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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 13:23

ogawa.jpg4ème de couverture :

 

L'île où se déroule cette histoire est depuis toujours soumise à un étrange phénomène : les choses et les êtres semblent promis à une sorte d'effacement diaboliquement orchestré. Quand un matin les oiseaux disparaissent à jamais, la jeune narratrice de ce livre ne s'épanche pas sur cet événement dramatique, le souvenir du chant d'un oiseau s'est évanoui tout comme celui de l'émotion que provoquaient en elle la beauté d'une fleur, la délicatesse d'un parfum, la mort d'un être cher. Après les animaux, les roses, les photographies, les calendriers et les livres, les humains semblent touchés : une partie de leur corps va les abandonner.

En ces lieux demeurent pourtant de singuliers personnages. Habités de souvenirs, en proie à la nostalgie, ces êtres sont en danger. Traqués par les chasseurs de mémoires, ils font l'objet de rafles terrifiantes...

Un magnifique roman, angoissant, kafkaïen. Une subtile métaphore des régimes totalitaires, à travers laquelle Yoko Ogawa explore les ravages de la peur et ceux de l'insidieux phénomène d'effacement des images, des souvenirs, qui peut conduire à accepter le pire.

 

Mon avis :

 

Je ne lis pas souvent des auteurs japonais, je ne sais pas pourquoi mais la littérature nippone ne m’attire pas particulièrement. C’est à l’occasion d’une lecture commune que je me suis penchée sur ce roman de Yoko Ogawa, le résumé me plaisait et puis … dès que je vois les mots « régime totalitaire » je suis obligatoirement intéressée.

Bizarrement, je n’ai pas vu dans ce roman qu’une métaphore de régime totalitaire, j’ai trouvé que le message allait au-delà.

En effet, le régime mis en place et les phénomènes d’effacement qui touchent cette île inconnue participent à la progressive perte d’identité de tous les habitants. D’ailleurs les personnages ne sont jamais nommés, ils sont distingués soit par leur initiale (« R »), soit par d’autres moyens ( « le grand-père », « l’ex-chapelier » …). Les lieux aussi sont inconnus, nous sommes sur une île mais aucune autre indication géographique n’est donnée. Aucune indication de temps également. On se doute de la similitude avec le Japon ( par la mention d’autres îles à proximité, par le tsunami) mais on reste avec cette impression d’être dans un univers parallèle, dans une autre dimension.

 

Au fur et à mesure des disparitions, la mémoire des habitants de l’île s’efface, ils oublient l’objet disparu et tout ce qui s’y rattache. Parfois, les conséquences sont anodines mais lorsque les romans disparaissent et avec eux l’usage de l’écriture puis de l’expression, lorsque les membres même du corps humain sont oubliés de leur possesseur, la perte d’identité, l’effacement de l’individu deviennent entiers.

 

Le parallèle avec les régimes totalitaires que l’on connaît et leur mode de fonctionnement est évident. Police secrète, des dissidents traqués, la méfiance et la peur de la délation, une économie qui s’effondre, la faim, le marché noir, un système qui s’autodétruit, le contrôle des individus et la résignation de ces derniers.

 

Mais en même temps, ce roman est une belle réflexion sur ce qui est le fondement de notre identité, sur l’importance de nos souvenirs sur ce que nous sommes. Yoko Ogawa montre à merveille les dégâts que peuvent causer la perte de la mémoire, transformant une personne en une autre … étrangère. Les proches des malades atteints de la maladie d’Alzheimer et de toute forme d’amnésie en savent quelque chose.

 

La narratrice étant écrivain, Cristallisation secrète est aussi un roman dans le roman. Cette deuxième histoire est même encore plus perturbante que l’intrigue principale. Toujours en exploitant le thème de la disparition, elle montre les effets pervers qui peuvent en découler.

 

Le tout est assez bien mené même si on repère quelques incohérences et si l’univers créé par l’auteur est un peu bancal. On ne peut s’empêcher de se poser des questions d’ordre « pratique » que l’auteur a laissé complètement de côté.

Mais l’idée était assez originale et n’était pas très évidente à traiter. Yoko Ogawa a su habilement mêler l’onirique et l’angoissant. On ressent à la fois toute la poésie du texte et toute l’atmosphère lourde et malsaine relative à la situation.

