient lui-même dans son récit en interagissant avec ses personnages. Je sais bien que le procédé n’est pas nouveau mais j’adore ça quand même surtout que Shahriar Mandanipour est parvenu à me bluffer à plusieurs reprises et en particulier à la fin, une fin à laquelle je ne m’attendais absolument pas !

Bref En censurant un roman d’amour iranien est un petit bijou qui m’a fait rêver, voyager et rire aussi tellement certains passages sont comiques. L’auteur a réussi avec un grand talent à démontrer l’absurdité de la censure, système qui ignore complètement le pouvoir d’imagination du lecteur. Je me souviens d’un passage érotique que l’auteur a tenté de raconter sous plusieurs formes pour éviter la censure, certaines étaient ridicules mais une autre, tout en étant extrêmement imagée, était bien plus torride que si l’auteur avait utilisé des mots crus. Et que dire de ce que peuvent laisser croire les fameux et très utiles points de suspension …

 

J’ai lu que certains lecteurs avaient été gênés par le style. Il est vrai que la version française est une double traduction ( du farsi à l’anglais et de l’anglais au français). Personnellement, je tiens à saluer le travail des traducteurs car cela devait être extrêmement difficile, je n’ai pas du tout été gênée et j’ai déjà eu entre les mains des simples traductions qui, elles, étaient illisibles.

 

Donc voilà, un gros coup de cœur pour ce roman qui se veut récit engagé et conte oriental à la fois que je relirai très certainement ( et il en faut vraiment pour que je relise un livre !) et qui m’encourage à découvrir plus encore la littérature et la culture iranienne.

Par Aaliz - Publié dans : Littérature du Moyen-Orient
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 16:15

IMM

 

Raaaaaa oui je suis faible, j'ai encore cédé ! Voici les tentations de la semaine :

 

pacifique.jpg

 

Pacifique, 2ème roman d'Eric Michel qui a déjà connu un grand succès avec son tout premier roman que je n'ai pas encore lu mais ça ne saurait tarder car il s'intitule : Algérie ! Algérie ! Je me demande comment j'ai pu passer à côté ...

En attendant de me le procurer ( ce qui va être difficile vu son prix et le fait qu'il n'existe pas en poche ...), c'est avec plaisir que j'honorerai son 2ème roman offert par Babelio et les Editions Salvator dans le cadre de l'opération Masse Critique.

 

 

 

   mandanipour.jpgLeCoeurCousudarwich.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et achetés en librairie :

 

- En censurant un roman d'amour iranien de Shariar Mandanipour , craquage du à ma curiosité et ma soif de connaissance concernant le monde musulman et puis après avoir lu la chronique de Keisha, je ne pouvais pas faire autrement. Je suis en pleine lecture et j'aurai pas mal de choses à dire je pense.

 

- Le coeur cousu de Carole Martinez à lire pour le Book Club de juillet sur Livraddict ( vu à quel point il a été encensé, j'espère ne pas être déçue !)

 

- Une mémoire pour l'oubli de Mahmoud Darwich, toujours parce que ça concerne le monde musulman et choix fortement influencé par l'enthousiasme de Joyce.

 

Voilà ! Je ne dis plus que je vais être raisonnable puisqu'apparemment je fais tout le contraire de ce que je dis !

Le prochain IMM sera donc un IMM de pure folie !

En attendant, je vous souhaite une excellente semaine pleine de jolies découvertes !

Par Aaliz - Publié dans : In my mailbox
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 16:46

marai4ème de couverture :

 

Dans une petite ville de la province hongroise, un respectable professeur de latin mène une vie terne et solitaire, dénuée de surprises. Lorsqu’il entreprend de tenir son journal, pour « faire passer le temps », cette apparente tranquillité vole en éclats. Au fur et à mesure qu’il couche sur le papier les menus faits et gestes de ses journées, des bribes de souvenirs d’enfance lui reviennent, la glace qui recouvrait ses émotions se craquelle, et sa propre vérité surgit enfin. Cette fêlure en annonce une autre, qui va faire basculer sa vie : une passion amoureuse, violente, ravageuse… Ce premier roman de Sándor Márai impose d’emblée le talent magistral du grand auteur des Braises.

 

Mon avis :

 

Se plonger dans Le premier amour, c’est partir à la découverte d’un homme à travers son journal. On y côtoie toutes ses pensées des plus nobles aux plus immorales. La forme du journal intime est un procédé souvent utilisé en littérature mais là où Sándor Márai se démarque c’est qu’on a vraiment la sensation de lire un vrai journal intime et non pas une fiction. Les passages où le narrateur se répète, se contredit, sont tellement criants de vérité que ça n’a fait qu’accentuer mes émotions lors de ma lecture.

