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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 15:35

priestLe continent africain est ravagé par une guerre nucléaire. Des réfugiés affluent en masse sur les côtes occidentales. La Grande-Bretagne doit accueillir sur son sol plusieurs centaines de milliers de ces survivants mais les autorités sont dépassées et peinent à organiser leur prise en charge. De nombreux africains se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un pays qu’ils ne connaissent pas. Les heurts et les incidents avec la population locale ne se font pas attendre. Au même moment, un gouvernement conservateur et extrémiste est porté au pouvoir.

 

En 1971, Christopher Priest publiait son premier roman d’anticipation Fugue for a darkening island, traduit en français sous le titre Le Rat Blanc.

Cette année paraît une version revisitée de ce même roman : Notre île sombre. Les raisons qui ont poussé Christopher Priest à reprendre son texte initial trouvent leur origine dans deux critiques parues à l’époque et qui accusaient Priest de prendre parti politiquement. Bien que la rédaction de son roman fut influencée par l’actualité du moment, à savoir les violences quotidiennes en Irlande du Nord et l’arrivée d’un flux massif de migrants indiens, Christopher Priest se défendait d’avoir écrit selon une quelconque visée politique. Félicité d’abord d’avoir dénoncé un racisme latent dans la société britannique, il fut ensuite et de façon contradictoire accusé lui-même de xénophobie. Afin de mettre les choses au clair de ce côté, l’auteur a donc souhaité réécrire son texte en l’expurgeant de tout passage susceptible de mener à une éventuelle interprétation sur ses propres opinions. Christopher Priest avait pour unique but de décrire et proposer un aperçu des effets d’une situation catastrophique.

 

Le thème du roman reste très actuel. L’immigration et l’intégration des étrangers demeurent des sujets brûlants de notre actualité. Parmi les réactions à cette situation tendue, deux tendances se dessinent nettement. D’un côté, les défenseurs de l’identité nationale exigent une assimilation totale du migrant ou son renvoi définitif si refus de se conformer aux us et coutumes du pays accueillant. De l’autre, les partisans du vivre ensemble prônent la tolérance, la diversité des cultures est pour eux une source de richesse.

Mais une troisième tendance est souvent oubliée et c’est à celle-ci que Christopher Priest donne la parole.

Son personnage principal Alan Whitman est un homme lambda, bon citoyen issu de la classe moyenne, enseignant, marié et père de famille, il possède un pavillon confortable en banlieue londonienne. A première vue, Alan n’a rien contre les étrangers. Il mène sa vie, une vie finalement médiocre. Son mariage n’est pas heureux, il cumule les infidélités sans jamais chercher à se définir une bonne fois pour toutes. Il ne cherche pas particulièrement à résoudre ses problèmes matrimoniaux et encore moins à se remettre en question. C’est un homme plutôt faible, un suiveur. Mais la situation brutale dans lequel le pays est plongé va le pousser à prendre ses responsabilités et des décisions, à s’affirmer. Le basculement de sa personnalité et de sa position relative aux Afrims ( nom donné aux africains réfugiés) se fait progressivement tout au long du roman.

 

La narration se fait à la première personne et alterne entre plusieurs périodes de la vie de Alan. L’alternance n’est pas chronologique et le lecteur est baladé dans le temps. Petit à petit, au fur et à mesure de l’avancement de la lecture, on reconstitue sa vie mais aussi l’ordre des évènements à l’échelle du pays. Les réactions de la population, les mesures du gouvernement, l’intervention de l’ONU et de diverses organisations, la constitution de milices, de groupes armés constituent un paysage de chaos décrit minutieusement par l’auteur. Les détails sont si plausibles que ça en fait froid dans le dos : expropriation des résidents locaux, rues barricadées, enlèvement des femmes et constitution de réseaux de prostitution. Des milliers de britanniques sont condamnés à errer sur les routes. Certains se regroupent et s’organisent pour se protéger et survivre, d’autres pour combattre les Afrims. Et on constate avec stupeur le maintien de certaines zones « protégées » qui vivent repliées sur elles-mêmes totalement coupées du monde extérieur, regardant les évènements se déroulant à quelques kilomètres de chez elles comme si c’était à l’autre bout du monde.

 

Roman catastrophe, Notre île sombre offre une idée de l’extrémité dans laquelle nous pourrions tomber dans le cas où les pays riches occidentaux continuaient à considérer le reste du monde avec condescendance et mépris. L’époque coloniale est censée être révolue mais les mentalités nationalistes et identitaires persistent et notre actualité montre leur ascension chaque jour plus évidente. Christopher Priest ne donne pas de solution mais a tiré, dès 1971, la sonnette d’alarme.

A lire absolument !

 

J'avais repéré sur Babelio l'ancienne version de ce roman sous le titre Le Rat Blanc que je m'étais empressée d'ajouter à ma wish-list. Je me sens en effet de plus en plus concernée et touchée par les problèmes d'immigration et d'intégration ainsi que par la montée des extrémistes. Il faut croire que l'homme s'obstine à ne pas apprendre des leçons de l'Histoire pour qu'il saute à pieds joints dans les mêmes pièges et refasse sans cesse les mêmes erreurs. Je remercie donc infiniment Dana et les éditions Denoël pour m'avoir donné l'occasion de découvrir enfin ce roman qui m'intriguait tant. Et un grand bravo pour la magnifique couverture !