 

Pas un coup de cœur mais une belle lecture riche en réflexion que je recommande.

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 23:31

tahmima.jpgQuatrième de couverture :

 

Décembre 1971. La guerre de libération du Bangladesh vient de prendre fin.

A présent que le pays est indépendant, mille défis restent à relever, que Sohail Haque et sa soeur Maya, vont aborder de manières diamétralement opposées. Médecin engagé, Maya aide résolument les femmes à conquérir leur liberté. Quant à Sohail, extrêmement affecté par les traumatismes de la guerre, il s'enferme peu à peu dans la religion, un islam intolérant et sectaire qui l'éloigne de ses anciens amis d'université, de sa soeur et même de son propre fils.

Très perturbée par la métamorphose de son frère, auquel elle est profondément attachée, Maya quitte la maison de son enfance. A son retour, dix ans plus tard, le fossé s'est encore creusé. Lorsque Sohail décide d'envoyer son fils dans une madrasa, Maya se sent contrainte d'agir, quitte à provoquer le déclenchement, longtemps retardé, d'une inéluctable tragédie.

Histoire d'une famille et d'un pays guetté par le fondamentalisme à l'ombre persistante d'une guerre dont les blessures peinent à se refermer, Un bon musulman est une plongée aussi inédite que bouleversante au coeur même de l'intégrisme tel qu'il se vit, s'exprime ou se combat au quotidien, chez des hommes et des femmes de chair et de sang dont il confisque douloureusement le destin.

 

Mon avis :

 

C’est encore une pépite que nous proposent là les Editions Actes Sud à travers ce roman fort, bouleversant et dramatique.

Tahmima Anam nous fait vivre le destin d’une famille marquée par la guerre d’indépendance. Chacun tente à sa manière de panser ses blessures psychologiques. La décision de Sohail de se chercher réconfort dans la religion est très mal vécue par sa sœur Maya. Seulement Maya ignore beaucoup de choses. Son ignorance et son entêtement la conduiront à faire elle-même de mauvais choix. Le destin de cette famille est parsemée de drames et la tension psychologique s’accroit au fur et à mesure de la lecture.

Ce roman m’a permis de me pencher sur l’Histoire du Bangladesh et notamment sur la période de guerre qui a mené à l’indépendance. Il illustre très bien les tensions qui ont régné au sein de la population ne serait-ce que par l’exemple de Maya. Comment accepter que son frère s’enferme dans une religion qui est à la source de la guerre et a donc fait couler tant de sang et au nom de laquelle tant d’atrocités ont été commises ?

Peu à peu le dialogue entre le frère et la sœur devient impossible jusqu’à l’incident qui pousse Maya à s’enfuir pour un long exil de 7 ans. A son retour chez elle, elle reconnaît difficilement la maison de sa jeunesse pleine d’inconnues voilées de la tête aux pieds.

Le roman alterne entre les deux périodes essentielles de la vie de Maya : on la suit donc en 1971 au lendemain de la guerre guettant le retour de son frère du front, et en 1984 à son retour après ses 7 années d’absence.

Cette construction est habilement menée, cette alternance permet au fur et à mesure la mise en place des pièces du puzzle et tout s’éclaircit progressivement tout en montant en intensité.

L’auteur parvient avec justesse à nous faire ressentir les émotions de Maya, son impuissance et son sentiment de révolte face à la rigidité et la froideur de son frère, son combat pour faire condamner les criminels de guerre impunis ainsi que les traumatismes de toute une population.

J’ai adoré cette plongée dans un Bangladesh torturé et en quête d’identité. Ce roman m’a beaucoup touchée, parfois horrifiée. J’espère seulement qu’il ne servira pas à alimenter le débat islamophobe. L’Islam n’est pas celui décrit dans ce livre et je souhaite que les lecteurs fassent bien la part des choses.

Je ressors donc de cette lecture perturbée et troublée par son intensité dramatique. Bien qu’à présent je sache pourquoi Sohail s’est réfugié dans une version trop stricte de la religion, son comportement demeure pour moi inexplicable. Je ne peux malheureusement vous en exposer les raisons sans spoiler. Mais je répondrais volontiers à toute sollicitation de lecteurs.