Il m’a troublée, m’a rendue perplexe, m’a émue, m’a fait de la peine, m’a choquée, m’a  horrifiée. Je ne savais plus quoi penser de lui, je le sentais parfois à la limite de la folie et pourtant certains détails m’ont rappelé des évènements et des sensations vécus personnellement et ça n’en est que plus troublant encore.

Ce roman est celui de la solitude d’un homme, un homme qui va chercher et réfléchir à comment en finir avec cette solitude qui lui pèse. C’est aussi l’histoire d’un homme qui réalise peu à peu qu’il est passé à côté de sa vie. Mais il n’est peut-être pas trop tard ?

 

« Il existe au monde des malheurs et des bonheurs à côté desquels tout ce qui peut m'arriver, chaque événement, du plus horrible au plus heureux, produit le même effet qu'une mouche qui se décolle et tombe d'une fenêtre à l'automne. C'est à dire rien. Je ne suis personne. »

 

Je ne sais pas quoi dire de plus, je trouve que concernant l’histoire, la 4ème de couverture en dit assez sans en dire trop, je voudrais donc que ceux qui me lisent s’en contentent comme je m’en suis contentée et qu’ils puissent découvrir ce roman de la même façon que je l’ai découvert.

Je l’ai trouvé très actuel par les thèmes qu’il évoque, je me dis que finalement l’être humain a toujours été confronté aux mêmes questions existentielles quelle que soit l’époque.

 

« Quand on lit attentivement un quotidien, on a l’impression que la vie sur terre n’est qu’une série de catastrophes injustes[…] On ne parle que de souffrance, et qui plus est, d’innocents qui souffrent. Lire de fond en comble les nouvelles du jour de temps en temps est très intéressant. Ça m’a calmé parce que je me suis dit que je fais partie de la communauté des hommes, puisqu’ils souffrent tous et que moi aussi, je souffre. »

 

J’ai beaucoup pensé au Loup des steppes de Herman Hesse. Mais si le thème principal reste sensiblement le même, le traitement et l’approche sont complètement différents. Le loup des steppes est plus philosophique, Harry se met de lui-même à l’écart du monde parce qu’il n’en partage pas les valeurs, il le rejette délibérément. A l’inverse, dans Le premier amour, j’ai eu plus l’impression d’une solitude subie. J’ai senti Gaspard parfois très imbu de sa personne et j’attribuais sa solitude à ce trait de caractère, il ne trouve personne assez bien pour lui. Mais dix lignes après, il fait montre d’une telle compassion envers autrui que mes théories en sont réduites à néant.

 

Bref cette lecture m’a désorientée et m’a beaucoup touchée en même temps. Je suis ravie d’avoir découvert ce grand auteur de talent et je poursuivrai sans aucun doute ma découverte.

Par Aaliz - Publié dans : Littérature d'Europe de l'Est
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 11:28

l'historienne4ème de couverture :

 

J’ai tout découvert un après-midi de 1972, en fouillant dans la bibliothèque de notre maison d’Amsterdam. Un livre ancien a attiré mon regard : toutes ses pages étaient blanches sauf une, comportant un dessin. Jamais je ne l’oublierai : un dragon entourant de ses griffes un seul mot, DRAKULA.

Enfin le mystérieux passé de mon père s’éclairait : la soudaine disparition de son directeur de thèse, ses propres recherches, ses voyages … pour cerner cette figure de l’Histoire, Vlad l’Empaleur.

J’ai su alors qu’à mon tour rien ne pourrait me détourner de cette quête. Même si, à l’ombre de Drakula, la vérité est sortie de la légende, plus terrifiante encore.

 

Mon avis :

 

Oui, encore une histoire avec Dracula, je fais ma crise, je suis mordue (mouah ah ah) mais ne rions pas trop vite car c’est à mon tour de sortir les crocs.

L’historienne et Drakula, quel programme ! Non mais comment j’ai pu m’attendre une seconde à quelque chose de sérieux ?

Oui donc voilà, je m’attendais à un beau roman érudit sur l’histoire de la légende de Dracula et sur l’histoire de celui qui inspira le personnage, le célèbre Vlad Tepes dit l'Empaleur. Au lieu de ça, j’ai eu un ersatz de Da Vinci Code à la sauce vampiresque.