 

 note cerise5

 

Notre île sombre - Christopher Priest

Editions Denoël

Traduction : Michelle Charrier

Parution : 13/05/2014
208 pages

 

 

 

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 23:47

barjavel.jpg4ème de couverture :

 

Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé du relief sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace... Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ? La nuit des temps, c'est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d'amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Elea et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.

 

Mon avis :

 

Elu dans le cadre de mon club de lecture pour le mois de novembre, je dois avouer que notre choix n’a pas été des plus inspirés, en tout cas en ce qui me concerne.

Comment dire ?

La nuit des temps de Barjavel, c’est un peu le roman qu’aurait pu écrire le fils écrivain né d’une improbable union entre Mickaël Crichton et Barbara Cartland.

Soyons clairs, je n’ai rien contre Mickaël Crichton. Il était d’ailleurs un de mes auteurs de chevet pendant mon adolescence. Ses intrigues sont toujours originales, il y a de l’action, bref j’aimais beaucoup. Mais Mickaël Crichton écrit surtout pour le cinéma. Tous ses romans ( ou quasiment tous) ont été adaptés au cinéma. Et c’est également le cas de La nuit des temps originellement prévu pour être porté à l’écran.

 

Selon moi, le roman se compose de trois parties :

-         la découverte de l’équipe d’exploration en Antarctique

-         l’histoire d’Eléa et Païkan

-         le réveil du compagnon d’Eléa

 

L’idée sur laquelle repose l’intrigue n’est pas nouvelle mais suscite toujours l’intérêt et la curiosité, j’ai d’ailleurs englouti la première partie du roman d’une seule traite ( c’est la partie plus « Crichton »). Mais alors ensuite … au secours ! Barbara prend le relais, le roman prend des tournures de roman Harlequin, ça sent la guimauve, les scènes et le style sont niais au possible. J’ai même failli en rester là. C’est un véritable gâchis.

 

 Un petit extrait pour vous régaler :

 

« Il délivra l’autre sein et le serra tendrement, puis défit le vêtement de hanches. Sa main coula le long des hanches, le long des cuisses, et toutes les pentes la ramenaient au même point, à la pointe de la courte forêt d’or, à la naissance de la vallée fermée. »

 

C’est chouette hein ? Je sens que vous aimez ça alors je continue :

 

« Eléa résistait au désir de s’ouvrir. C’était la dernière fois. Il fallait éterniser chaque impatience et chaque délivrance. Elle s’entrouvrit juste pour laisser la place à la main de se glisser, de chercher, de trouver, à la pointe de la pointe et de la vallée, au confluent de toutes les pentes, protégé, caché, couvert, ah ! … découvert ! Le centre brûlant de ses joies. »

 

L’émotion ne passe même pas, les personnages sont creux, insipides, l’auteur ne s’attarde que sur leur aspect physique ( et en devient lassant), la psychologie n’est pas détaillée.

Le monde imaginé par Barjavel aurait pu être intéressant mais là encore aucune profondeur. Des questions intéressantes auraient pu être soulevées et susciter la réflexion si elles avaient été bien amenées mais ce n’est pas le cas. Et je ne compte pas non plus le nombre d’incohérences qui parsèment le récit. J’ai une sensation de bâclé, ça fait vraiment pas travaillé.

Bref tout ce qui aurait pu sauver ce livre a été négligé au profit de cette fichue histoire d’amour qui n’a aucun intérêt.

 

Et puis ça fleure bon les années 60, contestations étudiantes, malaise de la société, libération sexuelle, les vilains occidentaux capitalistes contre les méchants russes communistes, peur de la guerre totale, en résumé un monde «  futuriste » qui sent trop la naphtaline. Ça passe bien chez un Philip K. Dick mais pas chez Barjavel.

 

Bon peut-être que j’aurais plus adhéré si j’avais lu ce livre il y a 20 ans mais là désolée, ce n’est vraiment plus ma « came ».

A la rigueur, sur le même sujet, peut-être me pencherai-je sur La sphère d’or, roman de l’australien Erle Cox qui aurait inspiré Barjavel ( on parle même de plagiat) et je serai curieuse de voir comment il a traité le sujet.

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 18:00

durdane.jpgRésumé de l’éditeur :

 

Sur la planète Durdane existe un ensemble de communautés disparates, le Shant, sur lequel règne l'Anome, aussi surnommé l'Homme Sans Visage. Dans cette région, chaque femme, chaque homme se voit équipé à la fin de l'adolescence d'un torque explosif que l'Anome peut faire détoner à tout moment. La terreur qu'inspire ce juge et bourreau a maintenu une paix relative pendant des décennies. Mais au prix d’injustices flagrantes. Ainsi, la mère d’Etzwane est-elle réduite en quasi-esclavage par les hommes de son clan. Le jeune garçon part donc à la recherche de l’Homme Sans Visage afin de faire libérer sa mère. Il ignore que sa quête l’entraînera plus loin qu’il ne l’avait imaginé.