Un coup de cœur donc que je dois encore aux Editions Actes Sud qui, en plus de nous offrir de si beaux récits, s’appliquent à faire de leurs livres de très beaux objets.

Ce roman serait le deuxième volet d’une trilogie, ce que j’ignorais avant de débuter ma lecture. Mais sachez que cela ne la gêne en rien. En tout cas, je vais partir en quête du premier volet et attendrai avec impatience la sortie du troisième.

 

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 23:50

terre-des-oublis.jpgTerre des oublis c’est d’abord une histoire banale, le retour chez lui d’un soldat que l’on croyait mort depuis longtemps, sa femme est remariée et a un enfant d’un autre homme. Seulement voilà, il est le héros de guerre, celui qui a sacrifié sa jeunesse pour la patrie et pour cette raison il est en droit de reprendre ce qui lui appartenait.

Miên doit donc choisir entre cet homme ressurgit du passé qu’elle n’a aimé que le temps d’un été pendant son adolescence et ainsi se soumettre aux convenances, et son mari actuel, l’homme qu’elle aime.

Sous la pression de l’opinion publique et pour ne pas perdre son honneur, Miên décide de retourner vivre avec Bôn, cet homme qu’elle n’aime plus, un homme qui la répugne, un homme qui ne possède plus rien si ce n’est une masure délabrée sans aucun moyen de subsistance.

 

Mon avis :

 

On trouve dans ce livre un thème peu original mais transposé à la sauce viêtnamienne, c’est d’ailleurs là le seul intérêt du livre : la découverte de la culture et des mœurs viêtnamiennes largement décrites, on a droit à un beau panorama de la cuisine locale, de la végétation et surtout de la mentalité des habitants.

Pour le reste, le style est lourd, beaucoup trop d’énumérations qui rendent les phrases interminables, beaucoup trop de métaphores parfois farfelues, c’est supportable au début mais au bout de 700 pages ça devient pénible et lassant.

Il y a aussi beaucoup de flash-backs, on revient dans le passé des personnages et parfois même des personnages secondaires, ce qui n’apporte pas forcément grand chose au récit.

La psychologie des personnages est trop fluctuante, il est difficile de les cerner.

Je n’ai pas beaucoup apprécié l’image de la femme qui transparaît à travers ce récit, on a l’impression que Miên repousse son « ex » mari que parce qu’il est pauvre, l’auteur insiste beaucoup sur les regrets qu’elle a à quitter une grande maison pourvue de tout le confort et un mari riche qui gâte sa femme et son fils.

A côté de la femme vénale, on a ensuite les portraits d’hommes obsédés de sexe. On se demande si Bôn ne cherche pas à récupérer sa femme uniquement pour satisfaire à ses pulsions et au devoir conjugal. Pendant ce temps, le second mari délaissé va se consoler chez les prostituées. On se demande vraiment où sont l’amour et les sentiments là-dedans et je ne sais pas si je dois mettre ça sur le compte de la mentalité viêtnamienne en général ou plutôt sur la vision personnelle qu’a l’auteur des deux sexes.

Je me suis également interrogée quant à la santé mentale de Bôn. Suite aux atrocités qu’il a vécues durant la guerre, est-il malade ou croit-on réellement à l’existence des fantômes au Viêt-Nam ?

Je n’ai pas réussi à m’attacher à un personnage en particulier, tantôt j’avais pitié de Miên, tantôt j’avais pitié de Bôn. C’est vrai qu’il a sacrifié une grande partie de sa vie et qu’il mériterait à présent sa part de bonheur mais c’est plutôt le malheur qui se perpétue. Que Miên lui soit revenue ou non, je crois qu’il était perdu d’avance et c’est ça qui est le plus triste. Pourtant c’est l’espoir de la retrouver un jour qui l’a maintenu en vie durant toutes ces années de guerre. Il a poursuivi une chimère …

Quant à Miên, je n’ai pas compris son choix. A sa place, je me serais bien moquée du « qu’en dira-t-on » et serais restée avec ma famille. En se comportant comme elle l’a fait, elle n’a que rendu malheureux ses deux maris ainsi qu’elle-même. Doit-on sacrifier son bonheur sur l’autel de l’honneur et de la pression sociale ? Et si les gens s’occupaient un peu plus de leurs affaires plutôt que de juger la vie privée des autres ? Je crois que l’on ne s’en porterait que mieux…

Voilà, je pourrais dire beaucoup d’autres choses mais la motivation me manque. C’est vraiment difficile d’écrire une chronique sur un livre qui ne nous a pas plu et qu’on s’est efforcé de lire jusqu’au bout. Parce que oui, bon, quand même j’ai voulu savoir la fin. Et j’ai été déçue, rien de sensationnel, une fin banale comme tout le reste…

 

Cette lecture entre dans le cadre du challenge international organisé par misss-bouquins.

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 16:02

young.jpgKiyeong est un espion nord-coréen envoyé au Sud il y a une vingtaine d’année. Depuis ce jour, il a mené une vie normale et tranquille, s’est marié et est père de famille. 

Mais ces dix dernières années, il n’a plus aucun contact avec sa patrie d’origine qui semble l’avoir oublié jusqu’au jour où il reçoit l’ordre de tout quitter et de rentrer dès le lendemain dans son pays.

 

Mon avis :

 

Le récit se déroule sur 24 heures à raison d’un chapitre par heure ce qui n’est pas sans rappeler une certaine série made in USA. D’ailleurs, on lit un peu ce livre comme on regarderait une série confortablement installé devant son poste de télévision. La narration alterne entre le point de vue de Kiyeong mais aussi celui de sa femme, de sa fille et d’autres protagonistes secondaires. Cependant, le rythme est rapide et haletant, l’alternance de narrateurs ne perturbe en rien la lecture et le suivi des évènements. Il n’y a aucune longueur et tout s’enchaîne, tout s’assemble à la manière d’un puzzle.

On pourrait s’attendre, à en lire la quatrième de couverture, à une banale histoire d’espionnage dans le même style qu’un certain célèbre espion au service de Sa Majesté mais il n’en est rien. L’intérêt et l’objet du récit sont bien plus riches et complexes.

Kiyeong a 24 heures pour prendre une décision :

-         rentrer chez lui sans savoir pourquoi on l’a rappelé et peut-être risquer sa vie si ses supérieurs ont quelque chose à lui reprocher ou bien :

-         rester, continuer sa vie dans l’angoisse que sa patrie d’origine n’envoie des agents l’éliminer ou bien encore :

-         partir dans un autre pays sans laisser de trace mais dans ce cas de figure que faire de sa famille ? Doit-il tout leur avouer ?

C’est un véritable dilemme auquel il doit faire face. Il pèse le pour et le contre, se remémore sa vie au Nord, réfléchit au confort de la modernité du Sud.

Ce roman est donc également un témoignage de la vie quotidienne sous le régime communiste instauré par Kim Jong-Il et son père en Corée du Nord et on n’échappe pas, à travers l’œil et les réflexions de Kiyeong, à la comparaison avec la société capitaliste du Sud, ses atouts mais aussi ses défauts. L’une partie étant le négatif de l’autre, autant dire que pour Kiyeong le choix s’avère cornélien.

On peut toutefois remarquer la mise en exergue des vices inhérents à la société capitaliste à travers les personnages de la fille et de la femme de Kiyeong : la débauche des corps et la place importante de l’argent et de la réussite étant particulièrement visées.

En revanche, j’ai déploré ce plaidoyer en faveur du végétarisme, je l’ai trouvé mal venu. Il  n’avait pas sa place dans ce récit, je l’ai ressenti un peu comme une mouche dans mon potage.

 

En résumé, j’ai beaucoup apprécié cette lecture, très distrayante et poussant à la fois à la réflexion car ce dilemme auquel est confronté Kiyeong amène tout un tas de questions, on ne peut s’empêcher de se mettre à sa place et se demander ce que nous ferions nous dans une telle situation.

Tout est aussi une question de culture : doit-on donner la priorité au devoir et au patriotisme ( point de vue en accord avec l’idéologie communiste) ou doit-on penser à sa propre survie et son propre intérêt ( point de vue individualiste et matérialiste caractéristique de la société capitaliste) ?

Bref, je conseille vivement cette lecture, j’ai véritablement passé un agréable moment.

 

Cette lecture entre dans le cadre du Challenge International organisé par misss-bouquins.

 

178_ma958l-empire-des-lumieres-posters.jpg

 

L'empire des lumières - René Magritte

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 23:11

kawabata.jpgShimamura est un riche citadin originaire de Tokyo, sa fortune lui permet de ne pas travailler. Il est passionné de danse d’abord traditionnelle mais il s’intéresse par la suite aux ballets occidentaux (qu’il n’a jamais vus). Sa principale activité est donc d’écrire des livres sur ces sujets qui le passionnent et que personne ne lira.

Pays de neige nous relate ses trois voyages dans une station thermale à la montagne.

Au cours de son premier séjour, raconté en flash-back, alors qu’il demande à être mis en relation avec une geisha, il fait la connaissance de Komako.

Tous deux semblent s’éprendre l’un de l’autre mais …

 

Mon avis :

 

Mon sentiment est très partagé quant à cette lecture.

Le décor est somptueux, les descriptions magnifiques, j’ai véritablement voyagé, le dépaysement était au rendez-vous, ce dont j’avais été privée lors de ma précédente rencontre avec un auteur japonais et que j’avais regretté, mais cette fois-ci c’est une réussite.

Ce fut pour moi l’occasion d’une découverte du monde montagnard japonais et d’éléments traditionnels de la culture japonaise comme le samisen, le kotatsu, le hakama, le Chijimi mais aussi une immersion dans de somptueux paysages montagnards. La blancheur et le froid sont omniprésents que ce soit par l’évocation des sommets enneigés ou par celle de la peau des geishas voire même de leur tempérament. Cette blancheur et ce froid participent de la purification des hommes. C’est ce que Shimamura était venu chercher à l’origine dans cette station thermale.

Purification de l’esprit je le conçois aisément mais purification du corps j’en doute, notamment lorsque l’on sent le besoin de faire appel à des geishas alors qu’on est déjà marié et père de famille. Alors oui voilà, d’emblée je ne pouvais pas éprouver de sympathie envers Shimamura, un riche oisif qui délaisse sa famille pour prendre du bon temps avec d’autres femmes. L’homme se fait facilement tourner la tête.

Le roman s’ouvre sur la scène du train, magnifiquement décrite il est vrai malgré la piètre qualité de la traduction. Dans ce trajet en train qui l’amène au village, Shimamura est subjugué par le visage d’une jeune femme dont il contemple discrètement le reflet dans la vitre. Cette jeune femme Yoko accompagne un jeune homme malade, on ignore les liens qui les unissent tous les deux.

Arrivé à destination et à peine installé, Shimamura demande à avoir une geisha. Malheureusement toutes celles du village sont déjà prises mais une des employées de l’auberge lui conseille une jeune femme non professionnelle. C’est ainsi que Shimamura rencontre Komako.

Encore une fois, difficile de dire quels liens les unissent tous deux. Malgré ses promesses, Shimamura ne donnera aucun signe de vie à Komako jusqu’à sa prochaine visite une année après. A ce moment-là, Komako est devenue geisha professionnelle pour subvenir aux frais médicaux d’un malade qui se trouve être l’homme du train nommé Yukio. La rumeur veut que Yukio et Komako soient fiancés ce qui expliquerait le geste de Komako mais cette dernière nie en bloc.

C’est à la gare lors du départ de Shimamura que Komako apprend le décès de Yukio par Yoko qui n’est autre que la jeune femme du train. Komako refuse d’aller au chevet du mourant.

Tout au long du récit, je me suis demandée où l’auteur voulait en venir. Je n’ai absolument rien compris aux relations entre Shimamura, Komako, Yukio et Yoko.

On ne connaît le personnage de Yoko qu’à travers sa voix et ses yeux. On ne sait rien d’autre d’elle, qui est-elle, quels liens a-t-elle avec les autres personnages.

Quant à la relation entre Shimamura et Komako, c’est tout aussi énigmatique. Shimamura ne semble éprouver que du désir physique à l’inverse de Komako qui, elle, semble, véritablement éprise. De même, Shimamura semble attiré par Yoko mais une fois encore on en sait pas davantage.

Il faut attendre la fin du roman pour qu’il se passe quelque chose : un incendie a lieu, gros contraste entre la chaleur et les couleurs de l’incendie par rapport au froid et à la blancheur ambiante. Il y a là probablement une métaphore dont je ne parviens pas à saisir pleinement la signification. Yoko est victime d’un accident lors de cet incendie, s’agit-il d’un suicide ? Est-elle morte ? Pourquoi est-ce Komako qui tente de la secourir ? Quel lien y a-t-il donc entre ces deux personnages ? Autant de questions qui demeurent sans réponses.

Shimamura semble indifférent à tout sauf au corps des femmes. Komako vit dans une situation précaire pendant que lui roule sur l’or mais ça ne l’émeut pas. Il se permet de critiquer ses projets les estimant inutiles et vains, lui reprochant de dépenser beaucoup d’énergie pour rien. C’est un comble de la part de quelqu’un qui n’a pas besoin de travailler pour subvenir à ses besoins et, qui plus est, fournit lui-même des efforts à la rédaction de livres qui ne trouveront jamais de lecteurs. La mort de Yoko le laisse de marbre mais se permet d’être choqué du refus de Komako d’aller au chevet de son ami mourant.

Komako est, elle, très mystérieuse. J’ai du mal à la cerner. Elle boit beaucoup ( pour oublier sa condition ?) et se présente ivre la plupart du temps, elle est assez lunatique. J’ai trouvé ce personnage presque théâtral tellement certaines réactions m’ont paru exagérées.

Bref, ce récit me laisse sur ma faim, je n’y ai pas saisi grand chose et sans doute que la traduction y a sa part de responsabilité nous privant certainement de nombreuses métaphores et de la signification symbolique des scènes. C’est très dommage car il s’agit tout de même d’un prix Nobel.

 

 

Cette lecture entre dans le cadre du Challenge International de misss-bouquins.

 

Pour ceux qui, comme moi avant cette lecture, ne connaissent pas le samisen :

 


 

 

 

 

 

 

 

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 18:29

au-sud-de-la-frontiere-a-l-ouest-du-soleil_couv.jpgHajime fait la connaissance à l’âge de 12 ans de la douce Shimamoto-San. Entre eux naît une complicité et un amour discret d’enfants.
La vie finit par les séparer. Chacun grandit de son côté. Hajime poursuit ses études mais, malgré quelques amours, se complet dans sa solitude jusqu’à sa rencontre avec Yukiko qu’il épouse. Hajime mène alors une vie agréable, il a deux petites filles, a fondé deux clubs de jazz qui lui permettent de vivre très confortablement.
Son existence est des plus paisibles et heureuses. Mais un jour, Shimamoto-San réapparaît.
Hajime ne l’a jamais oubliée. Son amour pour elle est fort et vif, il en devient presque obsessionnel. Il remet sa vie en question. Shimamoto-San reste une énigme, on ne sait pas ce qu’elle fait, on sait qu’elle est riche mais on ne sait pas pourquoi ni comment, l’auteur ne nous dévoile presque rien de sa vie, ses disparitions intempestives demeurent mystérieuses, on se demande toujours si elle reviendra. Et j’ai même fini par me demander ( et Hajime aussi) s’il ne l’avait pas tout simplement rêvée, ou, dans le genre plus fantastique, si elle n’est pas un fantôme. N’espérez pas avoir la réponse. L’auteur n’en donne pas. (ô frustration délicieuse !)

L’écriture est belle, claire, agréable, ni trop légère, ni trop lourde ( on félicite le travail de la traductrice).
En revanche, je m’attendais à une atmosphère beaucoup plus japonaise. L’histoire pourrait tout aussi bien se dérouler à Paris ou à New-York. Donc un peu déçue de ce côté-là, j’aurais souhaité un peu plus d’« exotisme ».
Je n’irais donc pas jusqu’à dire que « Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil » est un chef-d’œuvre ni qu’il m’a extasiée. Néanmoins, je n’en regrette absolument pas la lecture, c’est un très joli roman, très touchant, il m’a donné envie de partir à la découverte des autres oeuvres de Murakami.

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