 

Ce roman me laisse terriblement perplexe.

L’éditeur prétend que l’auteur a mené des recherches historiques sur le sujet pendant près de 10 ans. Mais vu qu’Elizabeth Kostova ne fait, dans son roman, que redonner corps à la célèbre légende de Dracula, sans tenir compte de la réalité historique, je me pose la question de ce qu’elle a vraiment voulu faire.

Elizabeth Kostova ne s’est apparemment pas bien renseignée sur notre très cher Vlad car elle appuie la légende faisant de lui un triste sire sanguinaire alors que des études sérieuses ont depuis longtemps mis à jour que ce pauvre Vlad n’a pas été plus sanguinaire qu’un autre à son époque et qu’il a été, malheureusement pour sa mémoire, victime de pamphlets calomniateurs visant tout simplement à ternir son image, ce qui a visiblement réussi.

 

Là où dans le Da Vinci Code on se baladait de musée en église, ici on se balade de bibliothèque en université puis salle d’archives et église à l’occasion. Alors oui, ça fait des recherches, ça compulse des livres, ça dépouille des cartes et des lettres. Sauf que voilà, il n’y a quasiment rien de vrai là-dedans. Les trois-quarts des références bibliographiques données sont fictives, certains lieux « historiques » sont également nés de l’imagination de l’auteur et on croise même le nom d’un moine cité à une certaine époque où en réalité il était mort et canonisé depuis belle lurette. Au début, je m’obstinais donc à vérifier tout ça et puis j’en ai eu assez, j’ai donc poursuivi ma lecture sans plus me soucier de différencier le vrai du faux. Oui parce qu’il y a quand même quelques détails historiques véridiques noyés dans le reste. A vous de décider si vous voulez aller à la pêche, moi j’ai rapidement rangé ma canne…

 

Ce roman est présenté en 2 tomes, le premier s’achevant bien sûr en plein moment crucial. Le récit est constitué de récits emboîtés les uns dans les autres façon poupées gigognes présentés sous forme de souvenirs et de lettres qui n’en sont pas vraiment. On suit donc deux histoires en parallèle qui sont appelées à se recouper probablement dans le tome 2. Et qu’est-ce que ça raconte ? Eh bien, ça raconte qu’un jeune historien part sur les traces de la tombe de Vlad l’Empaleur suite à la mystérieuse disparition de son directeur de thèse. Plus tard, ce même historien disparaît et c’est sa fille qui part ensuite sur ses traces. Et oh ! Surprise ! On croise des vampires ! Une fois que je vous ai dit ça, vous pouvez déjà attaquer le tome 2 car moi-même ayant lu le tome 1 je n’en sais finalement pas beaucoup plus que vous. Parce que oui, c’est long, très long. Je ne sais pas comment Elizabeth Kostova a réussi l’exploit de ne pas me faire lâcher le bouquin car, elle, justement, ne lâche pas grand chose. C’est peut-être ça qui m’a poussé à continuer d’ailleurs … Je voulais savoir s’il allait enfin se passer quelque chose. Mais après avoir lu des critiques au sujet du tome 2, je crois que ma chasse au Vlad Dracula s’arrêtera là.

Par Aaliz - Publié dans : Fantastique
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 21:33

cacao4ème de couverture :

 

Comment a été découvert le xocoatl, " boisson des dieux " chez les Aztèques ? L'envoûtant Cacao nous entraîne sur la route du chocolat : du Mexique à Bayonne, en passant par Saint-Domingue. Lune, au cœur brisé par la disparition en mer de son fiancé, tient les rênes des négoces de son grand-père David Alvarez, descendant de marranes réchappés de l'Inquisition espagnole. Mais un jour de 1761, les autorités de Bayonne défendent aux Juifs de tenir boutique et même de faire du chocolat. Piqués au vif, Lune et David décident de prouver à tous que leurs ancêtres ont été les premiers à apporter le secret du chocolat en Europe. C'est le début d'un voyage dans les méandres de l'Histoire de l'humanité et la généalogie des Alvarez, sur les traces des conquistadors espagnols, à travers les mers des Caraïbes et les souvenirs enfouis. L'exotisme et le mystère, alliés à une écriture vive, colorée, empreinte d'esprit et de fantaisie, enchantent l'imagination. Cacao, un récit aux attraits multiples, une fresque magistrale.