 

Mon avis :

 

J’ai passé un bon moment avec ce roman qui est en fait une trilogie, mon édition incluant, en un seul volume, les 3 romans dont elle est composée, même si ces 3 parties sont assez inégales en qualité.

 

La première partie relève plus du genre de la Fantasy. Jack Vance créé tout un monde avec ses différents peuples et leurs caractéristiques et lois propres, son gouvernement etc… Cette partie est donc principalement intéressante car l’auteur s’attache à décrire cet univers étrange que constitue la planète Durdane. On suit également le voyage d’un jeune garçon s’étant échappé de son clan pour rencontrer l’Anome, unique représentant de l’autorité ayant pouvoir de vie et de mort sur ses sujets et dont personne ne connaît l’identité.

Je connaissais la réputation de Jack Vance pour son talent dans la création et la description de civilisations exotiques et je dois reconnaître qu’elle est largement justifiée. Le dépaysement est garanti.

Double intérêt donc pour cette partie : on voyage dans un tout autre monde et on est tenu en haleine par l’intrigue. Qui est donc l’Anome ?

 

Contrairement à d’autres lecteurs, j’ai trouvé la deuxième partie encore plus intéressante que la précédente. Le Shant (continent de Durdane sur lequel l’Anome exerce son pouvoir) est menacé par des hordes d’êtres d’une violence et cruauté inouïe. L’Anome, incapable de gérer la situation, est renversé. Un nouveau mode de gouvernement doit être mis en place et des mesures d’urgence doivent être prises : il faut créer une armée, des industries d’armement et il faut bien sûr des personnes pour diriger tout cela. Vance dissèque les opérations d’une façon magistrale, j’ai été bluffée. Il met à jour les difficultés, pourtant évidentes mais qu’on ne voit pas toujours, que rencontrent un nouvel appareil gouvernemental qui naît en pleine crise. Le seule reproche que je lui ferai, c’est d’être tombé dans la facilité en copiant nos modèles de gouvernement bicaméraux. Mais je me dis que s’il était si facile de trouver un autre système politique efficace, ça aurait été fait depuis longtemps …

Bref la machine se met en branle tout doucement et l’inertie de l’ancien Anome s’explique peu à peu.

 

Dans la troisième partie que j’ai trouvée bien plus médiocre, le voile se lève sur les autres continents de Durdane ( dont on ignorait tout jusque-là) mais la déception m’attendait au tournant car l’imagination de l’auteur a semblé s’épuiser ou disons qu’elle n’était pas à la hauteur de celle dont il avait fait la démonstration dans la première partie. Les descriptions sont plus survolées que pour le Shant et l’intrigue tourne au space-opera bas de gamme pour terminer sur un dénouement qui m’aura laissée perplexe. Donc une fin qui m’a laissée sur ma faim avec une impression de soufflé qui retombe.

 

Mais globalement j’ai vraiment apprécié ma lecture. Jack Vance n’a pas failli à sa renommée, son style est simple, les pages se tournent rapidement, les rebondissements sont assez nombreux pour que l’intérêt et la curiosité du lecteur restent en éveil jusqu’au bout. Et j’ai été surprise d’y trouver des pistes de réflexion sur la politique car je m’attendais à un roman exclusivement « détente » ( sans connotation péjorative derrière ce mot, je précise bien).

Si vous souhaitez donc vous évader quelques heures, n’hésitez pas à vous plonger dans ces chroniques et à vous installer pour quelques temps sur la planète Durdane.

 

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 12:28

pail-dans-loeil-de-dieu-10-copie-24ème de couverture :

 

Au fin fond de l'espace, dans plus d'un millénaire... Près de quatre siècles de barbarie ont suivi l'effondrement du Premier Empire de l'Homme. Avec l'avènement du nouvel Empire et la tin des terribles Guerres de Sécession, la paix semble revenue dans l'univers humain et ses deux cents mondes habités, sous la férule indéfectible de la Marine Impériale. Mais quelque chose s'approche. Un objet inconnu qui ressemble à une gigantesque voile solaire, un vaisseau résolument inhumain. La mission du croiseur impérial Mac-Arthur est dès lors d'une simplicité redoutable : établir le premier contact. Oui, mais avec quoi ?

 

 

Mon avis :

 

Un roman très anglo-saxon écrit par des américains pour des anglo-saxons décrivant un empire humain futuriste essentiellement peuplé d’anglo-saxons avec quand même un musulman dans le rôle du méchant traître (comme par hasard …) et quelques russes qui marchent au thé et non plus à la vodka. Le reste de l’humanité est complètement oublié, relégué au fin fond des galaxies …

L’influence des deux co-auteurs, l’un ancien militaire, l’autre ancien scientifique, se ressent beaucoup trop à la lecture. Le lecteur est parfois noyé de considérations techniques et scientifiques mais le pire est encore, à mon avis, l’affreuse orientation militariste donnée à cette histoire. Ce qui est finalement très américain, il suffit de regarder un film américain de SF pour se rendre compte de l’omniprésence du corps militaire.

Ce récit adopte finalement certains travers de ces films avec tous les stéréotypes que cela suggère : les militaires ont toujours raison, le personnage principal est un beau, gentil et courageux militaire tout fier de son magnifique vaisseau, la scientifique de l’histoire est elle aussi belle, intelligente et surtout vierge ( ah les amerloques et leur puritanisme !), le méchant est musulman et les russes sont bourrus et entêtés.

 

Après avoir craché mon venin sur cet américano-centrisme écoeurant, je vais quand même parler des points positifs de ce roman.

Malgré que j’ai trouvé ce récit un peu trop long, je dois bien en reconnaître l’originalité. J’ai vraiment beaucoup apprécié la façon dont les auteurs ont traité le thème de la première rencontre entre l’humanité et une vie extra-terrestre. Tout est très fouillé et détaillé (peut-être un peu trop ?) et donne une belle touche de réalisme et de crédibilité à l’ensemble. Je n’ai pas relevé d’incohérences ni d’invraisemblances.

L’idée qu’ont eue les auteurs de présenter non seulement le point de vue des humains face à l’entité extra-terrestre mais également le point de vue extra-terrestre sur leur rencontre avec les humains est tout à fait géniale et entraînante car le lecteur se sent complice et en même temps se pose un tas de questions qui lui font continuer sa lecture avec beaucoup de curiosité. Néanmoins, ça a aussi un côté agaçant par moment car le lecteur est finalement au courant de certaines choses que les personnages ignorent et les voir gamberger et hésiter pendant des pages et des pages m’a parfois énervée.

Le roman n’est finalement pas très riche en action mais a le mérite de poser des questions et de faire réfléchir sur pas mal d’aspects. J’ai trouvé aussi que la civilisation pailleuse ( les extra-terrestres étant nommés « pailleux ») était bien décrite et que les problèmes que cette civilisation rencontre au sujet de la perpétuation de sa race étaient crédibles et bien trouvés.

De là, la question qui sous-tend finalement tout le récit est la suivante : la race humaine et la race pailleuse peuvent-elles coexister à égalité ? Chacune ayant ses caractéristiques naturelles propres, ses besoins propres pour exister, seulement ces besoins n’entrent-ils pas en contradiction les uns avec les autres ? Chaque partie essaie alors de cacher ses défauts à l’autre.

En revanche, ce qui m’a déçue et qui est lié à ce que j’ai dit au début est que l’on n'a que le point de vue des hautes sphères dirigeantes de l’empire sur cette rencontre du 3ème type. J’aurais trouvé intéressant que les réactions de chaque peuple soient évoquées.

 

Donc une lecture un peu longue, beaucoup trop américaine mais intéressante et originale.

 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 17:53

dick-maitre-du-haut-chateau4ème de couverture :

 

En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais. Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945...

 

Mon avis :

 

Ce roman avait tout pour plaire : le contexte uchronique, des USA sous la domination de la culture japonaise, un mystérieux livre de divination et un tout aussi mystérieux écrivain qui vivrait isolé dans son château pour avoir osé imaginer la victoire des Alliés en 1945.

Mais malgré tous ces ingrédients alléchants, la sauce n’a pas pris.

 

Pourtant le cadre est intéressant même s’il est principalement restreint à l’occupation d’une partie des Etats-Unis par les japonais. Des nazis et de l’Europe il est rarement question. Dick s’intéresse à la réaction des américains face à cette culture étrangère qu’on leur impose et son idée est intéressante car il évoque aussi bien le sentiment d’infériorité éprouvé par les américains que leur envie de révolte. Dommage que ce ne soit que survolé.

 

Le récit propose au lecteur de suivre le parcours de plusieurs personnages, liés entre eux par quelques liens plus ou moins forts, mais qui pourtant ne se rencontrent jamais. Tous ont entendu parler de cet écrivain dissident dont la vie serait menacée, ce fameux maître du Haut-Château. Pendant tout le roman, le lecteur attend fébrilement de savoir ce qu’il en est de ce maître du Haut-Château qui reste en arrière-plan sans arrêt. Un fil rouge dont on ne voit le bout qu’à la toute fin, une surprise d’ailleurs mais bien décevante.

 

A côté des personnages qui partiront à la rencontre de l’écrivain mystérieux, d’autres poursuivent leur train-train qui ennuie profondément et semble totalement dénué d’intérêt. En fait, j’ai du faire des recherches pour comprendre un minimum où Dick voulait en venir.

 

Finalement, Dick a voulu nous parler encore de son thème favori : la réalité et sa perception. Comment distinguer le réel de l’imaginaire, le vrai du faux. Plusieurs éléments du récit se rapportent à cette question : le problème des œuvres d’art et de leur authenticité, un personnage se faisant passer pour un autre, la question de savoir comment distinguer un briquet ayant appartenu à une personne célèbre d’un briquet de même modèle mais n’ayant pas eu d’illustre possesseur et de façon plus globale la réalité du monde perçu.

 

J’ai beaucoup pensé au concept des mondes parallèles pendant cette lecture. A travers tout d’abord cette histoire d’écrivain auteur d’une uchronie ( le roman dans le roman) mais aussi par le biais de ce livre du Yi-King grâce auquel toute personne peut connaître la réponse à une question concernant son avenir et qui semble supposer que le destin est tout tracé, écrit à l’avance et que nous n’avons finalement pas le choix de nos actes, que toute alternative semble impossible. Et pourtant …

 

Enfin bref, il y a de la matière à réfléchir comme toujours chez Dick mais cette fois-ci c’était plus difficilement accessible et puis j’aurais voulu plus d’action et plus de surprise.

 

Ce roman de Dick m’aura ennuyée et surtout beaucoup déçue car j’en attendais autre chose.

 

Merci à FloTousleslivres pour l'organisation de cette LC.

Les avis de FloTousleslivres, Licorne et ExtraVagance tous mitigés comme le mien.

 

Challenge Uchronie

 

 

 

Cette lecture entre dans le cadre du challenge uchronie organisé par Spyranova.

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 12:00

total recall-copie-1Je poursuis ma découverte de l’œuvre de Philip K.Dick avec cette fois-ci un recueil de ses nouvelles les plus célèbres puisqu’elles ont souvent fait l’objet d’adaptations cinématographiques. D’ailleurs, le recueil intitulé Total Recall, que j’ai pu lire grâce à la lecture commune organisée par Flo Tousleslivres, a été tout spécialement édité à l’occasion de la sortie du tout récent film éponyme.

 

Cet ensemble de 9 nouvelles m’a laissé un avis partagé car je l’ai finalement trouvé assez inégal en qualité. Mais attention, mon ressenti est largement influencé par le fait que j’ai déjà vu la plupart des adaptations ciné et aussi par le fait qu’ayant déjà lu quelques œuvres de Dick ( surtout Ubik) je connais déjà son univers. La conséquence en est que je n’ai pas eu de sensation de surprise ( sauf à de rares exceptions).

 

On retrouve dans ces nouvelles les thèmes chers à Dick : l’identité, la réalité, comment se définir soi-même, comment définir la réalité et faire la différence entre SA réalité et LA réalité telle qu’elle est vraiment. Le problème de la drogue revient souvent aussi, outil de prédilection de Dick pour aborder le thème de la réalité.

Dick souligne l’importance de la mémoire et des souvenirs dans la définition de l’identité ainsi que l’importance de l’origine mais une origine qui finalement est un obstacle qui peut être dépassé (par amour, par intérêt). Il traite aussi du rejet de ce qui est différent.

Aussi rencontre-t-on souvent des robots, symboles d’une interrogation sur l’identité et sur ce qui fait la spécificité de l’être humain en tant qu’être vivant. Mais je trouve que cette problématique de la difficulté à différencier l’artificiel du naturel à travers le thème du robot est traité de façon plus poussée chez Asimov. Mais chez ce dernier, l’étude a un côté plus scientifique, or que chez Dick, elle est plus « philosophique ».

 

Voici dans le détail mon avis sur chacune des nouvelles :

 

- Rapport Minoritaire : j’y ai retrouvé un peu de l’univers d’Ubik (les précogs etc…) d’où une sensation de déjà-vu. Cette nouvelle traite principalement de notre rapport à la réalité mais je la trouve vraiment trop confuse et complexe. Tout comme avec le film, je n’ai pas compris l’histoire dans le détail et ça m’agace. Cette nouvelle me donne l’impression d’avoir un QI d’asperge !

 

- Un jeu guerrier : j’ai trouvé celle-ci excellente ! Avec une fin à la Dick comme on les aime ! Ici, Dick aborde le sujet du danger des jouets sur le conditionnement psychologique des enfants (à travers les jeux éducatifs).

 

- Ce que disent les morts : Assez décevante, elle m’a trop rappelé Ubik. On y retrouve le principe de la semi-vie et le thème de la drogue. ( A noter tout de même qu’elle a été écrite avant Ubik et donc que Dick aurait repris plusieurs des éléments de ses différentes nouvelles pour les assembler ensuite dans Ubik pour le résultat génial que l’on connaît.)

En revanche j’ai relevé beaucoup de fautes, des mots qui manquent ou des erreurs dans les noms des personnages : Gain au lieu de Gam. A croire que personne n’a relu avant envoi à l’impression…

 

- Ah, être un Gélate … : intéressante pour le message qu’elle véhicule mais pas non plus extra ordinaire.

 

- Souvenirs à vendre : celle qui est à l’origine de Total Recall. C’est pas mal du tout mais elle m’aurait plu davantage si je ne connaissais pas déjà l’histoire. Et je relève que la version ciné avec Schwarzie n’est pas très fidèle au texte ( toutes les scènes se passant sur Mars ont été rajoutées). Quelqu’un qui a vu la dernière adaptation pourra peut-être me dire si elle est plus fidèle ou pas ?

Et encore une fois ici, on ressent l’univers d’Ubik.

 

- La foi de nos pères : bien ! Elle sort un peu du lot car on est plongé dans un univers à la 1984 d’Orwell ( ce qui m’a surprise car je ne savais pas que Dick avait abordé le domaine de la dystopie classique ) mais je suis finalement déçue par la fin.

 

- La fourmi électrique : pas mal du tout, elle m’a rappelé un peu Blade Runner. C’est l’histoire d’un robot qui se teste et essaie de voir quelles sont ses capacités et ses limites. Encore une fois, Dick joue avec son lecteur et on ne sait plus quelle est la réalité.

 

- Nouveau modèle :  géniale ! La meilleure du recueil selon moi. On est plongé dans un monde apocalyptique futuriste où la guerre froide entre russes et américains continue (contexte d’écriture) . Chaque camp a recourt à l’invention de robots comme armes de guerre, des robots ultra perfectionnés puisqu’ils peuvent s’auto fabriquer et se décliner en plusieurs modèles, ils anéantissent l’espèce humaine mais aussi entre eux.

Apparemment cette nouvelle a aussi fait l’objet d’une adaptation sous le titre de « Planète hurlante » que je n’ai pas vu (d’où une totale découverte). Mais apparemment le film serait assez différent. Dommage que la fin soit tout de même prévisible.

 

- L’imposteur : pas trop mal mais ne casse pas des briques non plus.

 

Donc voilà, une lecture intéressante parfois enthousiasmante et parfois décevante. J’ai toutefois pris conscience de l’ampleur du talent de Dick car je me suis aperçue qu’il était capable de toucher à plusieurs sous-genres de la SF.

Je remercie Flo Tousleslivres pour m’avoir permis d’approfondir ma connaissance de l’œuvre de Dick et ce n’est pas terminé puisque vous aurez bientôt mon avis sur une autre de ses œuvres Le Maître du Haut-Château ( toujours grâce à Flo).

 

L'avis très enthousiaste de Flo est ici .

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 01:17

chroniques martiennes-copie-14ème de couverture :

 

Les Martiens de l'An 2000 de Bradbury ne sont pas très différents des Terriens. Mais ils sont télépathes... parfois sans le savoir. C'est ainsi que, tandis que la première expédition terrestre s'achemine vers Mars, une femme se met à fredonner un air d'une musique inconnue, et des paroles qu'elle ne comprend pas, « Plaisir d'amour ne dure qu'un moment ». Troublé par cette petite chanson obsédante, jaloux des rêves qui l'accompagnent, son mari accueille la fusée une arme à la main... et c'est la fin de la première expédition terrestre. Qu'advint-il des autres ? C'est avec ces « Chroniques martiennes » que Ray Bradbury donna un ton nouveau à la science-fiction et en devint l'un des maîtres.

 

Mon avis :

 

Après ma lecture du célèbre Fahrenheit 451 que j’avais bien aimé sans que ce soit pour autant un coup de cœur, j’étais curieuse de connaître les autres écrits de Ray Bradbury.

L’organisation par Stellade d’une lecture commune m’a donc donné l’occasion de découvrir les Chroniques martiennes.

 

Je dois bien avouer que les premières pages ne m’avaient pas vraiment emballée, je me disais que si c’était comme ça pendant tout le roman, j’allais certainement abandonner.

Et puis, il s’est passé quelque chose : Bradbury m’a surprise alors que je ne m’y attendais pas du tout. Il m’a même fait rire. J’ai finalement poursuivi ma lecture avec un intérêt et un enthousiasme croissants au point qu’une fois la dernière page tournée j’étais totalement emballée. Les Chroniques martiennes sont un coup de cœur et je les préfère de très loin à Fahrenheit 451.

 

Les Chroniques martiennes sont ce que l’on appelle un fix-up c’est-à-dire un ensemble de nouvelles qui peuvent être indépendantes mais qui ensemble forment un tout cohérent et racontent une histoire.

 

L’histoire ici racontée est celle de la colonisation de Mars par les terriens. Bradbury nous narre, non sans humour, les déboires des premières expéditions terriennes sur la planète rouge ainsi que l’accueil pas toujours chaleureux que leur réservent les martiens.

S’en suivent des nouvelles traitant de l’installation des premiers colons qui, pourtant n’oublient pas leur bonne vieille planète d’origine en proie à des guerres incessantes et dévastatrices poussant de plus en plus de personnes à vouloir partir.

 

A travers toutes ces nouvelles, Bradbury traite de nombreux thèmes qui participent tous à une critique de l’humanité et de sa force de destruction.

L’arrivée massive des colons terriens amenant avec eux le virus de la varicelle décime la population martienne, on y voit là une analogie avec l’arrivée des colons espagnols en Amérique et ce qui est advenu des populations amérindiennes.

On ressent aussi fortement le traumatisme des guerres du XXème siècle. En effet, dans les Chroniques martiennes, la Terre est en guerre perpétuelle, une guerre qui aboutit à son entière destruction comme l’illustre une des nouvelles dans une grande métaphore. Bradbury fait le récit de la destruction de la dernière maison encore debout sur Terre comme s’il s’agissait de la planète elle-même.

L’auteur critique également le racisme et la ségrégation dont sont victimes les populations noires d’Amérique à l’époque d’écriture du recueil.

On retrouve aussi le thème majeur de Fahrenheit 451 dans la nouvelle intitulée Usher II, référence aux nouvelles d’Edgar Allan Poe : la défense de la littérature, de la liberté d’expression et la critique de la censure. Dans cette nouvelle, Bradbury rend hommage à de grands auteurs et donne une bonne « leçon de littérature » au représentant de l’ « Hygiène Morale ».

 

Bien que les aspects scientifiques ne soient pas du tout crédibles (les connaissances sur Mars à l’époque n’étaient pas les nôtres), Bradbury construit un univers entier avec force descriptions dans lequel on finit par s’immerger complètement et avec plaisir.

 

J’ai adoré ce recueil pour son humour, son univers magique, sa richesse et pour les messages qu’il diffuse.

C’est un chef d’œuvre de la SF qui restera assurément parmi mes préférés et dont je recommande chaudement la lecture !

Un grand merci à Stellade !

 

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Et une nouvelle lecture pour le challenge SFFF de Snow !

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 15:27

robots.jpgRésumé :

 

Susan Calvin est robopsychologue à l'United States Robots, Inc. Née en 1982, elle a aujourd'hui 75 ans. Ce livre relate ses souvenirs sur l'évolution du robot dans l'histoire humaine, depuis Robbie qui, en 1996, fut vendu comme bonne d'enfants, jusqu'à Byerley qui devint Président de la Fédération Mondiale terrestre en 2044.

A travers ces récits, on voit comment le robot, d'abord esclave soumis à l'homme, parvint peu à peu à être son égal, avant de devenir son maître. Les souvenirs du Dr Calvin forment un livre au charme désuet qui fait revivre l'aube du XXIè siècle, époque où l'homme existait encore indépendamment de son compagnon de métal, le robot.

 

 

Mon avis :

 

Ayant commencé le cycle Fondation et ayant appris que les 2 cycles d’Asimov étaient liés, je me devais de lire le cycle des Robots.

 

J’ai été surprise par ce tome qu’on m’avait annoncé comme étant un simple recueil de nouvelles. Mais ces nouvelles s’inscrivent dans un récit continu que constitue l’interview du docteur Susan Calvin, robopsychologue de renom. A travers cet interview, elle retrace l’histoire des avancées dans le domaine de la robotique et nous relate les principaux évènements l’ayant marquée et principalement ceux liés aux dysfonctionnements des robots.

 

La conception et le fonctionnement d’un robot restent bornés par trois lois dites de la robotique :

- Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.

- Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la Première Loi.

- Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.

Chaque dysfonctionnement illustre un dilemme mettant en jeu ces 3 lois. Asimov nous fait alors de brillantes démonstrations de déduction logique. Son esprit scientifique et mathématique s’illustre à merveille, encore plus que dans Fondation.

 

Toutefois, un des épisodes échappe à ce schéma et m’a sincèrement fait sourire. En effet, un des robots commence à raisonner par lui-même et à réfléchir à ses origines. Il remet alors en cause sa création par les êtres humains qu’il estime trop inférieurs à lui-même pour avoir pu le créer. Chaque argument présenté par les hommes pour le convaincre est réfuté. Le robot se trouve alors un créateur et lance une religion à laquelle il convertit ses semblables.

 

Bref, j’ai adoré ces différents récits menés à la façon d’enquêtes policières où la logique et la déduction sont les vedettes. Un ouvrage intelligent à la sauce Asimov qui permet une large réflexion sur l’intelligence artificielle et ses dangers.

 

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Cette lecture compte pour le challenge SFFF de Snow.

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 16:58

spin4ème de couverture :

 

Une nuit d'octobre, Tyler Dupree, douze ans, et ses deux meilleurs amis, Jason et Diane Lawton, quatorze ans, assistent à la disparition soudaine des étoiles. Bientôt, l'humanité s'aperçoit que la Terre est entourée d'une barrière à l'extérieur de laquelle le temps s'écoule des millions de fois plus vite. La Lune a disparu, le Soleil est un simulacre, les satellites artificiels sont retombés sur terre. Mais le plus grave, c'est qu'à la vitesse à laquelle vieillit désormais le véritable Soleil, l'humanité n'a plus que quelques décennies à vivre...

Qui a emprisonné la Terre derrière le Bouclier d'Octobre? Et s'il s'agit d'extraterrestres, pourquoi ont-ils agi ainsi ?

 

Mon avis :

 

Voilà qu’encore une fois j’ai voulu suivre la majorité et j’ai été déçue.

Car oui, à en lire les critiques sur ce livre, il serait un « must », une perle de la SF digne des plus grands.

Euh… un « must » de l’ennui mortel je dirais plutôt …

Ce roman est long, très long, le côté SF ne sert que de décor et de prétexte à une histoire banale et sans intérêt entre trois personnes toutes aussi banales et sans intérêt.

C’est dommage, l’idée était originale et la 4ème de couverture est assez alléchante. Et pourtant ça traîne en longueur, il faut vraiment attendre les cent dernières pages pour avoir le fin mot de l’histoire.

J’ai trouvé que ce roman abordait des tas d’aspects intéressants mais en ne faisant que les survoler et tout ça pour s’engluer dans le récit ennuyeux de la vie de trois amis que l’on suit de l’enfance à l’âge adulte avec pour toile de fond cette histoire de bouclier.

Même le côté apocalyptique est bâclé, les réactions des gens face à cette fin du monde si proche sont survolées, le récit reste trop centré sur le personnage principal et en oublie les deux autres, surtout la sœur qui, pourtant, aurait pu amener à une véritable description des élans mystiques et religieux dans ce contexte particulier. De plus, tous les autres aspects possibles des réactions humaines, hormis le suicide, ont été écartés. Quant à la psychologie des personnages, elle est brossée de façon très grossière et peu approfondie.

Je ne sais donc absolument pas ce qu’a voulu faire l’auteur ni où il a voulu en venir. Je suis bien incapable de dégager une « morale » ou même un axe de réflexion suite à cette lecture.

Certains passages scientifiques m’ont agacée, j’ai eu l’impression que l’auteur cherchait à faire de l’étalage de connaissances et à impressionner son lecteur. Le parti pris pro-américain de Wilson est aussi trop voyant, comme par hasard, à chaque fois qu’un lancement de fusées connaît des problèmes, c’est toujours du côté des français. J’ai trouvé que le reste du monde était un peu trop effacé également. Désolée, mon côté chauvin s’insurge !

Donc voilà, je n’ai pas du tout aimé ce roman, long, ennuyeux et surtout aucune profondeur dans les thèmes abordés.

Quand je lis un roman de SF , j’ai besoin de rêver, qu’on me fasse voyager, qu’on me surprenne et qu’on me fasse réfléchir. Et ça n’a pas été du tout le cas ici.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 20:20

les-enfants-d-icare.jpg4ème de couverture :

 

La Guerre Froide, Russes et Américains se livrent une âpre compétition : quelle sera la première nation à conquérir l’espace ? Aucune car, à la veille du décollage des premières fusées, l’impensable survient. De gigantesques vaisseaux envahissent la Terre.

Et l’Humanité trouve ainsi une réponse à l’une de ses plus cruciales questions : elle n’est pas seule dans l’Univers .

Une fois débarqués, les Suzerains ne tardent pas à imposer leur volonté de procéder à un désarmement général, de guérir la maladie, d’endiguer la faim et la misère. C’est un nouvel âge d’or qui commence. Mais …un doute terrible subsiste. Peut-on réellement faire confiance à une race qui refuse de se montrer ? Les Suzerains n’auraient-ils pas un but caché ?

 

Mon avis :

 

Le roman qui a inspiré une des séries TV qui ont marqué ma jeunesse, il suffit de lire le résumé pour faire le rapprochement, je parle bien sûr de la série « V » dont j’étais totalement fan étant gamine.

Je m’attendais donc à du déjà-vu et c’est là que j’ai été surprise car, si en effet le point de départ du roman a été repris pour la série, le développement, lui, reste totalement différent.

Comment réagirait l’Humanité face à l’arrivée inattendue d’une civilisation extra-terrestre ? Que faire surtout lorsque cette dernière reste totalement silencieuse sur les raisons de sa présence sur Terre et refuse de se montrer ? Avec le temps, les humains finissent par accepter cette domination étrangère et continuent leur vie. Certains restent indifférents, d’autres enthousiastes, mais quelques-uns sont curieux et cherchent les réponses à leurs questions et sont prêts à tout pour les obtenir. Jan Rodrick décide de s’embarquer clandestinement à bord d’un vaisseau suzerain.

L’intrigue est donc particulièrement originale mais en revanche la façon dont c’est traité … mais quel ennui ! Le style est plat, creux, sans aucun relief, aucune émotion, c’est vraiment dommage. Impossible de s’attacher à un personnage en particulier puisqu’il n’y a pas vraiment de personnage principal. On ne se sent pas du tout impliqué dans l’histoire, le lecteur reste spectateur et complètement passif, on a la sensation de survoler ce récit beaucoup trop court alors que l’intrigue est d’une extrême richesse.

Il n’y a pas de suspense, pourtant ce ne sont pas les occasions qui manquent mais l’effet tombe à plat à chaque fois. Je ne sais même pas pourquoi je parle d’effet puisqu’il n’y a même pas de tentative de produire un quelconque effet. Le journal régional me procure plus de sensations.

Je ne sais pas ce que donne 2001 L’odyssée de l’espace, le grand succès de l’auteur mais si c’est écrit de la même façon, je vais passer mon chemin.

Pour moi ce roman est un immense gâchis, je l’ai trouvé complètement bâclé, voir un tel potentiel qui part en fumée comme ça, j’enrage !

A lire quand même car l’histoire vaut le détour mais ne pas s’attendre à vibrer d’émotions.

 

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