 

Mon avis :

 

Voilà un roman au titre et au résumé qui mettent l’eau à la bouche mais qui pourtant m’aura laissée un peu sur ma faim. Ce n’est pas que je n’ai pas aimé ma lecture, au contraire, mais j’ai eu un mal fou à entrer dans l’histoire et j’ai donc mis un temps fou avant de commencer à réellement apprécier ce que je lisais. Pourquoi ? Tout simplement parce que je m’attendais à autre chose.

 

Je m’attendais à une grande fresque familiale de cette famille juive qui aurait importé le

chocolat en Europe et tout particulièrement en France. Je pensais donc trouver un traitement linéaire de l’histoire c’est-à-dire racontée dans l’ordre chronologique , de la découverte du cacao au Mexique à l’importation en France. Or l’auteur a fait le choix d’un traitement différent. Michèle Kahn ancre essentiellement son récit à Bayonne au XVIIIème. Les éléments concernant l’histoire du chocolat n’apparaissent que sous forme de lettres, journaux intimes et souvenirs des personnages. Résultat : seules quelques pages traitent véritablement de ce qui m’intéressait à l’origine dans ce roman.

En fait, j’ai eu plus l’impression de lire un roman sur l’histoire de la communauté juive de Bayonne au XVIIIème siècle que sur l’histoire du chocolat. Et bien que ce soit très intéressant pour l’amatrice d’Histoire que je suis, ce n’est pas ce que je voulais lire. D’où ma déception.

 

Néanmoins, Michèle Kahn est tout de même parvenue, malgré ces difficultés, à me faire entrer dans son récit grâce à son incroyable talent pour retranscrire l’atmosphère et l’ambiance de l’époque. Elle décrit à merveille son décor, l’agitation des rues, la lumière, la température, les odeurs, les bruits, on s’y croit vraiment ! A tel point que je n’ai pu me retenir de faire une grimace de dégoût de temps à autre.

Ses personnages sont également bien dessinés. Sans passer des pages et des pages à nous décortiquer leur portrait psychologique, Michèle Kahn réussit par son style à les rendre très vivants, par exemple en retranscrivant les accents ou les tics de langage ou en détaillant leurs petites manies. On connaît particulièrement le personnage de Pompon à travers son journal. En effet, la narration alterne entre plusieurs points de vue, principalement celui de Lune, d’Adrien, de son grand-père et de Pompon.

 

C’est donc un récit très en relief que nous sert l’auteur de Cacao, richement documenté et grâce auquel on apprend beaucoup. Un glossaire, une bibliographie ainsi qu’une note de l’auteur retraçant en quelques lignes le parcours de création de son livre permettent au lecteur de prendre la mesure du travail effectué.

Grâce à ce roman, j’en sais plus sur comment le chocolat nous est parvenu et j’ai notamment appris qu’on devait son introduction en France aux Juifs d’Espagne ayant fui l’Inquisition. C’est donc grâce à ces familles de Portugais exilées ( ainsi appelait-on les Juifs d’Espagne) que Bayonne est devenue le premier centre français de production de chocolat, sa consommation étant par la suite popularisée par la reine Anne d’Autriche épouse de Louis XIII et infante d’Espagne qui était très friande de ce breuvage auquel on attribuait surtout des vertus thérapeutiques (on trouvait des pastilles de chocolat dans les pharmacies).

 

Donc voilà, un très bon roman historique bien écrit mais auquel j’ai trouvé qu’il manquait un certain souffle épique. J’aurais aimé suivre les aventures de cette famille du début jusqu’à la fin et non seulement par petites bribes. Cela m’a un peu gâché mon plaisir et c’est fort dommage. Je l’aurais sans doute plus apprécié si je n’avais pas eu ces attentes précises.

 

chocolat-

 

 

 

 

Cette lecture entre dans le cadre du challenge Chocoladdict.

Par Aaliz - Publié dans : Littérature française
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Présentation

En cours :

       Blaise CENDRARS

Moravagine

moravagine.jpg

 

Stefan ZWEIG

Magellan

magellan

Mes challenges :

 

 

logochallenge2

 

http://mesaddictions.files.wordpress.com/2011/05/cb.jpg

 

logoauster.jpg

 

challengehist

 

chocolat-

 

challenge-Victor-hugo

 

nobel

 

Jules Verne

 

logochalengesfff21

http://www.livraddict.com/images/logos/livraddict_logo_small.png

 

 

partage.png

 

logo2.GIF

 

 

les-agents.png

 

 

Mon_Blog_se_Nourrit.jpg

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés